Une rentrée chargée pour la CCI 47

Entre son déménagement précipité et l’accompagnement des entreprises en cette période de crise, la Chambre de commerce et d’industrie a du pain sur la planche en ce début d’année 2021. La rédaction a rencontré un président Alain Brugalières en plein dans les cartons pour évoquer avec lui l’actualité de la CCI.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf



Le président de la CCI Alain Brugalières a balayé plusieurs sujets dont le déménagement de la Chambre vers la rive gauche de la Garonne, à côté du parc d’attractions Walygator.



Quidam l’Hebdo : Comment appréhendez-vous ce déménagement vers la rive gauche, à Estillac ?

Alain Brugalières : C’est une page qui se tourne et aussi un petit pincement au cœur. Cela faisait presque quarante ans que nous étions installés dans ce bâtiment du cours Gambetta. Pour ma part, je suis entré comme élu à la Chambre au milieu des années 90. Cela fait donc un bon quart de siècle que j’ai mes habitudes ici, ce n’est pas rien. Pour le personnel, qui y travaille en permanence, c’est un sacré changement. Il va falloir le temps de s’y faire. Mais d’ici un mois ou deux, je pense qu’on éprouvera tous de la satisfaction.


Quidam l’Hebdo : Pouvez-vous rappeler les conditions qui vont ont contraints à partir ?

A. B. : Tout cela a été poussé par des raisons financières. Nos ressources fiscales continuent à descendre. La conséquence est d’abord humaine puisque nos effectifs n’ont pas cessé de diminuer au cours des dernières années. Sous mon mandat, pendant ces cinq dernières années nous sommes passés de 35 à 25 salariés. Et je ne parle même pas du mandat précédent où on recensait entre 40 et 50 personnes. Etant donné notre situation, ce bâtiment nous coûtait trop cher. Tout s’est fait dans la précipitation. On a eu un an à peine pour préparer ce déménagement. Les équipes ont toutefois réalisé un travail formidable pour assurer cette transition sereinement.


Quidam l’Hebdo : Comment s’articule votre travail dans ce contexte ?

A. B. : C’est une transformation qui nous touche depuis un moment maintenant. Notre réalité à l’heure actuelle, c’est d’être capable d’assurer le même niveau de services avec moins de moyens. Il y a quelques douleurs mais tout le monde a pris la pleine mesure de la situation. Et ça fonctionne. Notre stratégie s’appuie sur plus de terrain, plus de relations avec les entreprises dans tout le Lot-et-Garonne. La crise sanitaire nous oblige à privilégier la visio et les échanges en distanciel. Mais cela n’a pas empêché nos conseillers d’établir plus de contacts en 2020 qu’en 2019. Plus que jamais, nous faisons l’interface entre les acteurs économiques et les collectivités locales qui ont, elles aussi, moins de recettes mais néanmoins un grand rôle sur les dossiers qui nous concernent.


Quidam l’Hebdo : L’année 2020 a été marquée par la crise sanitaire avec de lourdes conséquences pour le tissu économique.

Comment jugez-vous la situation en Lot-et-Garonne ?

A. B. : Il y a bien sûr des secteurs en souffrance. Je pense aux cafés-hôtels-restaurants, à tout le secteur du tourisme en général, aux entreprises qui tournent autour du sport... C’est une période compliquée pour eux et la CCI est là pour les garder mobilisés et travailler sur des plans de sauvegarde. En dehors de ces cas particuliers, le reste de l’économie s’en sort plutôt bien. Il n’y a pas de crise de fond dans l’industrie. Même la sous-traintance aéronautique et la métallurgie qui sont inquiètes ont encore des projets en cours. Le cas de Lisi Creuzet ne traduit pas un phénomène généralisé. Idem pour Saviel dans l’agroalimentaire, un secteur qui se porte au contraire plutôt bien. On n’a pas assisté à de grandes catastrophes sociales comme on aurait pu le craindre. On est en contact permanent avec le tribunal de commerce. On nous assure qu’il n’y a pas d’alerte massive sur des dépôts de bilan. C’est un point positif.


Quidam l’Hebdo : Doit-on ainsi être optimistes pour 2021 ?

A. B. : Je pense qu’il faut rester prudent. De grands défis nous attendent. Par exemple, la formation professionnelle avec Sud Management n’a pas connu le même succès en 2020, il faudra redresser la barre. Je pense que le développement de la RSE (Responsabilité sociale et environnementale des entreprises) va prendre du retard. Il faudra aussi être très attentif sur l’apprentissage et l’alternance. Les doutes se portent aussi sur l’export avec la réduction des voyages et des salons internationaux. Il sera également important de surveiller les nouvelles attentes des consommateurs. Il y aura des difficultés, c’est certain. Il sera d’autant plus important d’être soudés au niveau du territoire, pour préserver notre écosytème.


Quidam l’Hebdo : Y a-t-il toutefois des points positifs à retirer de cette période ?

A. B. : Bien sûr, et je commencerai par la solidarité. Les petites entreprises, les commerces notamment, ont commencé à mutualiser les moyens. Les consommateurs ont aussi joué le jeu. Je pense par ailleurs que beaucoup d’entrepreneurs ont pris conscience de la nécessité de développer les nouveaux outils, en particulier numériques. Il y a encore du travail à faire de ce côté mais on a fait un pas dans la bonne direction. Cette crise nous a amenés vers une nouvelle réflexion sur la résilience de nos établissements. On n’était pas préparés à faire face et cette année 2020 nous aura appris à réagir et s’adapter devant les circonstances. Cela sera bénéfique pour l’avenir. Il y a aussi des opportunités à saisir. Le Lot-et-Garonne a une certaine attractivité à défendre pour accueillir de nouveaux habitants et de nouvelles sociétés. Nous serons là pour valoriser au maximum nos atouts.



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