Si tu ne vas pas à la vaccination, la vaccination ira à toi

Le Conseil départemental va transformer le bus de l’UNA 47 en centre de vaccination mobile afin de pouvoir toucher les personnes les plus isolées. Une initiative saluée par l’ARS.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Joris Jonon à gauche et Benoît Elleboode sont venus visiter le « vaccibus » qui foulera prochainement les routes du Lot-et-Garonne.


Un sixième centre de vaccination va voir le jour en Lot-et-Garonne. Mais à la différence de ceux adossés aux hôpitaux d’Agen, Villeneuve, Nérac, Marmande et à la clinique Esquirol, celui-ci sera itinérant. Le célèbre bus de l’UNA 47, arpentant le terrain pour dispenser information et activités aux séniors, va être reconverti en salle de piqûre roulante. L’idée vient du Conseil départemental. « Quand l’ARS nous a sollicité pour imaginer des actions, on a tout de suite pensé à aller dans les territoires, vers les personnes isolées. Il est important pour nous de ne laisser personne de côté », révèle Sophie Borderie, la présidente du CD47. Cette initiative a justement été saluée par le directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, venu en personne ce jeudi 28 janvier découvrir l’engin : « Nous encourageons l’équité d’accès au vaccin pour un maximum de gens. Nous avons pensé le maillage des centres de vaccination pour que tout le monde soit dans un rayon d’environ trente minutes. Mais parfois, cela ne suffit pas. Alors tant que nous ne pourrons pas recourir à la médecine de ville à cause des contraintes logistiques, nous ferons appel à ce type de dispositif », indique Benoît Elleboode.

Toutes les modalités de fonctionnement du « vaccibus » ne sont pas encore établies mais Sophie Borderie a tout de même fixé le cap : être opérationnel pour la seconde quinzaine de février. Le bus sera doté dans la partie avant d’un point « secrétariat » afin d’assurer toutes les tâches administratives. Sur la partie arrière, un médecin sera en mesure d’administrer les doses toutes les 15 à 20 minutes. « Nous sommes en train de définir où nous irons et quand nous irons. Cela va se faire dans les jours à venir grâce à un partenariat avec les maires des communes concernées », souligne la présidente du Département. Cette dernière estime qu’environ 15% de la population totale du Lot-et-Garonne pourrait y avoir recours.



La situation épidémiologique en Lot-et-Garonne

Sur la période de référence courant du 23 au 29 janvier dernier, voici les indicateurs épidémiologiques relevés en Lot-et-Garonne :


Taux d’incidence : 129 pour 100 000 habitants

(94,8 pour les 65 ans et +)

Taux de positivité : 4,7% en population générale

(3,5% pour les 65 ans et +)

53 personnes hospitalisÈes dont 5 en rÈanimation

22 situations de cas groupés dont 6 en Ehpad

22 ÈlËves positifs et 5 personnels

de l’Education nationale


Le département enregistre une baisse tangible des indicateurs et descend même en-dessous des valeurs régionales. Pour autant, le directeur départemental de l’ARS, Joris Jonon, invite à la prudence. « Pour caractériser cette baisse, il faut une période d’observation plus large. Attention à l’interprétation qu’on peut en faire. » Et ce d’autant plus que le nombre de personnes hospitalisées et en soins critiques a quant à lui augmenté.

Edwin Berlucchi directeur de l’UNA 47 a présenté le futur aménagement du « vaccibus »


La campagne vaccinale en chiffres

Entre le 7 et le 30 janvier : 8688 personnes vaccinées en Lot-et-Garonne

A partir de la deuxième quinzaine de février, la priorité sera donnée à l’administration des secondes doses. L’approvisionnement en vaccin Pfizer prévu sur la première moitié du mois est de 2300 doses, puis de 3500 pour la suivante. Pour Moderna et Astra-Zeneca, rien n’est encore programmé pour le Lot-et-Garonne.



Le grand patron de l’ARS fait le point sur la vaccination

En visite à Agen, Benoît Elleboode, le directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, a répondu aux questions des journalistes sur la campagne vaccinale. Vis-à-vis du stock, il s’est montré catégorique : « Il n’y en a pas car notre objectif est de le vider le plus vite possible. Une dose en stock, c’est une personne qu’on n’a pas encore protégée et ce n’est pas acceptable. Quant à l’approvisionnement, nous avons une vision à six semaines avec 50 000 vaccins hebdomadaires dans la région. Mais là-dedans, il faut tenir compte des deuxièmes injections. On espère une augmentation du rythme à partir de la mi-février. » Il promet par ailleurs une « répartition équitable » entre les différents territoires dès réception.

Pour ce qui est de la situation épidémiologique sur la zone dont il a la charge, le directeur remarque que « les hôpitaux se remplissent de manière inquiétante » avec une hausse de 20% lors des cinq derniers jours (à date du 28 janvier). Selon lui, le couvre-feu n’a pas permis de faire infléchir les courbes suffisamment.


Pont-du-Casse fait la navette

A défaut de pouvoir vacciner sur leur commune, les élus de Pont-du-Casse ont eux-aussi eu une idée : transporter les citoyens isolés vers le centre de l’hôpital d’Agen grâce au minibus municipal. « Grâce au CCAS, on a recensé 400 personnes de plus de 75 ans susceptibles d’avoir des difficultés à aller se faire vacciner par leurs propres moyens. On a donc envoyé une lettre à chacune pour leur proposer notre aide. On a, pour l’instant, reçu 50 réponses », détaille le maire Christian Delbrel. A raison de cinq individus par voyage et de deux doses par personne, une vingtaine de voyages sont d’ores et déjà programmés. Afin de faciliter la logistique, la mairie s’occupe de tout. « On demande juste aux intéressés de se tenir prêt avec leur masque et leur carte vitale. La prise de rendez-vous, c’est notre mission. » Pour le tout premier convoi effectué ce jeudi 28 janvier, les séniors étaient « tous en avance » d’après les dires du premier édile. « L’effet de groupe a aussi cette vertu rassurante. » A chaque fois, un élu du CCAS est présent en plus du chauffeur attitré de la commune. L’ARS Nouvelle-Aquitaine a donné son agrément pour cette opération.



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