Monflanquin : le site d’enfouissement partiellement reconverti en centrale solaire

Valorizon et Territoire d’énergie ont conclu un accord pour un investissement de 10 M€ afin de couvrir des casiers d’enfouissement de déchets avec des panneaux photovoltaïques.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Les dirigeants de Valorizon, Territoire d’énergie et Avergies se réjouissent de voir éclore ce type de projet.


Le recyclage ne concerne pas que les déchets, c’est aussi valable pour les terres. Règlementairement, celles des sites d’enfouissement sont « gelées » pour trois décennies à cause de la pollution. C’était sans compter sur l’ingéniosité des syndicats mixtes Valorizon et Territoire d’énergie. Grâce à leur collaboration, treize hectares inutilisables vont être recouverts par des panneaux solaires pour produire de l’électricité propre. Une belle initiative, sans couper un seul arbre ni dénaturer une parcelle agricole.


Un outil au service des collectivités

Pour en saisir tous les tenants et les aboutissants, un petit rappel s’impose. Au niveau départemental, Valorizon est chargé de la gestion des déchets. Tout ce qui ne peut pas être recyclé est envoyé à Monflanquin, le site de Nicole ayant fermé ses portes au 1er janvier. Les « casiers » sont remplis petit à petit puis refermés une fois comblés. Que faire ensuite pendant trente ans ? Les responsables du syndicat mixte n’avaient pas envie de rester les bras croisés. « Il y a quelques années, nous sommes allés visiter le parc photovoltaïque de Ruffec en Charente, implanté justement sur un ancien site d’enfouissement », relate Michel Masset, président de Valorizon. Le déclic était là, restait à trouver le bon partenaire.

Justement, un peu plus tard, il y a un an et demi environ, Territoire d’énergie (ex-Sdee 47) a créé la SEM Avergies. Il s’agit d’un outil au service des collectivités pour financer et exploiter des installations de production d’énergies renouvelables. Ainsi appareillé, le Lot-et-Garonne peut désormais porter des projets aussi vertueux qu’ambitieux.


De l’électricité

verte pour 11 000 habitants

Et celui de Monflanquin en est une parfaite illustration. L’investissement, tout d’abord, est colossal : 10 millions d’euros. Mais le plus intéressant reste la finalité. Et là encore, les chiffres en imposent. « Nous seront en mesure de produire 11 mégawatts, soit l’équivalent des besoins à l’année d’une commune de 11 000 habitants », détaille Pascal de Sermet, le président d’Avergies. Le défi technique reste de taille car les sols devenus très hétérogènes sont amenés à bouger, diminuant ainsi le rendement des panneaux. « La technologie a cependant beaucoup évolué. Grâce à des systèmes de poulies et de fins réglages, on parvient à compenser pour disposer d’un parc solaire très performant », poursuit Pascal de Sermet. L’électricité produite sera revendue à EDF selon un tarif règlementé et les recettes perçues par Avergies pour de nouveaux projets. En compensation, l’intercommunalité des Bastides en Haut-Agenais Périgord percevra des taxes (50 000€). « C’est de l’argent rendu aux Lot-et-Garonnais ! » La même opération pourrait être conduite à Nicole (c’est la commune qui est propriétaire du foncier et non pas Valorizon comme à Monflanquin). Des discussions sont actuellement en cours pour une centrale de 5 mégawatts. « On espère que cette démarche fera des petits. Pour cela, quoi de mieux que l’exemple ? Je pense qu’on est au début d’une très belle histoire », se réjouit Michel Masset.


Avergies investit 60M€ sur cinq ans

En plus de cette centrale photovoltaïque sur le site d’enfouissement de Monflanquin pour environ 10 MÄ, la SEM Avergies a programmé bien d’autres projets, avec des ombrières solaires, des méthaniseurs et des stations de bioGNV. Au total, cela représente 60 M€ pour la production d’énergies renouvelables sur le mandat 2021-2026.

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