Tayrac se bat contre la suppression d’un poste dans son école

Avec un poste d’enseignant qui devra être supprimé dès la rentrée prochaine, Tayrac fait partie de ces communes « victimes » de la carte scolaire 2021.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Les élèves tiennent à participer au mouvement lancé par les parents pour sauver le poste d’enseignant menacé de suppression.


Dans sa carte scolaire du premier degré établie en vue de préparer la rentrée scolaire 2021, la direction des services départementaux de l’Education nationale assure accorder « une attention particulière pour les écoles rurales ». Dans les chiffres, près de 25 000 élèves sont attendus sur les bancs de l’école en septembre prochain, soit 350 de moins que l’année précédente. Cinq emplois vont être supprimés, 19 classes fermées tandis que 8 vont être ouvertes. Malgré tout, la direction assure que « le taux d’encadrement progressera encore. Le nombre d’enseignants pour 100 élèves sera de 5,81, contre 5,75 à la rentrée 2020 ». Même si, bien que faible, cette progression semble être positive, la réalité derrière ces chiffres est tout autre. La petite commune de Tayrac, située à quelques kilomètres de Puymirol, est en passe de perdre l’un de ses deux postes d’enseignants. A la rentrée, l’école comptera donc une seule classe pour quatre niveaux, de la très petite section au CP. Et dans la commune voisine de Saint-Maurin, où sont accueillis les élèves du CE1 au CM2, les deux classes sont conservées mais passeront de deux à trois niveaux. « L’inspecteur académique m’avait prévenu qu’un poste devait être supprimé depuis quelques temps déjà, assurant que cela n’aurait pas d’impact sur les enfants », se souvient le maire Thierry Delpech. Une décision difficile à accepter du côté des élus comme des parents d’élèves, qui font entendre leur voix. « Je parle en tant que père de famille avant tout, se retrouver avec quatre niveaux dans une classe, et surtout avec des élèves de CP en plein apprentissage de la lecture qui nécessitent un accompagnement important, c’est très compliqué à gérer pour l’enseignant », continue-t-il. Au-delà du regroupement des niveaux, c’est toute la logistique qui est en péril. « Les mesures sanitaires seront très difficiles à respecter avec plus d’élèves par classe. Pour la cantine, la garderie et les navettes, ça va également demander une réorganisation. »


Pétitions, banderoles et dessins des enfants

Tous craignent que l’éducation en pâtisse. « Nos enfants ont compris l’enjeu, ils veulent participer à notre action et ont réalisé des dessins pour interpeller les services de l’Education nationale », raconte Magalie Collié, parent d’élève et élue de la commune. Et la décision est d’autant plus surprenante que les inscrits pour la rentrée 2021 sont en augmentation. Entre Tayrac et Saint-Maurin, on passerait d’ores et déjà de 59 à près de 70 élèves. « Beaucoup de familles viennent s’installer ici et le critère numéro un, c’est la scolarité. Nous étions très bien lotis jusqu’à présent, mais ça se complique désormais. » Des banderoles ont pris place dans le village de 400 habitants pour montrer leur mécontentement. Une pétition en ligne a également été lancée sur le site change.org, en plus d’une sur papier comptant déjà plus de 300 signatures. « Nous savons que nous ne sommes pas les seuls impactés, Puymirol ou encore Castelculier sont aussi concernées par des suppressions de postes. Si ça se fait, on aura au moins essayé à notre échelle de nous faire entendre », assure la maman et élue de Tayrac. Pour eux, c’est la vie du village qui en dépend.



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