Une « trousse à outils » pour enrayer la désertification médicale

Les élus communautaires imaginent plusieurs axes de travail pour tenter d’attirer de nouveaux médecins sur un territoire qui en manque cruellement.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Malgré les actions déployées lors de la dernière décennie comme la création des trois maisons de santé intercommunale, la désertification médicale reste préoccupante et nécessite de nouveaux outils.


"Vingt ans... cela fait vingt ans que l’on parle de la baisse du nombre de médecins », soupire Lionel Falcoz, vice-président de la CAGV. La désertification médicale est en effet un problème majeur pour les territoires ruraux et il est particulièrement prégnant en Grand Villeneuvois. Au cours de la dernière décennie, plusieurs actions ont été déployées, avec la création de trois maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) à Casseneuil, Laroque-Timbaut et Villeneuve ou encore la mise en place du Contrat local de santé (CLS). Malgré cela, la situation ne s’est guère améliorée. Les élus communautaires initient donc la deuxième phase du Contrat local de santé. « L’idée ici est de doter l’Agglo non pas de nouvelles compétences mais d’une trousse à outils pour mener de nouvelles actions », explique Lionel Falcoz.


Plein de pistes...

La question du tutorat en fait partie. Pour augmenter les chances d’attirer de futurs praticiens, il faut attirer des internes. Plus d’une dizaine de médecins du territoire seraient volontaires pour être formés au tutorat. « Malheureusement, il n’y a pas de formateur disponible », regrette le maire de Laroque. Un problème auquel compte s’attaquer la collectivité.

Autre sujet : la téléconsultation. En vue de pouvoir proposer des consultations à distance sur ou sans rendez-vous avec des généralistes villeneuvois ou de l’extérieur, la CAGV compte harmoniser le fonctionnement de ses trois MSP.

Le salariat est aussi envisagé avec quelques mises en garde néanmoins. « Nous ne voulons pas voler des médecins à d’autres communes ou faire appel à des mercenaires qui partiront à la moindre occasion comme on a pu le constater déjà dans notre département », indique Lionel Falcoz.

Cette nouvelle mouture du CSP prévoit par ailleurs d’aborder avec un peu plus d’ambitions la question de l’emploi des conjoints et de l’accueil dans les structures de petite enfance, point-clé pour améliorer l’attractivité du Grand Villeneuvois. « Les services économiques seront sollicités. On souhaiterait par exemple faire en sorte que les chefs d’entreprise étudient avec plus de magnanimité les CV de conjoints qu’on pourrait leur apporter. »


… mais pas de remède miracle

Médecin généraliste de son état et membre de la majorité communautaire, Pierre-Jean Pudal précise bien que « la boite à outil ne permettra pas d’éteindre le feu, seulement de ralentir sa progression ». Il ajoute que la situation n’est pas à mettre sur le dos des élus locaux mais bien de l’Etat, de l’ARS ou des universités. Même le recrutement de médecins étrangers est freiné par des soucis purement administratifs : deux praticiens chiliens sont ainsi dans l’attente de pouvoir exercer au PSV. Le travail sera long. Les effets de la suppression du « numerus clausus » mettront au moins une décennie avant de produire leurs effets. Mais la CAGV entend mettre en œuvre ce qu’elle peut pour améliorer la couverture médicale sur le secteur.



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