Les artificiers reprennent du service

Après deux années blanches pour le secteur de la pyrotechnie, la saison 2021 marque le retour des festivités et des feux d’artifice qui les accompagnent. Bugat Pyrothechnie a lancé les hostilités du côté de Castelculier samedi 10 juillet.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Gérard Montcouilloux (à gauche) et Frédéric Marcel, étaient aux commandes du feu d’artifice ce Castelculier ce samedi 10 juillet, pour clôturer le marché gourmand.


Derrière la Halle des sports de Castelculier, sur le grand terrain vert, c’est tout un ballet qui commence à l’abri des regards. Plusieurs rangées de cartons bien garnis sont installées méthodiquement, deux enceintes ont pris place, et on commence les tests de son. Ce soir, c’est le marché gourmand qui se tient au village, et il se terminera en apothéose avec un feu d’artifice. Aux commandes, on retrouve Bugat Pyrotechnie, une entreprise spécialisée dans le domaine depuis 1886, reprise il y cinq ans par Denis Lagrange. Implantée du côté de Villeneuve-sur-Lot, elle rayonne sur toute la France grâce à une longévité qui lui confère une belle réputation auprès des municipalités comme des privés, capable de s’adapter à tout type d’évènement. Mais ce samedi 10 juillet a une saveur particulière, puisque l’activité se relance après un an et demi d’annulations en série, et la pente est difficile à remonter. Gérard Moncouilloux et Frédéric Marcel s’occupent de préparer le grand final de cette soirée, pour en mettre plein les yeux aux centaines de personnes présentes. Dès le début d’après-midi, ils commencent à déployer le matériel pour une mise en place qui demande une grande concentration. Tous deux passionnés de pyrotechnie, ils occupent une partie de leur temps libre avec la réalisation de feux d’artifice. « Pour ma part, j’ai intégré l’entreprise il y a 16 ans. Aujourd’hui, je suis retraité, mais à l’époque je travaillais aux services techniques de La Candélie et je conciliais les deux activités », raconte Gérard. « De mon côté, j’ai une activité d’électricien en parallèle », ajoute son collègue Frédéric. Sur une saison ‘normale’, de juin à septembre, la structure assure environ 250 feux. Mais cette année, seulement 50 sont prévus, avec une activité concentrée sur les deux mois d’été principalement.


Une chorégraphie millimétrée

L’installation des 44 lignes n’a pas de quoi effrayer les deux collègues, qui ont rapidement repris leurs marques après une longue période d’arrêt. Au total, il leur faudra 4 à 5 heures pour placer la totalité des ‘bombes’ de différents calibres et autres fusées dans les mortiers, et les relier aux valises de commande d’où les tirs seront activés. Tout est préparé au sein du site villeneuvois de 8 hectares, classé Seveso et sécurisé en raison de la dangerosité de certains produits. « Les technologies évoluent très vite. A l’époque, quand je suivais mon père qui était lui aussi pyrotechnicien, tout se tirait à la main. Aujourd’hui, nous avons du matériel de pointe qui nous permet de tout activer à distance », explique l’ancien infirmier. Chaque feu est personnalisé selon les demandes des clients. « Ici par exemple, la mairie nous a fourni la bande son et nous a demandé du bleu, blanc et rouge au début. Tout a été pensé pour coller à la musique, et grâce à une fiche technique détaillée, nous savons exactement où nous devons placer telle fusée et à quel moment elle doit partir. » Toutes les deux à trois secondes, un départ est donné. Gérard et Frédéric auront les yeux rivés au sol pendant tout le spectacle, afin de s’assurer que le plan se déroule sans accroc. « La seule inquiétude pour nous, c’est le vent, qui peut nous empêcher au dernier moment de tirer. » Mais pas de panique ce soir-là, avec une météo des plus calmes, idéale pour assurer le show. 23 heures, pas une minute de plus, la première fusée détonne dans le ciel dégagé. S’en suit une chorégraphie parfaitement exécutée d’une dizaine de minutes, et une belle ovation à la fin du bouquet final. « Les gens étaient contents, ils avaient le sourire donc nous sommes ravis !», se réjouit Gérard. Et les félicitations du maire viennent confirmer le joli travail exécuté. Prochains rendez-vous et non des moindres pour Bugat Pyrotechnie : Villeneuve et Saint-Sylvestre-sur-Lot pour le traditionnel feu d’artifice du 14 juillet.


Le feu a été tiré à 23 heures, et les habitants en ont pris plein les yeux durant une dizaine de minutes

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