Une première visite officielle consacrée à la santé

Le lendemain de sa réélection, Sophie Borderie s’est rendue au nouveau centre de santé pluricommunal du Passage, évoquant les moyens de lutte contre la désertification médicale.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf


Sophie Borderie a réservé sa première visite officielle au centre de santé du Passage, en présence du maire Francis Garcia.


«Pendant la campagne des municipales, la désertification médicale était la priorité numéro un des habitants, loin devant toutes les autres thématiques. Pire que ça, c’était même une angoisse... » Heureusement, Francis Garcia, premier édile du Passage, avait déjà dans ses cartons un projet de centre de santé pluricommunal, piloté en partenariat avec son homologue d’Estillac. Cette double-structure, en proposant la solution du salariat à ses praticiens, a permis de maintenir un niveau de couverture suffisant pour le bassin de vie. Et c’est ce qu’est venue voir Sophie Borderie, fraîchement réélue à la tête du Conseil départemental, ce vendredi 2 juillet.

Ce centre de santé emploie à ce jour quatre médecins, dont un à temps partiel pour le moment. Face au spectre des départs à la retraite dans les environs, cette nouvelle offre a l’immense mérite de ne pas abandonner la patientèle. L’activité est répartie à 60/40% entre le site principal passageois et sa « succursale » estillacaise. « Il faut savoir que plus de la moitié des patients ne viennent d’aucune de ces deux communes. Ils arrivent de Brax, Roquefort, Moirax voire Agen », note Francis Garcia. Preuve que le besoin est bien réel. Son adjoint et désormais conseiller départemental Jean-Jacques Mirande explique d’ailleurs qu’une extension est déjà à l’ordre du jour. En plus de l’ancien bureau de Poste, le bâtiment mitoyen qui abritait les Restos du Cœur et le Vélo Club sera transformé en nouveaux cabinets de consultations.

Pour les deux villes de la rive gauche, cette option d’un centre géré par la collectivité montre déjà son efficacité. Même chose à Foulayronnes où un impressionnant complexe de santé verra le jour au printemps 2022. D’autres territoires, comme le Marmandais et le Fumélois planchent aussi sur le salariat des médecins. Si le CD47 n’intervenait pas financièrement dans ces dossiers jusque-là – parce que ça n’existait pas – les choses sont en train d’évoluer. « Il faut élargir notre spectre d’intervention », confirme Sophie Borderie.


Une réponse complexe

Mais les avantages d’un contrat salarié garantissant les 35 heures hebdomadaires ne peut être le seul levier. « S’il existait une solution miracle, d’autres l’auraient déjà trouvée, philosophe Joël Hocquelet, référent démographie médicale. La réponse viendra d’un tout. » Et justement, le Département commence à affiner son arsenal. Pas de grand centre départemental comme envisagé un temps, l’échec du dispositif « médecins Buzyn » ayant largement refroidi les esprits. En revanche, une « équipe volante » d’au moins deux membres (pour commencer) devrait voir le jour en octobre afin de pallier la demande, surtout dans les zones rurales plus reculées. Les élus départementaux veulent aussi « travailler sur l’attractivité du Lot-et-Garonne » afin de provoquer des installations futures. L’institution veut aussi jouer pleinement son rôle de coordination des initiatives portées par les villes et les intercommunalités, sans créer de concurrence interne. « L’objectif est de rester réactif et pragmatique », lance Joël Hocquelet. Un sacré chantier mais néanmoins une impérieuse nécessité. Le fait de consacrer le premier déplacement officiel à cette thématique en est d’ailleurs l’illustration.

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