Salon de l’élevage : une journée conviviale forte en messages

Le Salon de l’élevage et des saveurs se déroulera samedi 19 septembre à Agen, comme tous les trois ans, afin de faire découvrir le monde agricole et les enjeux qui l’entourent dans un cadre festif.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le conseiller départemental Raymon Girardi (à gauche) et le président de la Chambre d’Agriculture Serge Bousquet-Cassagne tiennent à rappeler l’importance de l’agriculture sur notre territoire.


"Pendant le confinement, les gens nous ont beaucoup aimés. Et puis arrivé le mois de mai, ils nous ont très vite oubliés pour retourner en grande surface. Cette journée sera donc l’occasion de leur dire "Aimez-nous comme avant" ! » Avec son style inimitable, le président de la Chambre d’agriculture Serge Bousquet-Cassagne s’engage corps et âme dans la promotion du Salon de l’élevage et des saveurs qui doit se tenir samedi 19 septembre dans les jardins de l’Hôtel du Département.

Cette manifestation, initialement prévue en juin, réunira de nombreux acteurs du monde agricole. Ils feront découvrir les différentes facettes de la profession, l’incroyable richesse du terroir local mais proposeront également de très nombreuses animations pour petits et grands, avec la présence des stars du jour : les animaux. Au total, plus d’une quarantaine de stands se répartiront l’espace et le flux. Cette dimension ludique et conviviale ne cachera cependant pas les nombreux messages forts à faire passer.


Essentiel au quotidien

« C’est un événement majeur », confirme Raymond Girardi, conseiller départemental en charge de l’Agriculture, de la Forêt et de l’Environnement. Le Lot-et-Garonne porte au plus profond de lui cette identité rurale, avec plus de 70 productions agricoles différentes. « Tout ce qui est produit en France ou presque l’est aussi sur notre territoire, c’est un cas unique dans le pays », poursuit l’élu. Le maraîchage, l’arboriculture, les céréales et bien sûr l’élevage dont on oublie parfois l’importance, jouent un rôle crucial aussi bien du point de vue alimentaire qu’au niveau économique. « Il faut bien avoir en tête que nos agriculteurs sont essentiels à notre vie. Il y a encore quarante ans, ils suffisaient à subvenir à nos besoins alimentaires. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. C’est pourquoi il faut pousser pour maintenir et développer les installations. Au plus fort de la crise du Covid, c’est le seul secteur d’activité à avoir continué à 100% voire même plus. Les agriculteurs locaux n’ont pas failli à leur mission de nous nourrir. Et s’ils venaient à disparaître, on se retrouverait avec des importations non seulement moins qualitatives et moins saines, mais aussi beaucoup plus chères. C’est pourquoi il est très important de soutenir ce monde paysan, en dépit des choses pas toujours très agréables qu’on entend depuis quelques temps à son sujet », insiste Raymond Girardi.

Le Conseil départemental joue pleinement son rôle en accueillant en son sein la manifestation, comme tous les trois ans. « C’est également très bien quand cela se déroule dans un petit village de campagne. Mais le faire ici, à Agen, permet de toucher un autre public, celui des "rur’bains". » La jauge des 5000 personnes devra être respectée, sachant qu’elle avait été largement dépassée lors de la précédente édition. Si le succès, en dépit de ces conditions, est au rendez-vous, la chambre consulaire et le CD47 réfléchiront peut-être à « la multiplication de ce genre d’initiatives ».


Renseignements //

Samedi 19 septembre

à l’Hôtel du Département

1633 avenue du Général Leclerc

Ouvert de 9h30 à 17h.

Entrée gratuite.

Infos au 05 53 69 43 11 ou sur www.lotetgaronne.fr


Une filière laitière à la dérive

« D’une manière générale, si le nombre d’élevages diminue, c’est moins la conséquence d’une crise des vocations que de la difficulté de vivre dignement de cette activité », avance Raymond Girardi. C’est encore plus vrai pour la filière laitière bovine qui se trouve aujourd’hui dans une situation catastrophique. Il y a encore peu de temps, ils étaient près de 200 à en vivre en Lot-et-Garonne. A l’heure actuelle, ils ne sont plus que 140 et ce nombre diminue de jour en jour. « Pour être honnête, j’ai du mal à les dissuader d’arrêter, admet Serge Bousquet-Cassagne. Les laitiers sont les esclaves des temps modernes, entre les industriels qui les exploitent et les contrôles incessants sans qu’ils puissent en tirer le moindre revenu... Ceux qui continuent sont des résistants, au prix d’énormes sacrifices. » Heureusement, d’autres filières se portent mieux financièrement, en particulier celle du lait de chèvre bio.


L'Èlevage lot-et-garonnais en chiffres //

Bovin viande : 630 éleveurs pour près de 20 000 bêtes Bovin lait : 140 producteurs pour environ 10 000  Bêtes Ovin : 70 producteurs pour environ 10 000  Brebis Caprin : 50 producteurs pour environ 10 000  Chèvres Volailles et palmipèdes : 500 producteurs

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