Michel Serres graffé sur les murs de l’IUT Gaco

La semaine d’hommages rendues à Michel Serres s’est achevée au campus éponyme, à l’IUT Gaco. Une immense fresque réalisée par la Streetarterie a été dévoilée, intégrant le visage du philosophe agenais.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Aurélien, Ben Mougin et Freddy Spinati de la Streetarterie, accompagnés des élus agenais et du directeur de l’IUT de Bordeaux, Frédéric Bos, ont dévoilé la fresque de Michel Serres sur les murs de l’IUT Gaco.


La semaine mettant à l’honneur Michel Serres s’est clôturée par un hommage universitaire sur le campus d’Agen portant déjà son nom, vendredi 4 juin. L’occasion de remarquer que les murs de l’IUT Gaco ont fait peau neuve, un rafraîchissement que nous devons aux artistes du collectif la Streetarterie. Mais si les élus, le directeur de l’IUT de Bordeaux et des membres de la famille de Michel Serres étaient présents en ce jour pluvieux, c’est pour découvrir le visage du philosophe version grand format sur l’une des façades... La grande bâche noire maintient le suspens un moment, le temps des discours officiels. Frédéric Bos, directeur de l’IUT de Bordeaux, tenait à faire le déplacement pour découvrir « le seul bâtiment de nos établissements intégrant une fresque, avec en plus, un joli message. Il est important que les étudiants se rappellent que cet homme était bienveillant envers la jeune génération ». Puis le rideau tombe, et les applaudissements ne se font pas attendre, un soulagement pour trois des membres de la Streetarterie, à l’origine de ce joli travail. S’ils collaborent avec la mairie depuis quelques années déjà, avec notamment la réalisation de fresques sur des transformateurs Enedis, ce projet reste le plus important pour eux à l’heure actuelle. « C’est un privilège pour nous d’avoir pu travailler avec l’IUT, et de représenter Michel Serres. Nous l’avons dessiné à partir d’une photo sélectionnée par sa famille », raconte l’un des graffeurs, Ben Mouguin.


« Le savoir rend heureux, le savoir rend libre »

Le résultat est bluffant, fruit d’une longue préparation avant de s’attaquer au vif du sujet. Les artistes ont en premier lieu utilisé un projecteur pour visualiser le rendu, avec des ajustements nécessaires pour que chaque élément soit à sa place, entre les triangles bleus (16 nuances au total !) reprenant les couleurs de l’IUT, le portait, et le texte. « Le visage a été réalisé à la bombe. Nous avons utilisé du gris, avec du noir uniquement présent au niveau du regard, pour donner un effet de profondeur », ajoute Freddy Spinati. On retrouve également une citation du philosophe agenais : « Le savoir rend heureux, le savoir rend libre », qui a toute sa place sur un bâtiment universitaire. « Le lettrage a été réalisé à la main, au pinceau, tout comme la reproduction de sa signature », souligne la Streetarterie. Au total, 10 étapes ont été nécessaires jusqu’au rendu final, véritable travail d’orfèvre... Cette œuvre, on peut le dire, pourrait-elle initier d’autres projets similaires ? C’est en tout cas ce qu’espère la Streetarterie, engagée à promouvoir l’art urbain sous toutes ses formes.


16 vues0 commentaire