Le SUA LG reprend son destin en main

Après la traumatisante saison dernière et des vacances plus que bienvenues, le Sporting a repris le chemin de l’entraînement. Le staff fait le point sur cette période cruciale avant d’écrire un nouveau chapitre.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Au milieu des ateliers athlétiques, le staff introduit quelques principes généraux de rugby.


Ça y est, l’été peut enfin commencer. L’ersatz de mois juillet qui nous avait été servi jusque-là a enfin laissé sa place au soleil et à ses traditionnelles chaleurs caniculaires. Mais pendant que certains s’apprêtent à savourer des vacances bien méritées, d’autres retournent au turbin. C’est le cas des joueurs ainsi que du staff du Sporting Union Agenais. Le groupe a d’abord commencé par un « stage de cohésion », loin de tout, au fin fond des Landes chères au manager Régis Sonnes. « Ce moment s’est très bien passé, confie ce dernier. Je pense, du moins j’espère, que l’on a gagné du temps sur la connaissance des uns et des autres, sur le partage et tout ce qui fait le ciment d’une équipe. » Avec un effectif renouvelé à moitié et des « anciens » ayant besoin de passer à autre chose, ce stage était une nécessité.


Des hommes autant que des joueurs

« D’un côté, c’est un peu déstabilisant. Il y a beaucoup de choses à restructurer et à créer par manque de vécu tous ensemble. Cela prendra du temps, y compris pour le staff. D’un autre côté, avoir autant de recrues amène une fraîcheur et une motivation extrêmes. Même si elles savent ce que l’on a vécu la saison passée, elles arrivent dans un autre état d’esprit, plus positif et on attend énormément de ça. » Le duo Sonnes-Mirande, complété ensuite par David Ortiz, n’avait pas eu le luxe de composer son groupe en arrivant en cours de saison, ils ont cette fois pu choisir qui portera la tunique bleue et blanche cette année. Et le niveau intrinsèque n’était pas le seul critère de sélection. « On a attaché énormément d’importance à sélectionner des bons mecs, des garçons qui se donnent vraiment les moyens de maximiser leur potentiel mais aussi avec une bonne éducation, de l’honnêteté et le sens de l’engagement. Ce sont tous ces ingrédients et ces valeurs qui permettront au collectif de tenir sur la durée, de s’identifier à la ville et au territoire », analyse le manager général. Des hommes autant que des joueurs, c’est aussi ça, la méthode Régis Sonnes.


Un staff étoffé

Afin de mettre son nouvel homme fort dans les meilleures conditions, le club présidé par Jean-François Fonteneau a également consenti un gros effort pour étoffer en nombre l’encadrement. « Il n’y a pas que le terrain, l’environnement compte aussi beaucoup », souligne l’ancien du Stade Toulousain. Deux analystes vidéos au lieu d’un, trois personnes à la préparation physique, un coordinateur sportif en la personne de Jean-Baptiste Fourcade, des renforts médicaux... Le SUA rattrape une partie de son retard sur les grosses écuries professionnelles. « Il y a beaucoup de profils différents au sein du staff et ça nous rend très complémentaires. La plupart sont des jeunes qui veulent donner leur maximum. On n’est qu’au début de notre collaboration mais l’état d’esprit est excellent, tout le monde devrait trouver sa place et son rôle sans souci. »

Bon état de forme

L’orchestre constitué, reste à jouer la partition et elle commence « fortissimo ». Des consignes avaient été passées à l’ensemble des joueurs pour qu’ils abordent la reprise dans un certain état de forme. Les entraîneurs ont constaté, avec joie, que celles-ci avaient été, dans l’ensemble, respectées. « Tout le monde, hormis une exception, est revenu avec des standards plus qu’acceptables, voire mieux encore. On sent clairement une envie nouvelle qui transpire », avance Sylvain Mirande, en charge des lignes arrières. Question transpiration, les suavistes ont justement été servis. Dès le début de la semaine, ils ont été rudement sollicités avec une prépa physique pour le moins costaud. « On attaque rapidement pour gagner du temps. Et parce que le garçons sont en forme, on évite la surfatigue. C’est donc de la prévention et de la protection pour plus tard », explique Régis Sonnes.

