UNPI 47 : l’avocat d’une fiscalité plus juste pour les propriétaires

Au quotidien, l’UNPI 47 défend les intérêts des propriétaires privés. Taxe foncière, concurrence entre le parc public et privé ou encore rénovation énergétique, le président Jean Ferrando fait le point sur les revendications de l’association.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Jean Ferrando, président de l’UNPI 47 et architecte de métier, met au profit des adhérents de l’association sa connaissance dans le secteur immobilier depuis vingt ans maintenant.


Depuis près de 100 ans maintenant, la chambre syndicale de la propriété immobilière d’Agen et du Lot-et-Garonne, plus communément connue sous le nom d’UNPI 47, mène des actions auprès des pouvoirs publics pour aider les propriétaires privés, et accompagne ces derniers dans leurs démarches, face une législation très riche en France qui peut en perdre certains... « Nous représentons près de 64,5% des propriétaires dans le 47 », constate Jean Ferrando, président de l’union départementale mais aussi régionale (URPINA). Des propriétaires dans le logement privé, mais pas que ! Le Lot-et-Garonne recense également près de 30 300 locaux professionnels de tout type : usines, commerces, bureaux ou encore ateliers. Au quotidien, les bénévoles de l’UNPI se tiennent informés des nouvelles réformes liées à la propriété privée pour défendre les intérêts de ses adhérents. « Nous sommes une association de loi 1901, totalement indépendante et apolitique ce qui nous permet une liberté de ton et d’interprétation », assure le président. En ce début d’année, il en profite pour faire le point sur quelques unes des causes défendues par le collectif. « Notre cheval de bataille concerne les impôts et les taxes. Notre département en est le champion de France toutes catégories ! Les derniers chiffres font état d’une augmentation de plus de 40% sur nos impôts locaux, tandis que l’inflation tourne habituellement autour des 10%... », déplore Jean Ferrando. Mais le combat ne s’arrête pas là.


Plus de libertés pour un système fonctionnel

Comme tous les concernés, l’UNPI souhaite un système qui fonctionne bien, où tout le monde y trouve son compte. Pour Jean Ferrando et les bénévoles de l’association, cela passe par repenser certaines lois. « Au niveau législatif, il faudrait un peu plus de libertés pour que l’on fasse confiance aux gens, tant du côté des locataires que des propriétaires. Pour une partie d’entre eux, des déboires avec d’anciens occupants les poussent à demander davantage de garanties parce qu’ils ont des craintes, ce qui complique les choses pour les deux parties. Faciliter la résiliation d’un bail enlèverait bien des barrières. »


La taxe foncière n’a pas fini de flamber

C’est la bête noire de tous les propriétaires. La taxe foncière est en hausse régulière depuis dix ans, et représente pour certains un gouffre financier. Et le Lot-et-Garonne est un mauvais ambassadeur en la matière... Si au niveau national on constate une augmentation de 31,4% entre 2009 et 2019, le département, lui, a connu une progression de +34,3% sur cette même période, selon l’UNPI et son observatoire national des taxes foncières sur les propriétés bâties. « Nous sommes un territoire plutôt pauvre mais très taxé. Chacun y va de sa petite augmentation ce qui explique cette flambée. Pour des propriétaires, cela peut représenter quatre à six mois de salaire. Je pense notamment à bon nombre de retraités qui ne s’en sortent pas et sont obligés de vendre de leur patrimoine pour la solder », souligne le président de l’UNPI 47.


En Lot-et-Garonne //

152 670 logements privés dont 54 413 logements locatifs, soit plus d’un tiers et 30 288 locaux professionnels (commerces, bureaux, ateliers, usines, etc.)

L’énergie au bon prix pour préserver les bâtiments

La problématique énergétique est devenue une véritable priorité pour le gouvernement. Avoir des logements moins énergivores en vue de moins consommer est l’un des axes majeurs de cette politique. Mais propriétaires comme locataires font face à des factures qui ne cessent de flamber. De quoi susciter, selon l’UNPI 47, quelques interrogations quant à la stratégie adoptée. « Rénover son bâtiment c’est bien, mais le réel problème est de faire payer une énergie au prix réel (Sans taxe surtaxe plus TVA) ! Les gens doivent pouvoir se chauffer sans que ça ne leur coûte un tiers de leur budget mensuel. Beaucoup vivent comme dans un « thermos », à la recherche de la moindre économie, on ne le sait pas forcément mais cela participe à dégrader plus rapidement le bâti. » Avec l’arrivée de l’énergie verte, Jean Ferrando est formel : « Il faut foncer, permettre de la développer et surtout à moindre coût pour les usagers. »


La concurrence public/privé en question

en territoire non tendue

« En Lot-et-Garonne, nous avons 9 000 logements vacants dont 350 publics. Malgré tout, on en voit de nouveaux sortir de terre. La raison est simple, la plupart des logements vacants nécessitent des travaux de rénovation. Aujourd’hui, avec les multiples taxes, certains propriétaires n’ont pas les moyens de s’engager là-dedans parce que le retour sur investissement est faible. En conséquence, ils se retrouvent à payer une taxe sur les logements vacants. Dans le parc public, bien plus avantagé. A titre d’exemple, on est exonéré de taxe foncière pendant 25 ans en autre avantage… Cette concurrence entre le public et le privé ne permet logiquement pas d’atteindre les mêmes performances. En incitant les propriétaires à réaliser des travaux avec une déduction derrière, cela permettrait non seulement de ramener de la TVA à l’État mais aussi de faire travailler les entreprises locales ! Il est normal d’aider les gens qui ont des situations compliquées, mais cela ne doit pas être au détriment de tout le secteur privé. »


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