Vers un « Giverny du Sud » au Temple-sur-Lot

Le paysagiste de renom Thierry Huau développe depuis trois ans un grand projet autour de l’héritage de Latour-Marliac, avec des actions concrètes menées en ce début 2021.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Le paysagiste Thierry Huau, à l’origine du projet, était présent ce vendredi 8 janvier pour la plantation des 100 000 bulbes de fleurs sur la commune templaise.


Avec les Nymphéas, Claude Monet a signé l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la peinture contemporaine. Près de 250 toiles dans lesquelles l’impressionniste a sublimé le petit paradis de Giverny où il vivait. Peu de gens savent que ce jardin d’eau connu dans le monde entier doit beaucoup à un naturaliste lot-et-garonnais : Joseph Bory Latour-Marliac. Une petite histoire dans la grande histoire que l’architecte-paysagiste Thierry Huau veut s’atteler à raconter à travers un projet spectaculaire.

« Cela fait une trentaine d’années que j’habite dans l’une des maisons de Claude Monet à Giverny, précise ce dernier. En m’intéressant à la provenance des plantes, j’ai découvert l’origine méconnue des nymphéas, fruit d’une longue hybridation. Elle se trouvait dans un petit village du Sud-Ouest : le Temple-sur-Lot. » Thierry Huau s’est alors rapproché de l’Américain Robert Shledon, propriétaire de la fameuse pépinière de nénuphars pour « remonter les coulisses de l’œuvre de Monet ». Grâce à cette relation entre deux passionnés, le premier apprend il y a trois ans que la maison de Latour-Marliac est à vendre. Malgré son beau potentiel, celle-ci n’a jamais été transformée et baigne encore dans son jus de la fin du XIXème siècle. Une aubaine pour Thierry Huau qui s’en porte acquéreur immédiatement. « On tient là l’héritage d’un illustre personnage qui a participé à l’excellence horticole française. Grâce à cela, on va pouvoir parler d’un homme, d’un environnement et d’un territoire qui ont besoin d’être révélés. »

L’ambition est de transformer la petite bourgade du Temple – réduite aujourd’hui à la Base omnisports et à la D911 qui la traverse – en une véritable station touristique rurale. Cela va se matérialiser par plusieurs actions. Par exemple, la bâtisse va être réhabilitée en cabinet de curiosités et son potager remis en activité.

La maison Latour-Marliac et son jardin vont être réhabilités grâce notamment au travail du chef de projet Valentin Paploray, accompagné par Raphaëlle en service civique.



Un festival

international

Mais cela ira bien au-delà. Thierry Huau a en effet racheté le café du village pour le relancer, idem pour le vieux four à pain d’époque médiévale, presque en ruines, qui sera transformé en tiers-lieu pour les artisans. Le clou du spectacle sera un grand « festival des jardins d’eau et des tables gourmandes », d’envergure internationale. Celui-ci s’établira sur un ancien verger de pruniers d’ente, situé entre la maison et le Lot, et défriché au cours des derniers mois. La grande et luxuriante allée végétale imaginée par le paysagiste de renom permettra d’accueillir des manifestations faisant le lien entre les arts et la nature (expos photos par exemple) et des marchés gourmands. Tout autour, des « chambres de verdure » dissimulées apporteront aussi leur lot d’émerveillement. Enfin, un cheminement piéton fleuri permettra à tout un chacun de flâner entre les « attractions » naissantes et celles déjà existantes, comme le Jardin des nénuphars ou la Commanderie.

Ce grand projet en gestation depuis trois ans a pris un tournant très concret ce vendredi 8 janvier. Grâce au mécénat des établissements français Turc et néerlandais Verver, pas moins de 100 000 bulbes de fleurs diverses (jacinthes, tulipes, narcisses...) ont été plantés sur le site du festival et sur certains sentiers municipaux. « Dans quelques mois, on assistera à la première floraison, ce qui devrait être un joli spectacle », se réjouit Valentin Paploray, le chef de projet qui pilote toutes les opérations localement pour le compte de Thierry Huau. Le futur « Giverny du Sud » commence à prendre forme. Il serait dommage de rater ça !


Des partenariats locaux

Si ce grand projet est à l’initiative de Thierry Huau avec le concours de Valentin Paploray, il n’a pas vocation à rester entre ces seules mains. « Nous voulons que toutes les forces vives du territoire s’en emparent : les collectivités, les associations, les écoles, les entreprises et tous les bénévoles qui voudront s’impliquer », explique le second. Des partenariats ont déjà commencé. La municipalité templaise, sous l’impulsion de l’ancien premier édile Daniel Baechler, est très active sur le dossier et prévoit pour sa part de nombreux aménagements.



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