Projet « Grand Carénage » : une opportunité pour les entreprises locales

Le plus grand chantier qu’ait connu la centrale depuis sa création va s’étaler sur les cinq prochaines années avec une part conséquente des investissements confiée aux acteurs économiques locaux.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Bien qu’imparfaite, l’énergie nucléaire reste « bas carbone », sa production est flexible. Elle offre également de belles perspectives de développement économique.


Aux nuages noirs qui s’amoncellent dans le ciel de la filière aéronautique, les entreprises lot-et-garonnaises pourraient bien préférer les fumées blanches immaculées des centrales nucléaires. Si Fessenheim a été définitivement mise à l’arrêt, Golfech, de son côté, promet d’impressionnants développements dans les années à venir grâce au projet « Grand Carénage ». Il s’agit tout simplement du « chantier le plus important pour le parc nucléaire français depuis sa création ». « Le but du Grand Carénage est d’assurer une durée de fonctionnement des centrales au-delà de 40 ans. Pour y parvenir, on compte tirer le meilleur parti des installations existantes et laisser toutes les pistes ouvertes pour le futur », explique Cyril Hisbacq, directeur du CNPE de Golfech.

En ce qui concerne la centrale tarn-et-garonnaise, tout commence maintenant avec une fin programmée en 2025. Pendant cet intervalle de temps, pas moins d’un milliard d’euros vont être investis dans différentes opérations. Le plus gros de l’enveloppe ira vers les partenaires habituels d’EDF. « Nous souhaitons cependant réserver a minima 30% de ce budget aux entreprises locales et ainsi permettre le développement économique du territoire sur lequel nous sommes implantés », assure Cyril Hisbacq. Cela représente donc une manne non négligeable, d’autant plus dans cette période de crise.


Projet Grand Carénage //

1 Milliard € de budget global pour la centrale de Golfech
300 M€ réservées aux entreprises locales
120 emplois créés « a minima » par ce surplus d’activité

Les trois objectifs du Grand Carénage //

avec Cyril Hisbacq, directeur du CNPE de Golfech

1// « Cela va d’abord consister à remplacer et rénover un certain nombre de gros matériels qui arrivent en fin de vie technique. On est dans le cadre d’une maintenance exceptionnelle. A Golfech, par exemple, on va remplacer les cannes chauffantes du pressuriseur, remplacer les pôles du transformateur principal ou encore rénover le contrôle commande. »

2// « Nous allons également améliorer le niveau de sûreté de nos installations. C’est quelque chose que nous faisons régulièrement et en particulier à l’occasion des visites décennales. En plus de cela nous allons réaliser des modifications dites « post-Fukushima ». Nous avons d’ailleurs commencé dès 2019 en mettant en service deux diesels d’ultime secours, des bunkers capables de résister aux conditions les plus extrêmes, et nous avons lancé la construction d’un réservoir d’eau en béton de 6500 m3 pour refroidir les générateurs de vapeur en cas de perte complète de l’alimentation électrique. »

3// « Enfin, nous souhaitons garantir la pérennité du matériel non remplacé au-delà des 40 ans. Nous allons donc réaliser les épreuves de la cuve et de l’enceinte du bâtiment réacteur pour s’assurer que les études de conception permettent de dépasser cette limite. »


Le directeur de la centrale de Golfech, Cyril Hisbacq, entouré par les président(e)s des Chambres de commerce et d’industrie du Tarn-et-Garonne et de Lot-et-Garonne.


Deux rendez-vous à ne pas manquer //

Le lancement de ce grand programme va se matérialiser avec deux évènements. Le premier est un webinaire ouvert à tous qui se tient ce jeudi 10 septembre dans la matinée. Il permettra de découvrir le chantier Grand Carénage, de lister et analyser les marchés et secteurs d’activité concernés et certaines modalités pour y prendre part. Plus de 180 établissements y étaient inscrits.

A l’issue de ce premier rendez-vous, les participants seront invités à choisir les donneurs d’ordre qu’ils souhaiteront rencontrer. Car ce sont les sous-traitants de rang 1, partenaires traditionnels d’EDF dans le nucléaire, qui confieront les différentes missions aux entreprises locales.

Ces rencontres se feront lors d’une seconde date : le jeudi 24 septembre à la salle polyvalente du village de Golfech. Ce « speed meeting » permettra d’avancer un peu plus en détail, secteur par secteur.


La centrale nucléaire de Golfech //

1000 personnes travaillant sur site au quotidien 2200 personnes sur site dans les périodes de maintenance comme en ce moment avec l’arrêt programmé d’un réacteur (le second étant quant à lui à l’arrêt à cause d’un « aléa ») 3000 personnes attendues sur site pendant l’exécution du Grand Carénage.

Ces périodes de forte affluence sur la centrale génèrent d’autres retombées puisqu’il faut loger et nourrir les travailleurs non permanents. C’est pourquoi les offices de tourisme sont mobilisés afin de trouver des hébergements


Les Chambres de commerce et d'industrie sur le pied de guerre //

Avec ses 300 millions d’euros de marchés accessibles aux forces économiques locales, le projet Grand Carénage se présente comme une aubaine. Encore faut-il en avoir connaissance. C’est pourquoi les trois Chambres de commerce et d’industrie des départements les plus concernés (Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne) ainsi que les principaux acteurs de l’emploi et les collectivités territoriales ont été associés dans la démarche. « Le rôle de la CCI, c’est d’accompagner ses ressortissants, d’être un médiateur, un intermédiaire pour ce que l’on pense être une immense opportunité. On l’a déjà fait par exemple sur le chantier Center Parcs de Pierre & Vacances du côté de Casteljaloux. Le contexte sera différent mais l’esprit reste le même. Certaines de nos entreprises interviennent déjà à la centrale de Golfech mais dans une faible dimension. On veut montrer aux autres, quel que soit leur métier, que c’est possible pour elles d’y rentrer à leur tour. Ce n’est pas un milieu facile à intégrer mais beaucoup d’établissements ont déjà des certifications pour travailler dans l’aéronautique et d’autres secteurs difficiles. C’est donc loin d’être insurmontable. Il faut néanmoins s’y prendre assez tôt. Cela implique des investissements pour mettre en place de nouvelles méthodes, des protocoles de sécurité particuliers, etc. Il faut dès maintenant se placer dans ces perspectives-là », détaille Alain Brugalières, président de la CCI 47.

Les travaux sur la centrale de Golfech impliqueront des savoir-faire en matière de chaudronnerie, soudure, mécanique, génie civil, électromécanique, électricité, calorifugeage... Autant de compétences que l’on peut trouver sur le territoire proche. Certains sous-traitants de l’aéronautique, filière très durement touchée avec des carnets de commande très allégés, pourraient voir dans cette diversification un bon moyen de passer la crise sans trop de turbulences. « Cela peut être un "one shot" mais aussi une démarche à plus long terme en s’inscrivant durablement dans le monde du nucléaire avec les autres programmes de maintenance. Il peut même y avoir la possibilité d’intervenir sur le reste du parc national », indique le directeur Cyril Hisbacq.



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