SUA LG : une intersaison d’élite

Le président du Sporting, Jean-François Fonteneau, nous a accordé un grand entretien dans lequel il revient sur cette intersaison un peu particulière et importantissime

pour l’avenir du club au plus haut niveau alors que l’ensemble du rugby français est plongé dans l’incertitude.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le président Jean-François Fonteneau et ses équipes ont réussi à présenter une équipe ambitieuse et un budget stable malgré le contexte.


Un mercato qui laisse rêveur

On le sait, dans le monde du rugby, le marché des transferts est une guerre sans merci qui commence de plus en plus tôt chaque année. Pour les clubs à la lutte pour le maintien, il faut signer les contrats avant même de connaître son sort en fin de saison et donc les futurs budgets. A Agen, l’exercice tourne à chaque fois au numéro de funambule, avec une certaine réussite depuis trois ans maintenant. Le SUA semble avoir encore passé un cap supplémentaire en 2020. « Le recrutement (ndlr, voir ci-après) me semble plutôt équilibré et qualitatif sur le papier. Contrairement à la saison passée, on a pu vraiment travailler en amont avec Christophe Laussucq et Rémi Vaquin pour identifier les besoins et définir des profils. Tout a été validé collégialement dans la plus grande entente », insiste Jean-François Fonteneau. Entre jeunes prometteurs et gros CV expérimentés, le Sporting a essayé de se montrer malin sans être trop dispendieux. « On a cherché des garçons aguerris au plus haut niveau qui ont l’envie de se relancer et de retrouver des responsabilités dans un club ambitieux. Certains ont connu une dernière saison pas évidente pour des raisons différentes mais ils ont tous en commun cette féroce envie d’aller de l’avant en plus d’avoir très bon niveau. On a pu les convaincre, eux et leurs agents, de nous rejoindre en leur montrant notre appétit, entre les exercices précédents aboutis et les projets que nous lançons. » L’ouvreur international irlandais Noël Reid ou encore les Gérondeau et Buttin sont de très bons coups pour Agen. Il ne manque plus que la pépite anglaise Gabriel Ibitoye pour parfaire le tableau. « Même si ça prend beaucoup de temps, cette piste reste très sérieuse. Lui affiche sa volonté de nous rejoindre mais il reste quelques problèmes juridiques à régler avec son club des Harlequins qui essaie de faire un peu pression. On espère pouvoir officialiser tout ça dans la semaine. Quoi qu’il en soit, la venue d’un facteur X comme lui serait un formidable coup de projecteur pour le club et une source de motivation supplémentaire pour aller loin. »

Pour bien analyser un mercato, il faut mettre la colonne des arrivées en perspective avec celle des départs. Et c’est probablement de ce côté que le SUA a réalisé son plus bel exploit. La plupart de ceux qui quittent les bords de Garonne n’étaient pas des maillons essentiels de l’équipe de Christophe Laussucq à l’exception de Tom Murday et de Léo Berdeu (qui était prêté). « En faisant le bilan, on se rend compte que l’on a considérablement amélioré la profondeur de l’effectif. C’est un enjeu essentiel pour réussir. Si seule la réalité du terrain permettra de juger cette intersaison, on est, sur le papier, dans une situation bien plus favorable que les années précédentes. Cette fois, on ne sera peut-être pas condamnés avant même la première journée », confirme Jeff Fonteneau.


Une économie stable

Pour le sport de haut niveau, le coronavirus représente une menace extrêmement sérieuse. En plus d’avoir vu la fin de saison être annulée emportant avec elle des droits télé et les recettes de billetterie, les clubs font maintenant face au risque de voir leurs partenaires baisser voire retirer leurs contribution devant la crise économique qui se profile. Certaines grosses écuries sont dans une situation très inquiétante. Ce n’est heureusement pas le cas pour Agen. « Notre modèle est basé sur un très grand nombre de partenariats, confie le président agenais. On peut dire en quelque sorte que nous n’avons pas tous nos œufs dans le même panier, contrairement à d’autres qui dépendent énormément d’un ou deux mécènes. Cette diversité est un atout pour nous. Et je tiens à remercier les partenaires car ils sont restés fidèles malgré la situation et ce n’était pas forcément simple pour eux. Grâce à cela, on part sur les mêmes bases que les saisons précédentes. »

Le SUA mise beaucoup sur ces relations privilégiées avec l’ensemble du tissu économique local. Le projet de nouveau stade va en ce sens, ainsi que la nomination du nouveau directeur général, Thierry Lassagne, qui est aussi celui de la Chambre de commerce et d’industrie. « En plus de nous aider à gagner en compétences dans les fonctions supports du club, il nous apporte ce lien avec le monde des entreprises. C’est ce qui nous permettra de passer des caps. C’est maintenant qu’il faut faut mettre un coup de collier si on veut pérenniser notre place dans l’élite du rugby français. »

La grande question qui se pose maintenant concerne les conditions dans lesquelles vont se dérouler la reprise du Top 14. Jauge pleine, jauge limitée, huis clos… Personne n’en sait rien à ce jour, et c’est bien ce qui inquiète Jeff Fonteneau : « Si on doit limiter l’accès des spectateurs au stade et le nombre de personnes en loges, ça va être très compliqué pour tout le monde. A l’heure actuelle, les droits télé représentent peut-être 20% des revenus. On ne peut pas vivre qu’avec ça. Si l’Etat veut nous imposer des restrictions, il faudra qu’il nous aide. »


Les principales recrues //

Noel Reid (Irlande) : ouvreur, 30 ans, en provenance de Leicester


Jean-Marcellin Buttin (France – JIFF) : arrière, 28 ans, Lyon


Camille Gérondeau (France – JIFF) : 3ème ligne, 32 ans, Castres


Victor Moreaux (France – JIFF) : 2ème ligne, 26 ans, Castres


Tapu Falatea (France – JIFF) : pilier, 31 ans, Castres


Corentin Vernet (France – JIFF) : 2ème ligne, 23 ans, Toulon

Kévin Yaméogo (France – Espoir) : pilier, 23 ans, prêté par Lyon


Yoan Cottin (France – Espoir) : mêlée, 22 ans, prêté par Toulon


Et peut-être :

Gabriel Ibitoye (Angleterre) : ailier, 22 ans, Harlequins




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