Les pompiers cherchent des volontaires

Le Service départemental d’incendie et de secours ainsi que le CD47 appellent la population à s’engager dans le corps des pompiers après une année marquée par une baisse des recrutements.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le colonel Jean-Luc Queya (patron du SDIS 47) et Sophie Borderie (présidente du Département) appellent à l’engagement de nouveaux volontaires.


Comme leurs autres collègues en « première ligne », les pompiers ont été applaudis tous les soirs à 20h pendant des semaines pour avoir transporté des patients en détresse jusque dans les hôpitaux. Mais cette reconnaissance n’a pas pour autant créé des vocations. Ce serait plutôt le contraire. Pour la première fois depuis des années, le solde entre les arrivées et les départs de pompiers volontaires est négatif. Ce déficit de recrutements national mais aussi local est pris très au sérieux par le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 47) ainsi que le Conseil départemental, son organisme de tutelle. Une campagne de communication et de promotion a ainsi démarré.

Son enjeu est de convaincre la population de l’importance d’avoir des troupes en nombre suffisant sur tout le territoire afin de conserver un maillage dense et par extension une meilleure réponse opérationnelle. En Lot-et-Garonne, on recense actuellement 220 sapeurs-pompiers professionnels pour 1265 volontaires. Ensemble, ils assurent environ 65 interventions par jour avec un délai moyen d’arrivée sur les lieux d’environ 10 minutes. Sur les 44 casernes du département, 36 sont portées exclusivement par des volontaires. S’ils ne sont plus assez nombreux, les conséquences seraient désastreuses sur le terrain. « La durée moyenne d’engagement est de 10 ans, souligne le colonel Jean-Luc Queyla. Un rapide calcul permet de comprendre qu’il faut au moins 120 recrutements annuels pour simplement maintenir les effectifs. Comme nous souhaitons les augmenter, il faut embrayer sur un rythme plus soutenu qu’auparavant. » La création de six sections jeunes (bientôt huit) apportera un nouveau vivier. Il faudra cependant puiser ailleurs.


La réalité de la mission

Engagez-vous, rengagez-vous qu’ils disaient... Mais avant de franchir le pas, encore faut-il connaître la réalité de la mission. Etre volontaire, c’est se rendre disponible au moins 900 heures par an. « Cela permet de rester compétent pour les différentes missions qui vont du massage cardiaque à l’extinction d’un incendie en passant par la coupe d’un arbre, etc. » Comme son nom l’indique, le statut de volontaire n’amène pas de salaire, seulement des indemnités à hauteur de 7 Ä pour un sapeur et 10Ä pour un officier. Celles-ci n’ouvrent pas de droits à la retraite par exemple. La « rémunération » médiane en 2019 était légèrement supérieure à 2000 Ä par an. « L’engagement n’est pas à but lucratif », rappelle le colonel Queyla. Il faut ainsi avoir un travail (ou des études) à côté. Concilier son activité professionnelle, sa vie de famille et le volontariat peut paraître insurmontable aux yeux de certains. C’est pourquoi le SDIS 47 donne la parole à plusieurs de ses membres qui ont osé franchir le cap. Nicolas (restaurateur) ou Olivia, (infirmière de nuit) ont trouvé avec l’uniforme une bonne dose d’adrénaline, d’action et de dépassement ainsi que « l’ambiance pompier ».

Tous les profils existent chez les volontaires. Il faut dire que les seuls critères requis sont d’avoir entre 16 et 60 ans, un casier judiciaire vierge et de se soustraire à une visite médicale ainsi que quelques épreuves sportives. « Tous les citoyens ou presque peuvent l’être », assure Jean-Luc Queyla. Une formation initiale de 160 heures vient ensuite parfaire les connaissances à posséder.

Les entreprises ont également tout intérêt à avoir des pompiers-volontaires dans leurs équipes. « En plus d’avoir des salariés compétents et dotés de valeurs, il est possible d’avoir des ristournes fiscales pour le temps passé en intervention. C’est gagnant-gagnant », avance le directeur du SDIS.

Passés de soldats du feu à « soldats de la vie » par la nature de leurs interventions (80% de secours pour 10% d’incendie aujourd’hui), les pompiers ont plus que jamais besoin d’un coup de main.



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