Marine Constant, à l’action pour un monde meilleur

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Dix ans. C’est la durée de validité d’un passeport. Marine Constant, elle, doit le renouveler bien plus fréquemment. Les pages supplémentaires de son titre « grand voyageur » ne suffisent même pas à contenir tous ses visas... « Au cours de la dernière décennie, j’ai dû aller dans une soixantaine de pays différents », tente-t-elle de compter dans sa tête. Globetrotteuse dans l’âme, Marine sillonne le monde pour tenter de le rendre meilleur, d’abord dans des ONG puis dans des organisations internationales jusqu’à intégrer cette année une branche de l’Onu.

Sa fibre voyageuse s’est manifestée très tôt. « Après mon bac ES au lycée Georges-Leygues, je suis partie en fac de droit à Bordeaux. La première année fut compliquée car je détestais tout ce qui était droit de la famille ou des contrats. J’ai donc décidé de me spécialiser dans le droit public international mais pour ça, je tenais à bien maîtriser l’anglais (ndlr, ce qui deviendra sa langue quotidienne dans le travail). Alors je suis partie toute seule aux Etats-Unis comme fille au pair, à 19 ans, pendant plusieurs mois. » La suite fut de la même trempe, avec un séjour Erasmus en Lituanie puis un stage pour valider son master... au Népal.

Là-bas, au pied de l’Himalaya, elle a trouvé sa véritable passion : reconstruire un pays après un conflit, réunir les différentes parties autour d’une même table, agir contre la torture et la traite des êtres humains... « Des sujets lourds mais passionnants ! » Dans la foulée de cette expérience, la jeune Villeneuvoise est partie au Myanmar (ex-Birmanie) pour participer à son tout premier processus électoral démocratique. « J’y suis allé avec le CV dans le sac à dos, sans même être sûre d’avoir un job sur place. » Un culot qui lui a finalement permis de trouver de bonnes places dans des ONG internationales avec son compagnon Thibault. Sa mission : former des observateurs nationaux sur le droit de leur pays. « Notre valeur ajoutée est notre bagage universitaire permettant de comparer les constitutions. Le but étant que ces gens-là puissent après faire évoluer les choses. »


« Il faut être

un peu utopiste »

Toujours aussi insaisissable, Marine est ensuite revenue sur le Vieux Continent, dans la capitale polonaise Varsovie exactement, pour intégrer l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). « Là, j’ai travaillé avec les défenseurs des droits de différents pays afin de leur donner une méthodologie pour observer et documenter les violations des droits humains dans l’accès à la justice, la participation politique, etc. Cela concernait surtout l’Asie centrale, le Caucase du Sud et les Balkans. » De cette expérience, elle ramène quelques histoires inavouables, faites par exemple de surveillance très appuyée dans des régimes dictatoriaux. « Je ne me suis jamais sentie en danger, mais ce n’était pas forcément le cas pour certaines personnes avec lesquelles je pouvais travailler sur le terrain », confie-t-elle.

Plus récemment, la jeune Villeneuvoise s’est installée aux Pays-Bas, dans la station balnéaire de La Haye, pour travailler sur la destruction des armes chimiques au sein d’une branche de l’Onu : l’OIAC.

« Ce que j’aime dans cette vie, c’est que l’on est en permanence dans l’apprentissage d’un nouveau contexte, d’une nouvelle culture. Je pense d’ailleurs que j’ai plus appris que je n’ai transmis. Bien sûr, c’est extrêmement frustrant de voir tous ces peuples se battant pour leurs droits partout dans le monde, souvent sans la moindre médiatisation. Et on se sent parfois inutiles dans nos missions face au poids de l’économie mondiale. Mais face à ces situations, il est difficile de ne rien faire, il faut essayer. J’ai envie de croire que chaque petite goutte peut s’avérer efficace. Oui, il faut être un peu utopiste », dit-elle avec le sourire qui ne la quitte jamais.

Et toutes ces pérégrinations lui font relativiser beaucoup de choses. « Dès que je rentre en France, j’ai toujours ce petit temps d’étonnement, de voir à quel point certaines choses de la vie courante sont faciles et accessibles. J’aime beaucoup notre pays au point de me demander régulièrement pourquoi je n’y vis pas (rires) ! »

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