Lot-et-garonne // Face à la crise, Z’Animoland adapte son avenir

Le parc animalier entre Villeneuve et Agen a été très durement impacté par le confinement.

Les gérants Isabelle et Jérôme Maurette révèlent ainsi leur stratégie pour faire face.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Isabelle Maurette explique que la saison va se concentrer autour des périodes de fortes affluences.


Si les recettes d’un parc animalier sont saisonnières, les dépenses, elles, sont quotidiennes sans la moindre exception. Nos amis les bêtes ont besoin d’être chouchoutées chaque jour de l’année, imposant ainsi aux structures qui les abritent de lourdes contraintes. Une tâche dont on s’acquitte souvent par passion, à l’image d’Isabelle et Jérôme Maurette du côté de Z’Animoland à La Croix Blanche. Mais ne vivant pas d’amour ni d’eau fraîche, les patrons ont besoin que la période d’ouverture au public s’avère fructueuse. Avec le confinement, la situation économique de l’entreprise a pris un sérieux coup. « Il faut savoir qu’avril, avec les vacances de Pâques, est l’un des trois plus gros mois de l’année pour nous. Au final, en ce printemps, on a déjà perdu 30% de notre chiffre d’affaires. On a été contraints de mettre les trois employés au chômage partiel », explique Isabelle Maurette. En septembre, les gérants savent aussi qu’ils devront se séparer de tout le monde pour compenser les pertes. « C’est malheureusement la seule solution... »


Nouvelles réflexions stratégiques


Au-delà de la seule saison 2020, ces quelques mois à blanc remettent en cause plusieurs années de travail au cours desquels les époux Maurette ont procédé à de nombreux investissements pour transformer le site en véritable parc d’attractions familial avec les grottes de Fontirou, des activités à sensations fortes et le rachat d’un château pour y réaliser des spectacles. « On va être obligés de la jouer petit bras, de se réorganiser un peu et reporter certains projets », indique Jérôme Maurette. La fauconnerie, par exemple, ne sera pas au programme de cette année et probablement pas de la suivante non plus. En revanche, la création d’hébergements insolites s’impose comme une priorité. « Nous allons essayer de construire quatre ou cinq lodges cet hiver et de transformer le château en gîte. C’est non seulement un moyen de rentabiliser ce qu’on a acheté mais aussi un pas en avant vers une forme de tourisme qui plaît. »


30% du chiffre d’affaires annuel perdu avec le confinement

Les tyroliennes et descentes en trottinettes seront maintenues mais sous une forme différente. Au lieu de constituer une activité à part, cela rentrera dans un pack Z’Animoland et les clients seront amenés en groupe par navette afin d’éviter la mobilisation d’un salarié en permanence sur place.

Quant aux animaux, Isabelle Maurette a augmenté ses certificats de capacité afin d’accueillir de nouvelles espèces « que les gens n’ont pas l’habitude de voir » même si certaines nouveautés annoncées l’an passé ne verront pas le jour. En revanche, les époux Maurette prévoient une évolution importante de philosophie pour les années à venir : « On veut tendre vers encore de plus de liberté pour les animaux et supprimer les enclos au maximum. Les visiteurs se déplaceraient ainsi via des passerelles et des ponts au dessus des espaces réservés aux bêtes. »


Concentrer la saison


« D’une manière générale, on va se recentrer sur ce que l’on sait faire et sur les moments où il y a du monde. On va laisser de côté les périodes moins rentables comme l’arrière saison pour mettre le paquet sur juillet-août. On va par exemple faire tourner la restauration (avec une carte type Burger’s Park) le midi et le soir et ouvrir jusqu’à 21h », détaille Jérôme Maurette. Il faut maintenant espérer que l’été à venir soit plus profitable que le caniculaire millésime 2019.


On veut tendre vers encore plus de liberté pour les animaux et supprimer les enclos au maximum.
Isabelle et Jérôme Maurette, gérants de Z’Animoland


Un vrai « coup de gueule » contre l’administration //

Malgré la possibilité de rouvrir depuis le début du mois, les gérants de Z’Animoland ont décidé d’attendre la prochaine phase du déconfinement, c’est-à-dire le 22 juin. « On espère bénéficier de règles sanitaires plus souples. Parce que là, c’est quasiment intenable. L’administration cherche à se couvrir en poussant le principe de précaution à l’extrême. On sera de toute façon responsables à la fin, donc pourquoi nous imposer tout ce cirque ? », déplore un Jérôme Maurette qui était déjà très remonté bien avant la crise, aussi bien du côté parc animalier que des restaurants Burger’s Park. Le dernier en date, entre Villeneuve et Sainte-Livrade à la place de l’ancien bowling, doit se contenter d’une activité drive car il n’est pas encore autorisé à accueillir du public. « Que ce soit avec les commissions de sécurité ou les services en charge de l’accessibilité PMR, cela va trop loin, poursuit-il. Lorsque l’on rencontre les préfets et sous-préfèts, ils tiennent le même discours que les élus, à savoir le souci de nous aider à nous développer. Ils nous disent qu’ils seront là en cas de problème. Mais derrière, les services font tout pour nous mettre des bâtons dans les roues, parfois pour des broutilles, en dépit de toute forme de bon sens. Ça finit par être très décourageant pour les entrepreneurs. Il y a des moments où l’on a très sérieusement envie de jeter l’éponge. Un jour, c’est ce qu’il va se passer. On est certes aidés en période de crise avec le chômage partiel, qui protège d’ailleurs surtout les salariés, ou le prêt garanti par l’Etat mais ça ne justifie pas tout. On renonce parfois à certaines subventions car la lourdeur des dossiers et les contraintes imposées ne valent pas le coup. C’est invraisemblable. Il y a un vrai ras-le-bol. La loi est mal faite en de nombreux points. Il est urgent que les choses évoluent. Il en va du dynamisme économique du territoire et de l’emploi. »



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