Le Théâtre Ecole d’Aquitaine veut y croire

Après la perte de l’accréditation de son diplôme, le Théâtre Ecole d’Aquitaine -Théâtre du Jour continue de se battre pour revendiquer son enseignement. Les étudiants ont aussi organisé une action à Bordeaux pour tenter de sauver leur école.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Les étudiants du TEA ont manifesté à Bordeaux, notamment devant le Conseil régional pour faire entendre leur voix.


Le Théatre Ecole d'Aquitaine -

Théatre du Jour en chiffres //


26 promotions


460 élèves formés


6500 représentations


En décembre dernier, Le Théâtre Ecole d’Aquitaine (TEA) - Théâtre du Jour annonçait via un communiqué être menacé de fermeture à la fin de l’année universitaire. En cause, la perte d’accréditation de son Diplôme national supérieur professionnel de comédien (DNSPC) sur décision du ministère de la Culture suite à une inspection. L’école supérieure d’art dramatique estime « ne pas avoir été inspectée valablement, puisqu’aucun cours, aucune répétition, aucune mise en situation professionnelle n’a été observée par les inspecteurs ». De ce fait, la direction affirme que « le non-renouvellement de l’accréditation s’est appuyé sur un avis biaisé et loin des réalités de terrain ». Le TEA a directement répondu, et entamé une bataille judiciaire contre le ministère de la Culture. « On le dit haut et fort, notre accréditation nous a été volée. Si nous l’avions perdue pour des critères valables, nous l’aurions accepté, mais ce n’est pas le cas. Sur les 48h d’inspection habituelles, nous avons eu cinq minutes de visite ! », déplore Olivier Dumas, directeur des études. Effet boule de neige, la question du financement est rapidement arrivée sur la table. La direction a toqué à la porte des financeurs habituels. Résultat, seules la Ville d’Agen et l’Agglomération ont assuré maintenir leurs subventions, tandis que les autres organismes ont préféré se murer dans le silence. Depuis, les choses ont bougé. Les élèves du théâtre ont décidé d’agir de concert, pour essayer de toucher les institutions impliquées. Des plages de leur emploi du temps ont d’ailleurs été libérées, pour que ceux qui le souhaitent puissent réfléchir à des actions afin de défendre leur cause.


Un spectacle

improvisé remarqué à Bordeaux

En point d’orgue, les étudiants se sont rendus à Bordeaux le 9 février. Ils ont pu rencontrer des membres du Conseil régional ou encore la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), qui en réponse à la perte d’accréditation, a tronqué de près de 40% ses subventions, s’élevant à 60 000 euros quelques années en arrière. « Nous avons organisé des actions politiques et artistiques bienveillantes pour leur montrer qu’on ne laisserait pas cet endroit mourir. Ils ont pu mettre des visages sur les élèves du TEA, ça a été plutôt positif. Devant le siège de la Drac, nous avons joué un petit spectacle et certains sont sortis des bureaux pour discuter avec nous. Ils ont été touchés par notre mobilisation, ce qui a remis le dossier sur le haut de la pile. Au Conseil régional, nous avons été reçus par un élu à la culture, qui nous a fait comprendre qu’ils étaient derrière nous... Mais ils dépendent, comme nous, de décisions prises au dessus », raconte Azénor, étudiante en troisième année. Malgré tout, ils pourront défendre leur cause, c’est du moins ce qu’espèrent les élèves comme la direction.


Sauver un enseignement

bien singulier

Avec un enseignement déjà mis à mal par la crise sanitaire et les confinements, la possible fermeture de cette école devenue incontournable sur le territoire agenais est donc un véritable coup de massue. Du côté de la direction, de nouvelles discussions sont engagées suite à l’action des étudiants. « On essaye de trouver un terrain d’entente, pour structurer davantage le projet et coller aux attentes, sans pour autant dénaturer le cursus », affirme le directeur. « Si nous avons choisi cette formation, c’est pour la singularité de sa pédagogie, qui repose sur l’apprentissage aux multiples métiers liés au spectacle vivant, et l’expérimentation en plateau qui n’est plus possible depuis la fermeture des lieux culturels, affirme Azénor. Pour moi qui suis en dernière année par exemple, je m’inquiète surtout de savoir si je vais trouver du travail. Mais il faut penser à celles et ceux qui viennent d’intégrer la formation, et qui vont devoir trouver un plan de secours rapidement. » Malgré un référé perdu, la direction continue de mener le combat au tribunal et devant le Conseil d’Etat. Olivier Dumas est clair : « Ce qui nous importe c’est de remporter ce procès sur le fond, pour prouver que l’on s’est fait avoir par cette décision injustifiée ».


Renseignements //

Les étudiants du Théâtre Ecole d’Aquitaine ont lancé une pétition en ligne pour

sauver leur enseignement, qui a récolté plus de 1000 signatures en quelques jours. Informations : Facebook : @Les Etudiants du Théâtre Ecole d’Aquitaine.

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