Un ministre en vadrouille dans les « Petites villes de demain »

Le secrétaire d’Etat Joël Giraud s’est rendu en Lot-et-Garonne le jeudi 4 février pour aborder plusieurs sujets dont celui des communes labellisées « Petites villes de demain ».

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le secrétaire d’Etat Joël Giraud (premier rang, deuxième en partant de la gauche) s’est rendu à Sainte-Livrade et a rencontré des élus locaux pour parler du dispositif Petites villes de demain.


"Vous avez de la chance d’habiter dans un territoire comme Sainte-Livrade et le Grand Villeneuvois ! » En bien des points. Joël Giraud a raison. Et ce ne sont pas les élus locaux qui vont contredire ce membre du gouvernement. Mais ce que le secrétaire d’Etat chargé de la Ruralité auprès de la Ministre de la Cohésion des territoires ne mentionne pas dans son propos, c’est le « déclin » de ces bassins. D’où la petite piqûre de rappel opérée par le premier édile livradais Pierre-Jean Pudal. « Notre ville était très dynamique dans les années 70 avant de perdre ses entreprises du bâtiment puis ses commerces, entraînant une paupérisation de la population. » Un phénomène malheureusement loin d’être isolé. Beaucoup de cités lot-et-garonnaises en ont fait l’amère expérience. L’Etat tente de venir à la rescousse avec les contrats « Politique de la ville » depuis 2014, le programme « Action cœur de ville » et désormais les « Petites villes de demain ». Ce dernier a pour objectif de venir en aide à des communes de moins de 20 000 habitants ayant une fonction de centralité (des chefs-lieux de canton) par des opérations de revitalisation. « Jusque-là, les grosses agglomérations répondaient toujours en premier aux appels à projets et les petites intercommunalités regardaient le train passer, note Joël Giraud. C’est ce que nous avons voulu rectifier. » Quinze communes lot-et-garonnaises font partie de ce nouveau dispositif à travers neuf regroupements.


L’ingénierie

en renfort

Les projets, les élus locaux n’en manquent pas. A Sainte-Livrade, point de chute du secrétaire d’Etat pour cette visite, le maire a présenté les plus mûrs : le recrutement d’un manager de commerce, des travaux sur la médiathèque municipale ou encore la requalification de la friche Audevard en tiers-lieu. La dynamisation repose ici sur plusieurs piliers : les services administratifs, l’économie, le champ social et même la culture. « Mais nous avons des dizaines d’autres idées dans les cartons pour les six ans du mandat en cours, sans compter celles des villages voisins », confie Pierre-Jean Pudal qui compte beaucoup sur l’effet « tâche d’huile » au niveau du bassin de vie. Le nerf de la guerre, comme à chaque fois, est l’argent. Si de nombreuses subventions existaient déjà, les territoires labellisés Petites villes de demain auront l’avantage d’être prioritaires sur les crédits d’Etat. On pense notamment aux 100 milliards d’euros du plan France Relance. Au-delà de l’argent cash, le dispositif prévoit aussi une enveloppe pour « l’ingénierie », c’est-à-dire des postes de chef de projets financés à 75%. Une expertise technique qui faisait souvent défaut jusqu’alors en milieu rural. Sainte-Livrade attend le sien pour la fin mars au plus tard.


Logique de

bâtisseurs

Intermédiaires aussi précieux qu’incontournables, les sous-préfectures joueront un rôle prépondérant : celui d’ « agent de développement », selon les termes de Joël Giraud. « Toutes les strates de la force publique, de la commune jusqu’à l’Etat, doivent être solidaires. Pour gommer l’image de la paupérisation, il faut se placer dans une logique de bâtisseurs et ne plus subir les évènements. On va travailler de concert avec les villes locomotives », insiste Véronique Schaaf, sous-préfète de Villeneuve et chargée du plan de relance en Lot-et-Garonne.



Les villes retenues en Lot-et-Garonne

- Duras

- Miramont-de-Guyenne

- Castillonnès, Villeréal,

Monflanquin, Cancon

- Monsempron-Libos, Fumel

- Castelmoron-sur-Lot

- Sainte-Livrade-sur-Lot

- Casteljaloux

- Damazan, Aiguillon,

Port-Sainte-Marie

- Nérac


35 vues0 commentaire