Une agglo très offensive

Dans la droite ligne du budget de la ville-centre, la CAGV débute ce mandat avec beaucoup d’investissements en dépit du contexte difficile.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Les élus communautaires tablent sur des subventions importantes pour justifier le haut niveau d’investissement.


"Quand on parle de Villeneuve ou de Sainte-Livrade, ce qu’on entend, c’est que les impôts sont chers. Il faut changer cette image et donc qu’on en ait pour notre argent. Cela passera par une Agglomération en avance, avec beaucoup plus de services et d’investissements. En bref, une Agglo qui montre une meilleure image. »

C’est par ces mots que Pierre-Jean Pudal, vice président de la CAGV (et maire de Sainte-Livrade), justifie la stratégie budgétaire communautaire. Le début de mandat est toujours une période charnière et la nouvelle majorité a décidé de marquer sa différence. En s’appuyant sur une « situation financière saine » héritées des années passées, les élus ont opté pour une politique très ambitieuse. En témoigne une section investissement une fois et demi supérieure à ce qui était pratiqué lors des exercices précédents avec une enveloppe de 9,3 M€. L’accent est mis sur le cadre de vie avec d’importantes opérations de voirie, la rénovation de bâtiments publics et d’habitat dans les centres-villes ainsi que sur le traitement des déchets.

Si les recettes de fonctionnement en baisse auraient pu freiner cet élan, Guillaume Lepers et ses vice-présidents misent sur « des chances de subventions qui pourraient ne pas être aussi importantes en fin de mandat ». L’idée est également de participer à la relance en apportant de l’activité à l’économie locale en cette période difficile.


Pour l’opposition, la dynamique est « inquiétante »

Le leader de l’opposition communautaire Yvon Ventadoux n’a pas manqué d’exprimer ses doutes quant au virage choisi par la majorité. S’il saluait le volontarisme de la collectivité pour prendre sa part dans le plan de relance, il déplore « une fièvre du "quoi qu’il en coûte" » avec des investissements principalement financés par le recours à l’emprunt. L’accroissement de la dette s’approchant « dangereusement » des 30 M€ et la dégradation « brutale » de l’épargne brute en un seul exercice posent, selon lui, question. « La dynamique de gestion est inquiétante, les dépenses s’envolent alors que les recettes diminuent. C’est un cycle dangereux car potentiellement structurel et durable », estime le maire de Pujols, craignant une possible « perte de maîtrise ». Ce dernier anticipe également un possible reniement de l’engagement sur la fiscalité. « Vous dites que vous n’augmenterez pas les impôts, je ne vous crois pas », lançait Yvon Ventadoux à Guillaume Lepers, malgré les promesses de stabilité répétées de ce dernier.


Le budget 2021 de la CAGV en chiffres

Les ratios de pilotage //


Capacité de désendettement :

9,2

années

Epargne brute :

3,2 M€

soit un taux de 11%

Encours de la dette :

29 M€

La CAGV conserve des finances « saines » au regard des seuils établis pour les collectivités locales. Ces indicateurs sont toutefois dégradés par rapport aux années précédentes.


L'enveloppe 2021 //


40,2 M€

de budget global


30,9 M€

pour les dépenses de fonctionnement


9,3 M€

pour les investissements


La répartition des investissements //


Voirie : 2,3 M€

(réseau communal, zones industrielles, réseau pluvial, matériel de chantier)


Environnement : 2,15 M€

(acquisitions et études pour le centre de valorisation, camion et bornes de collecte, composteurs, réhabilitation de la déchetterie de Laroque)


Bâtiments : 1,85 M€

(travaux du campus connecté, travaux crèches, centre technique)


Habitat et cœurs de villes : 1,19 M€

(travaux dans le cadre des programmes Action cœur de ville,

Petites villes de demain, PIG, OPAH)


Soutien à l’économie : 0,94 M€

(Fisac, développement des zones d’activités)


Un fonds de concours pour les communes

Afin d’accompagner les communes dans leurs investissements, la CAGV se dote d’un nouvel outil avec un fonds de concours, provisionné à hauteur de 50 000 € par commune sur le mandat, soit près de 1 M€ au total pour les 19 membres. Chacune d’elles doit défendre son projet et remplir plusieurs critères mais peut faire la demande à sa guise au moment voulu et pour tout ou partie du montant alloué. En 2021, cinq communes sollicitent ce fonds : Sainte-Livrade (23 717€ pour le club house municipal), La Croix Blanche (3500 € pour un terrain multisports), Hautefage-la-Tour (34 990 € pour un espace multisports et un parking), Dolmayrac (50 526 € pour son foyer rural) et Saint-Antoine-de-Ficalba (50 526 € pour l’aménagement du centre-bourg). « L’Agglo ce n’est pas seulement Villeneuve, assure Guillaume Lepers. Tout le monde m’accompagne sur le cœur de ville mais je crois aussi à leurs projets. Et avoir un soutien de la CAGV, ça aide à cranter d’autres financeurs. » Avec une part égale pour tout le monde, quelle que soit la démographie, ce dispositif est particulièrement avantageux pour les petits villages ruraux. 50 000 € ne représente pas la même chose à Saint-Robert ou Cassignas que pour la ville-centre.


La CAGV embauche la jeunesse

Dans les collectivités territoriales et la fonction publique plus généralement, l’heure est plutôt à « dégraisser le mammouth » qu’à garnir les effectifs. L’Agglo du Grand Villeneuvois va cependant rompre avec ce précepte en procédant à plusieurs embauches, quitte à augmenter sa masse salariale. Le plus gros poste concerne le recrutement de douze « ambassadeurs zéro déchet ». Alors que la taxe incitative se met doucement en ordre de marche, la CAGV veut faire de la sensibilisation aux bonnes pratiques en direct, dans tous les quartiers, en vue d’améliorer le tri et réduire les déchets enfouis. « On allie pédagogie et insertion puisque que ces ambassadeurs sont des jeunes du territoire âgés de moins de 26 ans qu’on va former et faire accéder à l’emploi avec cette expérience qui sera par ailleurs fortement subventionnée dans le cadre du dispositif Parcours emploi compétences », explique Guillaume Lepers.

A cela vont s’ajouter un manager centre-ville ainsi que l’animateur du futur campus connecté. Quatre apprentis vont également intégrer les rangs, de façon à « leur offrir un plan de carrière.»




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