Un manager de commerce pour lutter contre la vacance commerciale

Pierre-Marie Combettes, âgé de 35 ans, est le nouveau (et premier) manager de commerce de la CAGV. Sa mission sera notamment de lutter contre la vacance commerciale dans les centres-villes.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Pierre-Marie Combettes nouveau manager de commerce de la CAGV aura fort à faire pour réduire la vacance des commerces villeneuvois.


A l’heure où les collectivités cherchent à alléger les organigrammes pour faire des économies, les créations de poste se font rares. Cependant, Guillaume Lepers, en qualité de maire de Villeneuve et président de la CAGV, n’hésite pas à sortir le carnet de chèques quand il estime que c’est nécessaire. Renforts de police municipale, brigade propreté et, maintenant, manager de commerce ! Cette dernière fonction, encore inédite sur le territoire, a déjà été expérimentée, avec succès, ailleurs. Le job a été confié à Pierre-Marie Combettes. Le jeune homme, âgé de 35 ans, possède un profil un peu particulier. Plutôt qu’un surdiplômé formaté par l’administration, les élus et dirigeants de l’Agglo ont préféré choisir un enfant du pays ayant déjà roulé sa bosse dans le monde privé.


Villeneuvois pure souche

Né à Villeneuve, Pierre-Marie a effectué toute sa scolarité dans les environs (Crochepierre, Saint-Pierre, L’Oustal). « J’ai assez rapidement arrêté mes études pour un emploi stable chez King Jouet », révèle-t-il. C’est donc dans la vie active qu’il a poursuivi son évolution, passant de vendeur à responsable de magasin, avec plusieurs missions transverses à assurer pour l’enseigne. « Au bout de cinq ans, j’ai rejoint mon frère au Patio d’Hauteville (ndlr, un restaurant à Penne d’Agenais) pour l’épauler dans le développement de l’entreprise avec la création d’un site internet, l’organisation d’évènements et les relations avec les producteurs locaux », enchaîne-t-il. Après avoir contribué à mettre l’affaire familiale sur les bons rails, Pierre-Marie a vogué vers d’autres horizons, chez Noz notamment, où il passera six années. « J’ai travaillé pour les magasins de Fumel, Agen et Villeneuve avant de devenir animateur régional avec 33 points de vente à superviser. » Soucieux de retrouver une vie plus sédentaire afin de passer plus de temps avec sa famille, il a officié en grande distribution et a passé des examens pour devenir formateur professionnel pour adultes. Et c’est là que l’opportunité de devenir manager de commerce s’est présentée. Le fait d’avoir pas mal bourlingué n’a pas été déprécié par son jury de recruteurs, bien au contraire. Fort de plusieurs expériences avec systématiquement des évolutions à la clé, Pierre-Marie semble taillé pour la tâche qui lui incombe désormais, même si celle-ci s’annonce ardue.


Déjà des actions engagées

Selon un rapport datant de 2020, le cœur de la cité villeneuvoise affiche environ 30% de vacance quand la norme au niveau national est plutôt de l’ordre de 15%... « Il y a néanmoins des villes qui ont su inverser la tendance », avance le nouveau manager de commerce. Comment ? En posant déjà le bon diagnostic. « Une partie du problème vient des loyers trop élevés pratiqués par des investisseurs pas en phase avec la réalité du territoire. Le fait d’être dans une bastide historique est aussi un frein avec des surfaces souvent trop petites et inadaptées pour les enseignes. Enfin, nous sommes un peu dans la même situation que les entreprises qui peinent à trouver de la main d’œuvre : il manque un vivier de porteurs de projet prêts à se lancer », détaille Pierre-Marie. Le remède miracle n’existe pas pour endiguer un phénomène qui touche de nombreuses villes moyennes. Mais le Grand Villeneuvois ne compte pas rester impuissant, les bras croisés. « Les choses ont déjà commencé à bouger depuis quelques années. La Maison du commerce a été créée en 2013. Pas moins de 52 dossiers ont été accompagnés avec 340 000 € d’aides obtenues. Le site "achetetezavilleneuve" était précurseur même s’il n’a pas trouvé son public. Il y a aussi la plateforme ClickenVilleneuvois créée l’hiver dernier. Il ne faut pas non plus oublier l’OAP commerce... La volonté politique est là, c’est incontestable », souligne Pierre-Marie.


Volonté de

résultats rapides

C’est pour aller encore plus loin et donner une cohérence à toutes les actions que ce dernier a été embauché à la fin du mois de septembre. « Déjà, je dois veiller à consolider l’existant. Je tiens à rester à l’écoute de ceux qui sont en place depuis longtemps, en plus de guider les nouveaux porteurs de projet. La pédagogie sera essentielle. Je vais aussi jouer un rôle de centralisateur, en créant des connexions. La simple mise en relation peut changer beaucoup de choses. Entre les entrepreneurs, les bailleurs, les investisseurs, les agences immobilières et les enseignes, on peut créer une dynamique positive. » S’ajoute à cela un concept cher à Guillaume Lepers : le « marketing territorial ». Pierre-Marie et son président sont ainsi partis au Salon de la franchise pour vendre la destination villeneuvoise et ses atouts, montrer à ceux qui en doutent peut-être qu’il se passe des choses sur les bords du Lot.

Un vaste chantier qui prendra du temps, même si l’intéressé semble pressé. « Je suis issu du privé, j’ai ce besoin de voir que les choses avancent dans le bon sens, qu’il y a du résultat. Si d’ici un an et demi, rien n’a bougé, c’est qu’on a oublié de faire quelque chose. Et puis je suis contractuel, donc il y a la pression de l’objectif. »


Un nouvel impôt envisagé contre les bailleurs trop gourmands

Si la promesse de ne pas toucher à une fiscalité locale déjà très étouffante est claire de la part de la majorité Lepers, une petite exception pourrait être consentie. Certaines villes ont en effet mis en place une taxe spécifique pour lutter contre la vacance commerciale. Le principe : dissuader les bailleurs de franchir allègrement le loyer moyen en s’attaquant à leur portefeuille au moindre excès. Affaire à suivre.

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