Un nouveau départ pour Ardev sans le SUA

Le fonds d’investissement agenais Armandie Développement porté par Alain Tingaud devient Alliance Régionale Développement et dévoile ses nouvelles ambitions.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Alain Tingaud, ex-président du Sporting, continue de s’investir dans Ardev et y place même beaucoup d’ambitions pour les années à venir.


En octobre dernier, la direction du SUA LG actait sa sortie du capital d’Armandie Développement. La fin de l’aventure pour ce fonds d’investissement local créé en 2009 ? Certainement pas ! Son créateur Alain Tingaud – et accessoirement ancien président du club – a au contraire l’intention de donner une nouvelle impulsion à la structure. Et cela commence par un changement de nom. La référence au mythique stade agenais disparaît pour laisser place à l’Alliance Régionale Développement. Cette pirouette permet de garder l’acronyme Ardev sur lequel a été bâti la notoriété et de révéler des ambitions étendues.

Imaginé au départ comme une source de revenus détachée des résultats sportifs pour le Sporting*, cet Ardev 2.0 entend maintenant voler de ses propres ailes. « Nous voulons investir dans les entreprises de Nouvelle-Aquitaine, d’Occitanie et même au-delà si les opportunités se présentent et de fait devenir un partenaire recherché pour les projets innovants », annonce Alain Tingaud. Le Lot-et-Garonne restera le point d’ancrage de l’établissement, avec une implantation physique dans les locaux de l’Atrium à Boé. Ce site abrite d’ailleurs quelques unes des plus belles réussites d’Ardev. Le fonds a en effet accéléré l’émergence d’établissements comme le Byresta ou Aginum Thermae. On peut ajouter Armandie Traiteur (dont le nom va changer également) ainsi qu’un nouvel organisme de formation baptisé On Board et pour lequel les ambitions sont grandes.


Doubler le

portefeuille

D’ici 2025, Ardev souhaite doubler son portefeuille. Mais pas n’importe comment. « A l’image du numérique il y a 20 ans, on entre dans une nouvelle transformation de l’économie que l’on pourrait appeler la révolution positive. Nous voulons accompagner des entreprises alignées avec ces nouveaux enjeux sociaux et environnementaux. Les limites de la planète et de ses ressources nous obligent, on ne peut plus faire l’autruche. Ardev s’engage donc à favoriser des projets locaux, durables et éthiques tout en ayant le bon sens du terroir », indique Alain Tingaud. Cela pourra concerner de nombreux secteurs d’activité : l’agroalimentaire, la formation, l’énergie, l’habitat, le transport, le bien-être, le sport ou la culture.

Concrètement, Ardev fonctionne comme un fonds d’investissement minoritaire. « On se revendique comme interventionnistes car on ne reste pas passifs. Certes, on ne pilote pas les projets, mais on apporte notre aide et notre expérience pour éviter commettre certaines erreurs. » Cette expérience dont parle Alain Tingaud, c’est celle du conseil de direction qu’il préside avec une dizaine de chefs d’entreprise reconnus sur le territoire dans des domaines très différents et donc complémentaires. En plus de cela, la partie opérationnelle s’appuie sur le directeur général d’Ardev Stéphane Rongière et son équipe de 4 salariés. « On ne part donc pas d’une feuille blanche... » Cette nouvelle phase sera lancée par une ouverture de capital aux 120 actionnaires actuels puis à de nouveaux investisseurs en attendant de voir le portefeuille se remplir. Avec une petite nuance : « Nous n’attendons pas de retour sur investissement, affirme Alain Tingaud. Cette aventure humaine est surtout une façon de renvoyer aux autres ce que la vie nous a permis d’avoir ou de construire. »


* Alain Tingaud précise qu’Ardev a permis de consolider les fonds propres du SUA, lui a apporté plus de 1M€ en partenariats et royalties et un retour sur capital de 0.9 M€.



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