Villeneuve, cas d’école des territoires fragilisés

La bastide a fait l’objet d’une visite du député Jean-Noël Barrot, chargé par le Premier ministre de travailler sur le rebond des territoires les plus en difficultés face à la crise.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le député Jean-Noël Barrot (au centre) est venu constater la vulnérabilité de Villeneuve sur certains sujets et les pistes de rebond imaginées par les élus locaux


France relance, Politique de la ville, Action cœur de ville, Petites villes de demain... Les dispositifs de l’Etat sont légion pour accompagner les territoires. Mais certains ne risquent-il pas de décrocher malgré tout, entre les conséquences de la crise sanitaire et les difficultés préexistantes ? C’est pour répondre à cette question que Jean-Noël Barrot a été missionné par le Premier ministre. Le député des Yvelines a entamé sa tournée de terrain et s’est rendu à Villeneuve jeudi 11 mars. La bastide et son agglomération constituent en effet un cas d’école.

« Sans noircir le tableau », le maire Guillaume Lepers a fait un état des lieux de la vulnérabilité de sa commune : enclavement routier, fibre optique pas encore généralisée, fiscalité très forte, population vieillissante, cœur de ville paupérisé avec beaucoup d’habitat dégradé... L’addition est salée et tous les crédits seront les bienvenus pour réduire la fracture. Si certains sont déjà « fléchés » à l’image des opérations mentionnées plus haut, Jean-Noël Barrot a d’abord souhaité s’assurer que Villeneuve n’avait pas laissé passer le train. « J’ai en quelque sorte passé un oral pour savoir si on exploitait bien tous les leviers à notre disposition et je pense que c’est le cas », affirme Guillaume Lepers, faisant référence aux investissements massifs qu’il compte enclencher dès le début de son mandat.


On tenait à lui montrer toute notre motivation pour sortir de l’ornière. Il n’y a pas de fatalité

Vacance commerciale et logement dégradé dans le viseur

Le premier édile en a donc profité pour pointer « les trous dans la raquette », c’est-à-dire les thématiques insuffisamment accompagnées, comme le tourisme, le développement économique et commercial ou la jeunesse. « Il faudra probablement inventer encore de nouveaux dispositifs et prolonger ceux qui s’arrêtent. » Et pas seulement pour les collectivités publiques. Le soutien aux porteurs de projets privés, déjà peu suivis par les banques avant la pandémie, semble plus essentiel que jamais. Dans la continuité, la vacance commerciale a été mise sur la table. Guillaume Lepers et son équipe ont déjà des idées pour tenter d’endiguer le phénomène : boutique à l’essai, préemption de locaux, etc. Encore faut-il en avoir les moyens... Même chose pour la problématique du logement. Villeneuve compte à ce jour 10% de logements sociaux. C’est peu, trop peu mais remonter la courbe prendra du temps. En attendant, pour rendre un peu plus attractif le parc privé souvent très dégradé, la majorité municipale pense à supprimer certains îlots pour aérer le quartier et ramener des espaces verts. « Sauf que ces initiatives sont coûteuses pour la Ville vu qu’on ne peut en tirer aucune recette... ». L’argent, toujours l’argent.

Message optimiste

Guillaume Lepers, en bon ambassadeur de sa terre, tenait toutefois à délivrer un message optimiste au parlementaire en mission : « On tenait à lui montrer toute notre motivation pour sortir de l’ornière. Il n’y a pas de fatalité, on peut améliorer les indicateurs dans la décennie qui vient. Je continue de penser que les villes moyennes sont l’avenir. » Reste maintenant à espérer que Jean-Noël Barrot a entendu le message. « On est en tout cas tombés sur un interlocuteur de haut niveau, pointu sur les dossiers. Ce n’était pas une visite de courtoisie comme c’est parfois le cas avec les membres du gouvernement mais bien un rendez-vous technique. Et c’est ce dont on a besoin pour faire avancer les choses. »



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