Les maisons partagées pour favoriser le bien vieillir en communauté

Le concept des maisons partagées commence à se développer sur le territoire. Parfaite alternative entre le maintien à domicile et les Ehpad, ces colocations pour personnes âgées viennent répondre à une demande de plus en plus présente. L’infirmière Karine Deveaux l’a bien compris. Elle a récemment ouvert les portes de « La maison de Karine » implantée à Monbalen.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Les résidents (dont un invité) et les deux maîtresses de maison partagent des moments conviviaux autour des repas


La colocation n’a pas d’âge ! Preuve en est, les maisons partagées font leur apparition petit à petit sur le territoire pour répondre à l’habitat inclusif. C’est la loi Elan portant notamment sur le logement, qui a réformé le droit immobilier et abordé cette notion il y a un an. L’objectif : proposer une nouvelle forme d’accueil des personnes âgées, en créant un lieu de vie alternatif entre le domicile et les Ehpad. Karine Deveaux, infirmière libérale qui possède sa patientèle sur Bajamont, avait le projet de monter une structure de ce type depuis plus de deux ans. Partie du constat sur le terrain qu’il y avait une demande dans le département, elle a finalement décidé de se lancer après avoir trouvé l’endroit idéal à Monbalen, une commune de mois de 500 habitants située à vingt minutes d’Agen. « Au départ je suis partie avec des critères tels que la proximité avec un cabinet médical et des commerces. Il fallait aussi que le lieu soit entièrement sécurisé », raconte l’infirmière. En visitant cette grande maison entourée d’un vaste parc arboré de 7 000 m2, située en milieu rural, c’est le coup de cœur.


L’idée est de recréer un véritable « chez soi » tout en bénéficiant d’une aide quotidienne Karine, propriétaire de la maison partagée de Monbalen

Tous les critères sont réunis et l’endroit colle parfaitement au projet. Les petits plus, la propriété possède un terrain de pétanque, un poulailler et un potager. C’est le début de l’aventure pour « La maison de Karine ». Beaucoup de travaux ont été réalisés par son conjoint, Christophe Cerqueira et quatre chambres sont d’ores et déjà opérationnelles avec chacune une salle de bain attenante. Pour les parties communes, une grande pièce de vie, une cuisine et une vaste terrasse ombragée sont prêtes à accueillir les premiers locataires. La propriétaire du lieu travaille avec le réseau gérontologique pour faire connaître sa structure, et le bouche à oreille a aussi déjà fait son travail. La résidence peut aussi bien recevoir des personnes seules que des couples et même les animaux de compagnie. « L’idée est de recréer un véritable « chez soi » tout en bénéficiant d’une aide quotidienne » appuie Karine. Seul critère : être autonome ou semi-autonome.


Assurer l’autonomie et l’aide quotidiennement

Deux gouvernantes se relaient pour assurer le bien vivre ensemble. Nelly est là à plein temps, débauchée par Karine de son ancien métier. « J’occupais le même poste dans un établissement pour polyhandicapés, c’est là que j’ai rencontré Karine. Elle m’a parlé de son projet qui m’a beaucoup plu et m’a assuré que nos chemins allaient se recroiser. Quand elle s’est enfin lancée, elle m’a directement recontactée et j’ai démissionné pour venir ici », raconte-t-elle. Elle est accompagnée de Céline, qui intervient à mi-temps pour assurer la présence continuelle d’une aide pour les résidents. Ces-derniers sont libres de rythmer leurs journées comme bon leur semble. Mais pour les locataires déjà présents, c’est la compagnie qui est primordiale. Françoise a été la première a intégrer la maison partagée. Elle a entendu parler du concept à la radio locale et n’a pas traîné pour se positionner. Puis il y a Jean et Pierre, tous deux en séjour d’adaptation et qui devraient s’installer prochainement. Le premier a également connu la structure par le biais de la radio. « Ici, je me suis tout de suite senti bien. L’endroit est paisible et les personnes qui nous entourent sont bienveillantes et agréables. Je suis blagueur, je ris, je suis heureux à nouveau ! » Quant à Pierre, ce dernier est depuis deux mois en maison de retraite à Sainte-Livrade, mais ce style de vie ne lui convient pas du tout. « Ce n’est pas pour moi, je suis trop autonome et pas heureux dans une structure de ce type », raconte-t-il. C’est un couple de Villeneuve-sut-Lot qui lui a donné les coordonnées de Karine, et ça a tout de suite matché puisque l’offre correspond parfaitement à son profil. Chaque jour, des activités sont élaborées par les résidents avec les maîtresses de maison.


1450 € pour une chambre individuelle au sein de cette maison partagée, avec tous les services compris (cuisine, linge, ménage, activités, etc.)

Au programme : cuisine, coiffure, ateliers manuels ou encore des sorties au marché avec le mini bus mis à disposition. « Nous avons aussi signé un partenariat avec l’association Amassat pour leur proposer des animations. Des échanges intergénérationnels devraient également avoir lieu avec l’accueil de loisirs situé à quelques mètres », ajoute Karine. L’arrivée des premiers locataires ne fait que la conforter dans son choix d’implanter une maison partagée sur ce secteur. Autour du déjeuner, l’ambiance est joviale est rieuse. Tout le monde a rapidement fait connaissance. On parle de tout, cuisine, cinéma, musique... et de temps à autres un « qu’est-ce qu’on est bien ici » lancé par un résident laisse présager de belles heures à ce lieu novateur...


De nouvelles chambres en travaux

Au rez-de-jardin, l’aménagement continue pour proposer trois chambres supplémentaires, une deuxième pièce de vie, une salle dédiée aux animations de 40m2 et un bureau pour recevoir les professionnels de santé et les familles. L’écologie est un critère important pour la gérante Karine Deveaux, c’est pourquoi des panneaux solaires vont prochainement être installés pour assurer une autonomie dans la consommation énergétique.



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