Régis Sonnes : « Le mot-clé, c’est le plaisir ! »

Le nouveau manager général du SUA LG s’est livré sur son arrivée et sa vision pour le club lot-et-garonnais au moment de faire son entrée en scène contre son ancienne maison, le Stade Toulousain.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Quidam l’Hebdo : Quelles ont été les circonstances de votre arrivée à Agen ?

Régis Sonnes : Ce n’était pas du tout prévu, je pensais faire un break avec une saison auprès des cadets de Blagnac. Malheureusement, les moments difficiles vécus à Agen ont poussé le président à prendre des décisions. Et il s’avère qu’il a pensé à moi. C’était une surprise et un honneur doublé aujourd’hui d’une fierté. Pas beaucoup d’autres clubs auraient pu me faire changer d’avis sur mon break mais j’ai un affect particulier pour Agen. J’y ai évolué comme joueur, c’est là que j’ai débuté comme entraîneur... Je n’ai donc pas hésité très longtemps. Et puis à moyen-terme, j’avais l’ambition de prendre un poste comme celui-ci. Ça s’est juste fait plus rapidement que prévu.


Quidam l’Hebdo : C’est un peu particulier de prendre les commandes en cours de saison sans avoir supervisé la préparation ni le recrutement...

R. S. : C’est une première pour moi d’arriver dans un club alors que l’on est déjà au tiers de la saison, club en difficulté de surcroit. J’ai donc beaucoup réfléchi pour savoir comment apporter des solutions afin de changer la dynamique. Je me suis beaucoup imprégné, via la télévision, du ressenti des gens qui composent ce club en vue de cerner ce dont ils ont besoin. Et j’ai mes petites idées...


Quidam l’Hebdo : Quelle sera donc la patte « Régis Sonnes » dans les semaines à venir ?

R. S. : Je suis fondamentalement un gars positif, j’essaie toujours de voir le bon côté des choses même quand ce n’est pas évident. Pour moi le mot-clé, c’est le plaisir. Une carrière de rugbyman, ça dure dix ans, alors il faut en profiter tous les jours. Prendre du plaisir aux entraînements comme en matchs. Je veux faire en sorte que les gars s’éclatent. Ça se traduit par tout un état d’esprit sur et en-dehors du terrain. Au-delà de la technique, je veux influer sur la dimension mentale, l’attitude. Il faut qu’on ait un langage corporel enthousiasmant sans que ce soit un rôle. On souhaite bien sûr gagner au plus vite car c’est un élément-clé pour la confiance et le développement. Mais il faut le voir comme une conséquence de ce que l’on va faire au quotidien plus qu’un objectif. Aujourd’hui, je me concentre avant tout sur le contenu et l’état d’esprit qu’on saura afficher. Comme le travail paie toujours à la fin, si on met les ingrédients, la victoire viendra d’elle-même.


Quidam l’Hebdo : On vous dit adepte d’un rugby « paysan ». A quoi cela correspond-il ?

R. S. : Le territoire agenais, c’est un fort tissu agricole, des maraîchers, etc. Et cela renvoie à des valeurs fortes : l’humilité, le travail, l’abnégation. Si on veut travailler sur une culture et revenir à ce qu’était le SUA dans ses grandes années, il faut se rapprocher de ce qui compose les supporters. La culture et l’identité sont fondamentales pour moi. On ne peut pas se couper de son environnement et jouer ici comme on jouerait ailleurs. Tout doit être en parfaite adéquation. Si les supporters s’identifient à leur équipe, ils pousseront plus fort et les joueurs adhèreront d’autant plus au projet. C’est un facteur multiplicateur.


Quidam l’Hebdo : Le choix de Jalil Narjissi et Sylvain Mirande comme assistants va dans ce sens ?

R. S. : Ils véhiculent parfaitement cette identité agenaise. Ce sont par ailleurs des garçons que j’ai entraînés et avec qui j’avais gardé des contacts en dehors du rugby. C’est une histoire d’hommes avant tout. Sylvain, par sa carrière et son profil peut nous amener une note technique très intéressante. Jalil a pour lui une personnalité très forte et un sens de l’engagement qui peut améliorer notre attitude générale. Selon moi, l’équilibre est cohérent et le staff bien complémentaire.


Quidam l’Hebdo : A quel rugby doit-on s’attendre sur le terrain ?

R. S. : On part sur la philosophie d’un rugby d’initiatives, d’évitement, d’intelligence collective. Bien sûr il faut un cadre pour savoir identifier les situations jouables ou pas mais on a clairement la volonté de créer du mouvement, de déplacer le ballon avec un état d’esprit très collectif. L’effectif compte pas mal de joueurs d’Agen et des alentours ou qui sont au club depuis un certain temps. Ils sont éduqués à cette forme de jeu. On a le potentiel pour le pratiquer. De ce que j’ai vu, on a des qualités de vitesse et des physiques qui vont nous permettre de travailler sur l’évitement plutôt que l’affrontement.


Quidam l’Hebdo : Votre contrat court jusqu’en 2022. Est-ce que vous vous projetez à plus long terme à Agen ?

R. S. : On part sur un contrat court pour voir si je peux être utile au club et non pas un boulet pour son développement. Il serait idiot de s’enfermer sur une longue durée. Je veux m’éclater et être utile. Quand je suis parti de Toulouse, c’est parce que je sentais que je n’amenais plus suffisamment. Je fonctionne comme ça. En février-mars, on saura déjà un peu plus si je suis la bonne personne et on pourra partir sur un engagement plus long, ce que je recherche pour aller au bout de mes idées. Le défi immédiat est de relancer une dynamique positive et de voir si on peut travailler tous ensemble. Derrière, il s’agira d’opérer une restructuration du club pour l’asseoir dans le milieu pro, en s’appuyant notamment sur la formation.


Quidam l’Hebdo : Comment appréhendez-vous le fait de débuter cette aventure à Toulouse, votre ancienne maison, où vous étiez manager général dans la plus grande discrétion ?

R. S. : Je ne crois pas trop au hasard. Je me dis que c’est un joli clin d’oeil du destin. La saison s’est arrêtée en mars sans qu’on se doute que c’était la fin. Ce match de reprise contre Toulouse me permettra de dire au-revoir à certains comme il se doit et ainsi mieux commencer mon parcours à Agen. Ce sera un moment particulier pour moi...

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