RN21 : La CAGV main dans la main avec l’Agglo d’Agen

En signant une convention de coopération avec l’Agglo d’Agen, la CAGV entérine l’amélioration des relations entre les deux collectivités qui unissent leurs voix sur ce dossier majeur.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Les deux Agglos de centre-droit unissent leurs forces pour prendre la main dans le dossier de la modernisation de la RN21 et incluent clairement le pont/barreau de Camélat comme une priorité.


Le mythe des vieux clivages politiques que certains pensent terminé existe toujours. La « convention de coopération » qui se met en place entre l’Agglo d’Agen et la CAGV en est la preuve. Ce nouveau partenariat est la conséquence directe des dernières élections municipales. En mettant fin aux deux décennies de socialisme à Villeneuve, Guillaume Lepers a ainsi aligné la seconde ville du département sur la première aux couleurs de centre-droit. La « matrice de compétition », selon les mots du premier édile agenais Jean Dionis du Séjour, qui régnait jusqu’alors n’a plus lieu d’être. Cette nouvelle relation rendue possible par les sensibilités politiques communes va prendre un tournant concret sur le volet routier.

La modernisation de la RN21 est le plus gros dossier d’infrastructures en Lot-et-Garonne et fait l’objet de dissensions entre les différentes collectivités. La question n’est pas la nature des travaux ni leur utilité mais plutôt la hiérarchisation de ceux-ci quand on connaît l’inertie de l’Etat pour débloquer les fonds. Agen se bat corps et âme pour la mise en œuvre du pont et du barreau de Camélat tandis que le Conseil départemental (et Villeneuve tant que Patrick Cassany était aux manettes) mise avant tout sur la section dite Agen-Nord de la RN21, englobant le contournement d’Artigues. A coups de lettres et par médias interposés, chaque camp se renvoie dans les cordes.


Camélat double Agen-Nord

Avec leur convention de coopération, les deux Agglos (donc les communes concernées par cet axe) unissent leurs voix et leurs forces afin de prendre les choses en main sous l’impulsion de Gilles Charollais, maire de La Croix Blanche. « Il importe désormais de se mettre d’accord sur le calendrier et les priorités des opérations à inscrire au prochain Contrat de plan Etat-Région pour obtenir l’achèvement de cet axe afin qu’il soit plus rapide et sécurisé. »

Ce qui change dans le discours de la CAGV, c’est l’horizon. Auparavant, l’accès à la ville-centre était l’unique objectif. Géographiquement, le regard se pose aujourd’hui plus loin. Guillaume Lepers souligne « l’importance de l’axe RN21 entre Villeneuve et le nouvel échangeur autoroutier sur l’A62 à Brax via le pont et le barreau de Camélat. » Le président villeneuvois souligne également le rôle de son homologue dans les précédentes réalisations : « L’Agglo d’Agen avait tendu la main lors des deux précédents mandats en participant financièrement au dédoublement de la RN21 en dehors de son territoire. »

Cette idylle naissante a permis de dégager les chantiers « à réaliser impérativement à court terme, dans un délai de cinq à six ans » qui seront inscrits dans le CPER 2021-2027 (budget global de 116 M€). Les critères de références sont des études et une maîtrise foncière suffisamment avancées. La section La Croix Blanche-Monbalen, en attente depuis longtemps, en fait évidemment partie. Il y a également la sécurisation de trois points accidentogènes. C’est aussi là que Camélat prend de l’avance sur Agen-Nord.

Le Département suivra-t-il dans cette voie ? La CAGV a en tout cas choisi son camp...

« Les choses sont claires : la CAGV ne va pas dépenser d’argent sur le barreau de Camélat », assure néanmoins Guillaume Lepers.

Une partie de l’opposition, notamment incarnée par Yvon Ventadoux et Thomas Bouyssonnie, en doute, au vu de la délibération adoptée par les Agenais avec une participation villeneuvoise « à définir ». Elle ainsi a voté contre la signature de cette convention. Les autres raisons évoquées sont le choix de prioriser Camélat (jugé peu avancé) sur le contournement d’Artigues, la mise de côté du Département dans la réunion des maires ou encore le flou généré par les points de sécurisation jamais évoqués jusqu’alors.



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