Le Vieux Village fait peau neuve

La crise sanitaire n’empêche pas les entrepreneurs de se lancer dans la restauration, la preuve avec Christophe D’Auria qui a racheté le Vieux Village à Estillac.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Christophe D’Auria (à droite) a repris cet établissement emblématique et s’est adjoint les services d’un chef réputé en la personne de Gérard Cavaillé.


Depuis la D931 qui longe l’Agropole et l’échangeur autoroutier, la vieille bicoque en pierre se distingue des grands bâtiments industriels et tertiaires. Si le charme opère dès l’extérieur, le véritable trésor se dissimule à l’intérieur. A l’abri de l’intense trafic routier, entre ces murs, la ruelle d’un bourg a été reconstituée jusque dans les moindres détails, avec ses façades à colombages, ses balcons, ses avant-toits végétalisés... Le Vieux Village ne pouvait pas mieux porter son nom. C’est dans ce décor quasi cinématographique que les clients sont invités à se mettre à table, à l’abri d’une grande verrière. Un restaurant au cachet certain en plein cœur d’une des zones d’activité les plus bouillonnantes du département, c’est ce qui a séduit Christophe D’Auria. Cet ex-banquier et assureur, à cheval entre le Gers voisin et sa cité agenaise de cœur, a trouvé avec cet établissement l’écrin parfait pour entamer sa nouvelle carrière. « J’avais besoin de changement. Dans l’assurance, quand le téléphone sonne, c’est souvent à cause d’un problème. Là, j’avais envie de faire plaisir aux gens », explique l’entrepreneur qui file tranquillement vers son cinquantième printemps.

Ce virage professionnel radical vers un métier aussi difficile que passionnant n’est cependant pas une décision prise sur un coup de tête. « C’est un pari étudié ! Je crois énormément au potentiel du lieu et je suis épaulé par une équipe solide. » En plus des trois serveuses déjà en place sous l’ancienne gérance, Christophe s’est adjoint les services d’un chef très expérimenté en la personne de Gérard Cavaillé. Ce cuisinier officiait auparavant à la Grande Brasserie de la gare. Il amène par ailleurs avec lui un membre de son ancienne brigade.

Une cantine pour l’Agropole

Après quelques travaux pour rafraîchir l’espace bar et rééquiper la cuisine, ce petit groupe est prêt pour se lancer dans l’aventure. Le concept repose sur une carte très typée brasserie : de belles pièces de boucher, un peu de poisson, des burgers, des salades généreuses, quelques tapas et planches apéritives ainsi que des desserts très efficaces… Christophe mise moins sur l’originalité que sur le goût. « On ne va proposer que des produits frais et cuisinés sur place, prévient-il. On va se limiter à une dizaine de plats à la carte pour tenir cette promesse de qualité et assurer un service rapide pour les actifs. » Le Vieux Village sera ouvert uniquement le midi en semaine. Le patron l’imagine déjà comme la cantine de référence pour les nombreux employés de l’Agropole. Avec une centaine de couverts/jour avant la fermeture à l’automne dernier, la base de fidèles est déjà très solide. Pour compléter l’offre, des petits-déjeuners seront proposés le matin et le bar sera ouvert jusqu’à 20h le soir. Pour l’été, quelques soirées à thèmes devraient être organisées.


Montée en puissance

avec le drive

A cause de l’épidémie et des restrictions du gouvernement, il faudra attendre encore un peu pour accueillir les premiers convives. Résolument optimiste, Christophe prend son mal en patience et essaie de voir le bon côté des choses. « Maintenant qu’on est en place, on démarre doucement avec de la vente à emporter. On a commencé ce lundi 4 janvier et on a tout de suite eu de nombreuses demandes. Ça nous donne de l’espoir pour la suite. On va monter en puissance progressivement jusqu’au retour à la vie normale. Et je suis persuadé que les gens joueront le jeu. Je constate à quel point les restaurants me manquent. Je ne dois pas être le seul… »


Renseignements //

Le Vieux Village

Lieu-dit Mestre-Marty

à Estillac

05 53 67 62 61


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