Z’Animoland : une sincère passion des bêtes

De notre journaliste : Dimitri Laleuf



Quentin est spécialisé dans les oiseaux.


Une oreille qui se dresse, la tête qui se lève… Quand les soigneurs font la tournée du matin, les animaux guettent avec appétit le repas qui se profile ! Certains n’hésitent pas à se précipiter pour être les premiers servis. En cet horaire précoce, sans le moindre visiteur pour troubler leur tranquillité, les bêtes reconnaissent sans mal les mains qui les nourrissent et profitent de cette forêt qui n’appartient qu’à eux pour encore quelques heures. « On peut vraiment profiter de ces moments sans public pour établir ces liens privilégiés. Les animaux sont habitués à nous, ils se laissent approcher, ce qui nous permet de bien les observer, de voir si tout va bien », explique Quentin. Comme pour les autres, avec le temps, les pensionnaires du parc de La Croix-Blanche se sont laissés apprivoiser par cet « inconnu » embauché en mars.

Avec son t-shirt arborant un rapace, on devine facilement ses affinités avec tout ce qui a des ailes. Il officiait d’ailleurs précédemment au Rocher des Aigles à Rocamadour. Ce jeune trentenaire n’a cependant pas toujours baigné dans ce milieu. « Au départ, je travaillais comme réceptionniste dans l’hôtellerie haut-de-gamme, un job alimentaire. Et quand l’établissement a été vendu, j’ai eu envie de me reconvertir. Au cours de mes nombreux voyages au contact de la nature et des animaux, j’ai trouvé ma vocation », raconte-t-il. Pour sa collègue Emeline, âgée quant à elle de 23 ans, c’est aussi une histoire de reconversion. Cette pure Villeneuvoise s’est d’abord lancée dans un bac STMG puis un BTS technico-commercial. Elle a débuté dans des animaleries avant de se rendre compte que sa place était plutôt à l’extérieur. Grâce à un passage à la Mission locale, elle a pu se reformer et effectuer des stages. Elle termine actuellement son contrat pro en alternance, plus épanouie que jamais.

Les deux acolytes qui travaillent aux côtés de la famille Maurette ont en commun une certaine vision du métier : « On n’est pas ici pour satisfaire un plaisir égoïste, à savoir approcher les bêtes à tout prix. Au contraire, on n’encourage pas les interactions avec les animaux les plus sauvages. On fait en sorte qu’ils puissent garder leur comportement naturel et de créer l’environnement le plus favorable pour eux. » Quentin et Emeline apprécient l’échelle humaine du parc qui, en plus d’offrir une ambiance plus détendue, amène plus de variété au quotidien.


Emeline dissimule ici de la nourriture pour stimuler les animaux.


Aimées jusqu’au bout

Il faut dire qu’Isabelle Maurette s’est toujours battue pour ça depuis qu’elle a pris la tête de cette petite ferme pédagogique en 2004. À hautes doses de passion et de travail, elle a transformé ce site en un véritable zoo, rajoutant année après année des espèces plus exotiques. Aujourd’hui, Z’Animoland abrite plus d’une quarantaine d’espèces pour un total de 150 individus. Pour autant, l’état d’esprit n’a pas changé. Si le parc reste une entreprise, les animaux ne sont pas un simple produit pour générer des recettes. « On aime profondément nos bêtes, martèle Isabelle. On les garde jusqu’au bout, même quand elles sont vieilles, boiteuses et plus très présentables. Beaucoup de parcs les vendent ou s’en débarrassent quand c’est le cas. Chez nous, c’est hors de question. C’est comme une famille. » Il arrive même parfois que ces « séniors » se voient offrir un nouveau foyer dans cet écrin lot-et-garonnais de 12 hectares, à l’image d’une femelle raton-laveur, « une petite mamie », récemment adoptée. A une époque où le bien-être animal occupe de plus en plus les débats, le parc cruciblanchais peut se targuer d’être très attentifs à la question.


Les stars du Parc //



Les saarloos

Magnifique espèce hybride entre le loup et le berger allemand, le saarloos peut vivre comme un chien normal chez les particuliers. Les trois individus présents à Z’Animoland étaient d’ailleurs issus à l’origine d’un élevage. « Mais entre leur comportement trop craintif, presque plus sauvages que des loups et des caractéristiques ne correspondant pas aux critères de race, ils n’ont pu être placés dans des familles. J’ai mis plus d’un an à pouvoir les approcher. Aujourd’hui, je suis la seule à pouvoir les nourrir à la main », explique Isabelle Maurette.


Frisbee le biquet

Aujourd’hui compagnon d’enclos du dromadaire du parc, ce biquet est l’un des vieux pensionnaires du parc. « Sa mère est morte alors qu’il était tout petit. Comme pour Flo, il s’est beaucoup attaché aux humains. Et il n’était pas rare de le voir aller dans les jeux gonflables avec les enfants… »


Flo, la chamelle

C’est en quelque sorte la mascotte de Z’Animoland. Son histoire y est pour beaucoup. « Elle a été élevée au biberon. Du coup, elle s’est énormément attachée à nous, comme un chien avec son maître. C’est une relation incroyable. Quand on l’a ramenée jusqu’ici en camionnette, on s’est fait arrêter par la police. Et les agents ont finalement pris plein de photos avec elle avant de nous laisser repartir », raconte Isabelle Maurette.


186 vues0 commentaire