Les ados à la découverte du sens de l’engagement

Après une première mouture expérimentale en 2019, le service national universel s’est généralisé sur le territoire avec une session lot-et-garonnaise qui s’est tenue du 21 juin au 2 juillet du côté de Villeneuve.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Parés de leur uniforme, les jeunes âgés de 15 à 17 ans ont participé à de multiples activités collectives sur le territoire départemental pendant deux semaines.



Pour la directrice de ce centre éphémère, Ghislaine Claudel-Dourneau, « ce n’est pas un camp militaire, ni l’école, ni une colonie de vacances ». Mais peut-être un peu des trois. Deux ans après sa création, le service national universel (SNU) s’est généralisé partout en France et a connu sa version lot-et-garonnaise, basée dans les locaux du lycée professionnel Louis-Couffignal de Villeneuve-sur-Lot. Ce dispositif gouvernemental est, selon le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, « la dernière étape de formation des élèves avant l’acquisition de leurs pouvoirs civiques ». Du 21 juin au 2 juillet, près d’une centaine de jeunes (97 précisément), âgés de 15 à 17 ans et issus de quatre départements limitrophes, ont ainsi vécu « un séjour de cohésion » loin de leur lieu de résidence. Sur la base du volontariat, ils ont participé à différentes activités collectives tournant autour de différentes thématiques : sport, autonomie et mobilité, citoyenneté, culture et patrimoine, engagement, défense et sécurité ou encore développement durable.

Le séjour est très organisé, avec une répartition par « maisonnées » et des rituels quotidien comme « la levée des couleurs » tous les matins à 8h pétantes. Les téléphones sont proscrits le temps de la journée. La tenue est également règlementaire.


Engagez-vous, rengagez-vous qu’ils disaient

Un uniforme peut parfois en cacher un autre. Le SNU était justement l’occasion pour l’Etat de « vendre » certains de ses corps, avec des animations proposées par la police, la gendarmerie, les sapeurs-pompiers et même l’administration pénitentiaire. Certains ont par exemple découvert qu’ils pouvaient être pompiers volontaires dès 16 ans. « Même si je m’attendais à un stage un peu plus sportif, c’est hyper intéressant et ça nous sort de notre routine quotidienne. J’étais déjà intéressée par ces métiers de secours et de sécurité mais je n’en savais pas autant. Ça donne matière à réfléchir pour l’avenir », explique Léa*, en possible future recrue.

« Avec ce condensé de vie collective en 15 jours, l’objectif est de leur donner l’appétit de l’engagement sous ses différentes incarnations. Après ça, les jeunes sont appelés à remplir des missions d’intérêt général près de chez eux », indique le préfet Jean-Noël Chavanne. Un minimum de 84 heures est demandé dans l’année qui suit le séjour de cohésion, au sein d’établissements publics, associatifs, de santé, ou dans des entreprises solidaires.

Pour cette première en Lot-et-Garonne, les dirigeants déplorent un léger manque de mixité sociale, avec des profils plutôt orientés « familles CSP+ ». « C’est pourquoi nous avons encore beaucoup de travail pour améliorer la notoriété de ce dispositif », souligne Ghislaine Claudel-Dourneau.

A noter qu’en parallèle, 76 adolescents lot-et-garonnais ont pris le chemin d’un autre département pour suivre leur stage.

* Son prénom a été modifié à la demande de la préfecture.

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