Un plan de relance aussi pour l’agriculture

Le préfet Jean-Noël Chavanne s’est déplacé ce lundi 26 avril dans deux exploitations du département pour présenter les mesures du volet agricole du plan France Relance.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le préfet Jean-Noël Chavanne est venu présenter les actions du plan de relance agricole directement sur le terrain, ici sur l’exploitation arboricole de Michel Reigne à Saint-Eutrope-de-Born.


Rien de mieux que les pieds dans la terre pour prendre le pouls du monde paysan, encore plus après le dramatique épisode de gel des 7 et 8 avril. Mais si le préfet de Lot-et-Garonne s’est déplacé sur des exploitations au nord du département ce lundi 27 avril, ce n’était pas pour prodiguer des soins palliatifs. L’objet de sa visite était au contraire préventif. Le plan France Relance aura aussi son volet agricole avec une importante enveloppe financière à la clé. « L’idée, c’est d’accompagner les agriculteurs dans l’ensemble de leurs activités à se préparer à des changements, climatiques notamment. Ces adaptations concerneront de nouvelles pratiques culturales pour que nous puissions avoir une agriculture plus respectueuse de l’environnement. C’est de la promotion du développement durable dans une filière qui en a aujourd’hui besoin », déclare Jean-Noël Chavanne. Concrètement, ce plan se manifeste sous la forme d’appels à projets. Ceux-ci abordent des points bien spécifiques comme l’acquisition d’agroéquipement pour accélérer la transition écologique, la limitation des intrants phytosanitaires, l’implantation de haies, la bien-traitance animale, la conversion en bio ou le développement de la filière protéine végétale pour assurer l’indépendance française en la matière. Il est aussi question, et c’est particulièrement d’actualité, de lutte contre les aléas climatiques. Régulièrement, la sécheresse, la grêle et le gel détruisent tout ou partie des récoltes. L’Etat veut donc donner aux agriculteurs les moyens de se prémunir. Les tours anti-gel, les filets para-grêle ou encore les outils modernes de pilotage de l’irrigation font partie des investissements encouragés par l’Etat.


« Un bon coup

de pouce »

Le budget global au niveau national s’élève à 1,2 milliards d’euros. Au niveau local, si aucun montant n’est évoqué pour le moment, de nombreuses candidatures ont déjà été déposées (plus de 430) et certaines d’entre elles sont d’ores et déjà retenues. « Ces dossiers sont des réalités », se réjouit le préfet.

Pour les principaux concernés, cette action semble aller dans le bon sens. A l’image de Michel Reigne, arboriculteur pommes et prunes installé à Saint-Eutrope-de-Born au cœur des 4 cantons : « Depuis que je suis installé, je fais en sorte de mieux prendre en compte l’environnement dans ma façon de cultiver. C’est selon moi une voie d’avenir et ce qu’attend le consommateur. Mais tout ça engendre des coûts matériels et humains ainsi qu’une prise de risque pour nos petites exploitations. Les subventions de l’Etat constituent un bon coup de pouce mais la réflexion doit aller plus loin que ça. Le véritable objectif n’est pas de vivre sous perfusion, il faut avoir une rentabilité saine, avec des prix de vente de nos produits en adéquation avec le coût de production réel. »


Pour les indemnisations, il faudra patienter

Alors que de nombreuses filières réclament en urgence le versement des indemnités suite à l’épisode de gel tardif, le préfet Jean-Noël Chavanne prône la patience. « Le temps des indemnisations est traditionnellement long, toujours trop long pour qui l’attend. Pour autant, on ne peut faire les choses sérieusement qu’une fois qu’on a déterminé la réalité des sinistres avec des constats précis, constats par ailleurs provisoires puisque des aggravations postérieures sont possibles. » Néanmoins, le représentant de l’Etat en Lot-et-Garonne assure tout mettre en œuvre, avec l’ensemble des partenaires (banques, MSA), « pour que cet écosystème puisse continuer à nourrir notre pays ».

Il confirme le déplafonnement des calamités agricoles, des mesures particulières vues avec la MSA et des aides exceptionnelles pour les situations les plus difficiles.



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