En parallèle des ateliers purement athlétiques, les Agenais ont droit à « l’introduction de quelques principes généraux » du rugby qui sera pratiqué à Armandie. L’appropriation des systèmes viendra dans un second temps, en particulier lors du prochain stage dans le Cantal qui précèdera le premier match amical contre Aurillac le vendredi 6 août. Deux autres rencontres suivront, face au Stade Montois puis sur la pelouse de Soyaux-Angoulême avant la reprise du championnat.


Fin de l’expérimentation, place à la performance

Après une saison entière sans la moindre victoire, les attentes seront grandes et les principaux intéressés ne se cachent pas derrière leur petit doigt. « L’objectif, c’est de gagner le plus rapidement possible », assume Sylvain Mirande qui ne souhaite cependant pas tomber dans les effets d’annonce, au nom de l’humilité. Le SUA change donc de paradigme par rapport à la fin du précédent exercice. « Là où on n’hésitait pas à faire de l’expérimentation en vue du retour en Pro D2, on privilégie désormais la performance. Les meilleurs joueront, point. A niveau égal, un jeune jouera plus qu’un ancien mais seulement à cette condition », précise le manager général. Ceux qui bénéficient aujourd’hui d’un statut dans le vestiaire n’auront pas d’autre choix que de confirmer sur le carré vert.

L’ambition est là, les sourires aussi. La page semble définitivement tournée. Le SUA est prêt à retrouver son rang !


Sous les fortes chaleurs du début de semaine, les joueurs ont attaqué la préparation physique pied au plancher.



Prolongation //

Ibitoye-Ryan aux antipodes

L’ailier anglais Gabriel Ibitoye recruté à l’été 2020 devait être le nouveau Caucaunibuca et n’aura finalement été qu’une mauvaise blague. Flamboyant pour ses débuts, la petite pépite a ensuite tout fait pour abandonner le navire agenais, jusqu’à obtenir un prêt à Montpellier. Peu convaincant dans l’Hérault où il n’a joué que trois matchs, Ibitoye n’a pas été conservé et est revenu, penaud, à Agen. Il ne devrait cependant pas rejouer sous les couleurs suavistes.

Tout le contraire de Dave Ryan. Depuis son arrivée sur les bords de Garonne en 2015, le valeureux Irlandais fait l’unanimité et vient de prolonger pour une saison supplémentaire. Soucieux de participer à la « rédemption » d’Agen après le précédent exercice cauchemardesque, il montre une fois de plus son investissement et s’avèrera un atout plus que précieux en conquête si la santé reste bonne. Dave Ryan a déjà porté 133 fois la tunique bleue et blanche, ce qui fait de lui le second plus capé de l’effectif après l’inamovible Mathieu Lamoulie. Respect !



Le calendrier du début de saison //

Pour attaquer cette nouvelle saison, la Ligue a réservé une belle affiche avec deux formations qui évoluaient encore en Top 14 il y a peu. Agen se déplacera sur la pelouse de Jean-Dauger pour affronter les vieilles connaissances bayonnaises. Deux façon d’aborder cette affiche du point de vue des spectateurs. Les optimistes verront-là une excellente occasion de rentrer tout de suite dans le vif du sujet avec un adversaire redoutable. Et il est certain qu’une victoire contre l’Aviron mettrait les Agenais dans les meilleures dispositions. De l’autre côté, les plus pessimistes risquent de redouter cet affrontement contre une équipe qui a martyrisé le Sporting à deux reprises l’an passé (15-26 à Armandie puis 48-20 dans le Pays basque). Du côté de Régis Sonnes, on voit plutôt le verre à moitié plein. « Je trouve ça plus facile de commencer à Bayonne que de recevoir d’emblée à domicile. C’est une grosse écurie donc on a tout à gagner et pas grand chose à perdre. La pression est plus sur eux que sur nous. Et puis c’est excitant à préparer. C’est une programmation qui me va bien. »

Mais quel que soit le résultat, il faudra vite se remobiliser avec la réception de Béziers pour une affiche mythique des années 60, 70 et même 80. Les deux institutions ont en commun un passé glorieux et des heures récentes plus compliquées. « L’ASBH a fait un recrutement énorme, ça sera un gros morceau », commente Sylvain Mirande.

Le SUA enchaînera avec un déplacement à Grenoble, un « candidat plus que crédible à la qualif’ », une réception du promu Bourg-en-Bresse avant de filer en terres landaises chez l’éternel rival montois.

Sacré bloc en perspective. Cela montre au passage que la Pro D2 est tout sauf un championnat facile. Et c’est tant mieux pour le spectacle.



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