Une rentrée très protocolaire

Mis à jour : 10 sept. 2020

L’heure a sonné pour tous les élèves du département. Les établissements ont du se préparer rapidement pour pouvoir ouvrir de nouveau leurs portes dans un contexte bien particulier, tant pour le personnel que pour les élèves et les parents.

De notre journaliste : Charlotte Charlier


C’est une rentrée particulière pour tous, avec un protocole sanitaire strict à appliquer dans chaque établissement.


Mardi 2 septembre marquait le retour sur les bancs de l’école pour tous les élèves. Pas de dérogation possible, la rentrée est obligatoire pour tous et à tous les niveaux. Cette année, c’est un retour en classe particulier marqué par la crise sanitaire et un protocole transmis tardivement aux établissements, suite à sa mise à jour le 26 août dernier après la prise de parole du ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer. Les personnels n’ont donc eu que quelques jours pour se préparer avant le jour-J. L’adaptation et la réactivité étaient de mise pour accueillir de nouveau les élèves... A l’école Gaillard située rue de Liszt à Agen, parents et enfants attendaient patiemment l’ouverture de la porte à 8h30. L’accueil s’est fait au compte goutte, une Atsem régulant les entrées et sorties. Il a fallu faire preuve de patience pour les accompagnants. Outre le port du masque, chaque parent devait se désinfecter les mains à l’entrée, puis accompagner son enfant se laver les mains aux sanitaires, avant de le confier à l’enseignante puis de ressortir pour laisser la place à l’élève suivant. « Je suis désolée, ça va être un peu long » lançait l’une des aides maternelles aux parents qui patientaient à l’extérieur, compréhensifs de la situation. Dans les classes, « la distanciation physique n’est pas obligatoire lorsqu’elle n’est pas matériellement possible ou qu’elle ne permet pas d’accueillir la totalité des élèves » peut-on lire dans le protocole transmis aux établissements scolaires. « Ça a été un véritable casse-tête chinois, confie Jean-Marc Bougardier, principal du collège Paul Dangla. Même s’il a été compliqué de la préparer, la rentrée s’est globalement bien passé, je touche du bois. » Ce dernier avait anticipé en prenant des décisions avec l’ensemble du personnel, pour assurer une salle par classe. « Il a fallu faire des travaux pour couper les grandes salles en deux, supprimer les salles de permanence... », raconte-t-il.


Nous redoutions d’avoir des confrontations avec les anti-masques, de faire face à des enfants qui refusent de le porter, mais rien de tout ça n’est arrivé Jean-Marc Bougardier , principal du collège Paul Dangla

Un stock de masques assuré dans les collèges et lycées

Si le port du masque a été à l’origine de nombreux questionnements, des professionnels de santé le préconisant dès l’âge de 6 ans, l’exécutif a finalement suivi les recommandations de l’OMS en l’imposant aux plus de 11 ans, dans les espaces clos ainsi qu’en extérieur. Pour les collégiens et les lycéens, le port du masque ‘grand public’ est obligatoire dans les espaces clos ainsi que dans les espaces extérieurs » souligne le ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports. Et il appartient aux parents de fournir des masques à leurs enfants, même si dans les établissements de second degré, un stock est mis à disposition pour en fournir aux élèves qui se présenteraient sans. En mai dernier, le Département avait déjà pris l’initiative d’acheter 30 000 masques pour équiper les collégiens présents. Le personnel, lui, se voit fournir des masques par le ministère. « Nous redoutions d’avoir des confrontations avec les anti-masques, de faire face à des enfants qui refusent de le porter, mais rien de tout ça n’est arrivé », se rassure le principal Jean-Marc Bougardier. Des ateliers ont été mis en place pour expliquer les mesures sanitaires, et le personnel veille à leur respect. « Le seul endroit où l’on n’a pas réussi à éviter la mixité c’est dans la cour de récréation. »


450 c’est le montant de l’indemnité qui sera versée aux directeurs d’écoles par l’Education nationale, en retour des efforts fournis lors de la crise sanitaire

Les établissements prêts à régir au besoin

Pour chaque établissement, la plus grosse partie du travail réside dans le nettoyage et la désinfection des locaux et du matériel, composante essentielle de la lutte contre la propagation du virus. Chaque jour, un nettoyage des sols et des grandes surfaces doit être opéré, auquel s’ajoute une désinfection des surfaces les plus fréquemment touchées comme les poignées de portes. Au réfectoire, même combat. Les tables sont désinfectées après chaque service. Dans le département, la prudence est de mise avec une accélération de la propagation du virus constatée par l’ARS depuis la fin du mois de juillet, et qui s’est poursuivie au mois d’août. En cause principalement, les retours de vacances et les événements privés qui ont provoqué de nouveaux clusters. La multiplication des opérations de dépistage a permis de constater que « désormais les cas positifs sont pour beaucoup asymptomatiques. Mais surtout ils concernent des cibles plus jeunes » appuie Joris Jonon, directeur départemental de l’ARS. Les trois premières semaines d’août, une trentaine de cas positifs par semaine étaient signalés. En cas de suspicion, les établissements scolaires sont prêts à réagir pour éviter toute propagation. « Le cas suspect sera isolé jusqu’au résultat du test, et tous les cas contacts seront identifiés, une compétence du ressort de l’ARS » a assuré le ministre de l’Education nationale. L’administration n’hésitera pas à fermer temporairement des établissements au besoin.


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