Pour que Villeneuve devienne « autiste-friendly »

L’association Autisme pour un autre regard a organisé en soutien avec la mairie une semaine d’actions innovantes du 30 septembre au 9 octobre afin de favoriser l’inclusion sociale.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

La fondatrice de l’Apar, Géraldine Riu (à gauche) et de nombreux membres de l’équipe municipale se mobilise pour mieux inclure l’autisme dans la bastide.


L’autisme, un terme que tout le monde connaît mais une pathologie aux visages multiples que très peu savent décrire, voire identifier. Et pour cause, ceux qui en souffrent sont souvent contraints de vivre en marge de la société. Le regard incompréhensif des autres en est en partie responsable. Un cercle vicieux… Géraldine Riu, maman de Simon, a été confrontée à toutes ces difficultés. Elle s’est d’abord battue pour la création de structures d’accueil. Maintenant que son bébé est devenu un vigoureux jeune homme de 21 ans, elle se retrouve de nouveau livrée à elle-même.

Géraldine a ainsi créé l’APAR (Autisme pour un autre regard) fin 2017. « Cette association diffère de ce qui existe dans le sens où elle est surtout composée de professionnels (médecins, infirmières, éducateurs spécialisés, psychomotriciens…) et non uniquement de parents. » L’ambition est de changer la perception du grand public grâce à l’inclusion. Et cela passe par des procédés innovants. « On a pour projet de créer des échanges avec tous les acteurs de la vie courante qui sont susceptibles d’accueillir du public », indique la fondatrice et représentante de l’APAR.


200 personnes concernées sur le bassin villeneuvois

La municipalité villeneuvoise adhère pleinement à l’initiative et soutient la semaine d’actions qui se déroulera jusqu’au 9 octobre. Tout a commencé ce mercredi 30 septembre avec une grande session de formation et de sensibilisation des commerçants du centre-ville sur les questions de l’autisme. De nombreux élus y ont d’ailleurs participé. « Même dans le milieu de la santé, je le vois aux urgences où je travaille, on n’est pas du tout préparés à prendre en charge ces personnes. On est souvent très maladroits dans l’approche », déplore Xavier Clerc, adjoint au maire. D’où ce besoin d’apporter de précieux éclairages. L’hypersensibilité des autistes en ce qui concerne le bruit, la lumière et la foule a par exemple été mise sur le tapis.


Créer un

environnement propice

« Nous sommes tous des consommateurs, y compris les familles touchées par l’autisme qui, malheureusement, n’osent souvent plus sortir car tout est vite très compliqué et inadapté », souligne Géraldine. En atténuant les lumières et en baissant la musique sur certains créneaux horaires, les magasins deviendraient tout de suite beaucoup plus « accueillants ». Les établissements prêts à jouer le jeu seront reconnaissables à un autocollant apposé sur leur vitrine. « C’est à nous tous de créer un climat plus propice pour les autistes. On doit s’adapter à eux, sinon ils restent à la maison », lancent conjointement Béatrice Vaquier et David Goncalvez, eux aussi membres de la majorité municipale.


3000 environ sur l’ensemble du Lot-et-Garonne

Si cela s’est déjà vu dans certains supermarchés du pays, la démarche globalisante proposée dans la bastide reste un cas inédit. « Avoir un centre-ville entier qui s’investit, c’est un grand pas en avant vers une vie digne et normale », se réjouit la maman de Simon, sachant toutefois que la révolution culturelle ne se fera pas en un jour.

Dans le même esprit, des visites réservées aux autistes seront organisées au musée de Gajac le 3 octobre et le lendemain sur le site du CPIE à Lascrozes. La semaine se clôturera le vendredi 9 avec une petite cérémonie à l’Hôtel de Ville avant une belle soirée concert au parc des expositions. Six groupes joueront bénévolement pour la cause. En attendant la suite en 2021…



9 vues0 commentaire