MGA, symbole de l’aéronautique qui ne baisse pas les bras

La PME villeneuvoise spécialisée dans la sous-traitance aéronautique subit de plein fouet la crise du secteur mais garde une politique ambitieuse pour consolider son avenir.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Les dirigeants de MGA (ici le directeur commercial Patrick Bernède à gauche) ont fait visiter leurs locaux au préfet Jean-Noël Chavanne, l’Etat s’apprêtant à subventionner les investissements de l’entreprise villeneuvoise.


Après des années de croissance ininterrompue, le Covid a marqué un énorme coup d’arrêt pour la filière aéronautique. Le trafic aérien a chuté de 66% en 2020 par rapport à l’exercice précédent dans le sillage des confinements, des fermetures de frontières et des restrictions de voyage… 2021 pourrait ne pas être tellement meilleure. Derrière, les avionneurs comme Airbus ont largement allégé le carnet de commandes. Si le Lot-et-Garonne n’avait de toute façon plus de ligne commerciale, coronavirus ou pas, le territoire subit tout de même les répercussions de cette crise par le prisme de son important tissu de sous-traitants. A Villeneuve, l’entreprise MGA, filiale du groupe ARM, tente de traverser cette zone de turbulences. « Avant l’arrivée de la pandémie, nous avions plein de projets, notamment celui de doubler la surface de notre usine. Nous avons été contraints de tout suspendre. Nous avons aussi dû nous résoudre à supprimer 7 postes », déplore le directeur commercial Patrick Bernède. A l’échelle du groupe, les difficultés sont encore plus tangibles avec un chiffre d’affaires en chute libre (-45%), passé de 36 à 19M€…


53 salariés, c’est 7 de moins par rapport à l’avant-crise

En s’appuyant dans un premier temps sur les aides de l’Etat (activité partielle longue durée, PGE, report des charges sociales, etc.), MGA a limité la casse et préservé ses compétences. Mais plutôt que de faire le dos rond en attendant les jours meilleurs ou de céder à la panique, l’établissement fait le pari de l’ambition pour surmonter les difficultés.


Investir malgré la crise

« Quand on a vu l’aéronautique à l’arrêt, toute l’industrie a eu la même idée : se diversifier. De notre côté, on a choisi de ne pas tomber là-dedans. Au contraire, on tient à rester un fournisseur stratégique des gros équipementiers comme Safran ou Stelia et être un acteur de la consolidation », détaille Patrick Bernède. Le trio de dirigeants composé de ce dernier, de son binôme Stéphane Buffa (directeur de production) et du grand patron du groupe Ludovic Couillaud, a remis la barque sur la voie des investissements. Machine neuve de contrôle tridimensionnel, gestion automatisée des stocks et des en-cours, automatisation de la finition et du parachèvement des productions…


450 k€ d’investissement cette année malgré le contexte

Tous ces outils devraient permettre à la PME villeneuvoise d’être encore plus pointue et compétitive en vue de décrocher les prochains marchés. Une démarche courageuse dans le contexte actuel qui vaut d’ailleurs à MGA d’être lauréate du Fonds de modernisation de l’industrie aéronautique. L’enveloppe globale de 450 000 € sera largement subventionnée par l’Etat (à hauteur de 350 000 €). Un second dossier a été déposé en décembre dernier pour intégrer le programme régional « Usine du futur ». Le potentiel soutien financier à la clé permettrait d’acquérir une imprimante 3D de haut niveau pour faciliter le prototypage thermoplastique.

Les usineurs villeneuvois ne baissent pas les bras, ou plutôt les ailes. Soucieux de retrouver leur dynamique d’avant-crise, ils misent sur l’avenir.


Le savoir-faire MGA

Spécialisée dans l’usinage de pièces mécaniques de précision et de sous-ensembles pour l’aéronautique, l’entreprise villeneuvoise MGA fabrique des éléments aux usages très divers : ventilation, carter de manette de gaz, tablette repas pour la business-class, nacelle d’inversion de poussée… Pour ce faire, la PME manipule l’acier, l’alu, l’inox ou encore le titane avec une précision au micron.


32 vues0 commentaire