Les anti-LGV continuent leur combat pour faire abandonner le projet

Depuis plus de dix ans, l’association ‘Très grande vigilance en Albret’ se bat pour contester la création d’une LGV entre Bordeaux et Toulouse. Ils dénoncent des chiffres « pipés » pour faire accepter le projet.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Catherine Aime, Charles D’Huyvetter et Jacques Dousset, représentants de l’association TGV en Albret, ont fait le point sur l’avancée du projet de la LGV Bordeaux-Toulouse, qu’ils souhaitent voir abandonné


Il y a 15 ans, lors d’un débat public, le Réseau ferré de France (RFF) prévoyait la mise en service de la LGV Bordeaux-Toulouse… au plus tard en 2021. Un projet contesté par l’association ‘Très grande vigilance en Albret’, membre de la Coordination 47, qui a vu le jour il y a plus de dix ans pour faire connaître ses revendications. Celle-ci défend une « solution alternative raisonnable » pour la ligne existante entre les deux métropoles, et demande l’abandon du projet de construction d’une nouvelle LGV. Vendredi 5 mars, quelques membres du bureau s’étaient réunis devant la gare d’Agen pour faire le point sur ce dossier épineux, toujours à l’arrêt mais pas abandonné pour autant. Dans un courrier adressé à des élus locaux mais aussi nationaux, le collectif réfute les arguments avancés pour justifier la construction d’une nouvelle ligne. « Si le gouvernement a précisé la nécessité absolue de ce projet, force est de constater qu’avec le recul, on mesure l’écart entre les prévisions datant de 2005 et la réalité d’aujourd’hui », affirme Charles D’Huyvetter, président de l’association. Si la gare d’Agen a accueilli 1,2 million de passagers en 2003, Réseau ferré de France en prévoyait le double en 2019. « Finalement, le trafic réel n’a pas progressé, les chiffre sont formels (ndlr, 1,2M de passages en 2019) ! RFF a donc largement surestimé le trafic. Il n’y a pas à ce jour de saturation sur les lignes existantes contrairement à ce qui a été annoncé. Ce sont ces chiffres mensongers que nous dénonçons depuis tout ce temps. »


Réhabiliter la ligne existante, leur

cheval de bataille

En septembre dernier, le gouvernement lançait le plan « France relance », qui prévoit notamment d’accélérer les travaux de modernisation des infrastructures de transport. « Malgré cela, 28 millions vont une nouvelle fois être accordés par l’Etat pour le ‘Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest’ (GPSO) afin de poursuivre les études », peut-on lire dans le courrier. Pour rappel, sa réalisation nécessiterait en tout et pour tout 13 milliards d’euros. Le collectif anti-LGV regrette qu’une telle somme soit affectée à un projet non-essentiel à ce jour. « Ce que nous demandons à nouveau, c’est la réhabilitation et la modernisation de la ligne existante, bien plus essentielle et qui coûterait surtout quatre à cinq fois moins cher », souligne Catherine Aime, vice-présidente de l’association. Autre argument avancé par le collectif : l’impact social et financier pour les habitants qui résident sur le tronçon validé par la déclaration d’utilité publique (DUP). « Une quarantaine de propriétaires sont concernés, certains voient leur bien perdre une valeur considérable, d’autres craignent de se retrouver sans rien… », déplorent-ils. Un aspect qu’ils défendent au quotidien dans leur combat.


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