Le SUA LG possède son nouveau blason

Le club agenais a révélé vendredi 19 juin son nouveau logo à l’issue d’un grand mouvement populaire sur les réseaux sociaux. Il est l’œuvre d’un jeune de 22 ans, originaire de la ville et étudiant en graphisme. Cette nouvelle identité visuelle marque définitivement le passage dans une nouvelle ère pour le SUA, entre passé, présent et avenir.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

En cette période sevrée de compétitions, le SUA LG a trouvé le moyen de rester au cœur de l’actualité. Outre la présentation du futur stade par l’architecte François de La Serre, le club agenais a beaucoup fait parler de lui pendant le confinement en créant un mouvement populaire autour de son blason.

Tout a démarré avec un courrier, de ceux que l’on n’aime pas recevoir, mettant le Sporting en demeure de ne plus utiliser son logo vieux de presque 20 ans. L’auteur des retouches réclamait le retrait pur et simple de son « œuvre » de tous les supports ou le règlement de droits de propriété intellectuelle. Un chantage financier qui aurait pu se traduire en sommes folles.

Du coup, le président Jean-François Fonteneau a choisi la première option pour ne plus subir. « Avec la livraison du nouvel Armandie, on envisageait de toute façon une modernisation de notre identité visuelle. Cette situation n’a fait qu’accélérer le processus », confie-t-il.

Spontanément, de très nombreux supporters du club ont décidé d’apporter leurs contributions au SUA. Les propositions d’emblèmes ont afflué sur les réseaux sociaux. Devant cet engouement exceptionnel, les dirigeants ont alors posé un cadre précis. La campagne #TonSUATonBlason a été lancée avec un cahier des charges et un règlement très détaillés. Pas moins de 95 candidatures et 250 versions ont été reçues. « C’était incroyable », lance Jeff Fonteneau. Afin de sélectionner avec minutie ce blason qui sera là « pour les vingt prochaines années », le SUA a souhaité mobiliser un maximum de personnes. Le grand public à travers des sondages en ligne, les partenaires, les anciens, les dirigeants, les salariés du club... Tous ont contribué à élire le nouveau sigle.


« Aller de l’avant »


Huit finalistes ont été retenus, présentés sur les différentes plateformes numériques du Sporting et soumis au vote. Si le scrutin a permis de détacher deux solides leaders, c’est un pool de quatre qui a été qualifié pour la toute dernière étape. Un jury composé d’une trentaine de personnalités a débattu pour faire émerger le vainqueur.


44,73% c’est le score réalisé par le blason de Louis Gontier parmi les huit finalistes (tous collèges de votants confondus).

Et c’est la proposition de Louis Gontier qui s’est imposée. Le jeune homme de 22 ans, Agenais depuis sa plus tendre enfance et désormais étudiant en graphisme à Bordeaux, a toujours été en tête, aussi bien chez les supporters qu’au sein de l’institution et en particulier chez les joueurs qui l’ont plébiscité. Il remporte donc une victoire logique ! D’un point de vue juridique, Louis Gontier a signé un acte de cession. Les droits d’usage, y compris commerciaux, sont donc totalement au profit du club. Si les droits moraux lui appartiendront toute sa vie, il ne pourra pas les monnayer sans l’accord du SUA LG. Aucune chance donc pour le club de revivre une même mésaventure à l’avenir.

« Toute cette affaire est finalement un mal pour un bien, estime le président Fonteneau. On peut maintenant aller de l’avant sereinement et écrire une nouvelle page de notre riche histoire.»


Un paiement en nature

Alors que la question des droits d’auteur se fait de plus en plus prégnante à l’ère des réseaux avec des (ré)utilisations d’œuvres photographiques ou graphiques parfois à la limite de la légalité, le SUA LG a tenu à jouer franc jeu. Pas d’argent à la clé pour les participants. Le but était à la fois d’avoir des propositions de fans, et non pas d’agences de communication, mais aussi d’éviter des dépenses très lourdes dans une période de grandes incertitudes pour le rugby pro et le sport en général.

Cependant, le Sporting ne s’est pas montré ingrat. Louis Gontier a ainsi été rémunéré en nature. Il a gagné sa place à Armandie jusqu’en 2022 et peut-être même un peu après. « Il serait dommage qu’il ne puisse pas profiter un peu du nouveau stade », a glissé Jean-François Fonteneau. Il aura aussi la chance de donner un coup d’envoi fictif lors d’une rencontre de Top 14 et se verra remettre un maillot dédicacé. Il bénéficiera en outre d’un « kit visibilité », c’est-à-dire d’une mise en avant de ses talents de graphistes via les outils du club. « Enfin, nous ne nous interdisons pas de faire appel à ses services pour de futures opérations à l’avenir », souligne le président.

Pour le jeune homme, c’est un deal gagnant-gagnant : « L’impact en termes de visibilité est plus important pour moi que l’aspect pécuniaire. J’aurais été un directeur artistique de 40 ans, cela aurait été différent. Mais je suis étudiant et c’est pour moi une opportunité énorme d’avoir à mon actif le logo d’un club professionnel. »

Les six autres finalistes (l’un d’eux avait deux blasons dans les huit) seront invités au repas du président lors d’un match de championnat.


Avec ou sans étoiles ?

Il existe différentes versions du logo réalisé par Louis Gontier. Toutes font apparaître les mentions « SUA » et « LG » (critère obligatoire du cahier des charges). La date de création, 1908, est aussi présente. Certains ont également pu apercevoir une variante frappée de huit étoiles, représentant les titres de champions de France remportés par Agen. Si le créateur n’en voulait pas, il s’agit là d’un choix des dirigeants. Mais ces étoiles seront uniquement présentes sur les maillots, afin de rappeler à tous les adversaires à quel point le passé du SUA est glorieux.



L’auteur explique son œuvre

Derrière l’esthétique d’un logo se cachent de vrais partis-pris, voire de la symbolique. Le lauréat de l’appel à projets lancé par le SUA, Louis Gontier, explique ce qui se cache derrière sa proposition. « Toute la difficulté résidait dans le fait d’être simple mais pas simpliste. Le but, c’est de laisser une trace très nette dans l’esprit des gens, qu’ils retiennent ce blason en moins de deux secondes à une époque où on est bombardés d’images toute la journée. L’erreur aurait été de vouloir mettre trop de choses. Certains m’ont dit : "Mais où est le ballon de rugby ?" Je pense qu’il n’y en a pas besoin. Le SUA, dans la tête des gens, c’est déjà le rugby. Je voulais aussi marquer le coup avec un choix fort : celui de ne pas mettre de bordures. C’est le support qui révèle la forme et les couleurs. Si ce dernier est bleu, alors le logo est blanc et vice-versa. »

La forme générale reprend celle du bouclier, « symbole guerrier et protecteur » mais aussi emblématique du rugby. Les bandes représentent l’héritage tandis que leur disposition avec des pointes et des angles marqués « rappelle l’esprit pionnier et la prise de risques ». La typo, quant à elle, possède « un côté vintage », en souvenir des 112 ans d’histoire du club.

« Il ne peut pas plaire à tout le monde, c’est normal. Depuis le début de cette aventure sur les réseaux sociaux, j’ai vu se constituer une ligue de défense de mon logo mais aussi des hordes de gens avec des fourches et des torches pour le critiquer. Je tenais à proposer quelque chose de moderne et audacieux, c’est donc le jeu. J’ai en tout cas été très agréablement surpris de voir que les parties prenantes du SUA ne se sont pas montrées conservatrices », précise Louis.


Une magnifique vidéo pour le révéler

Cette nouvelle identité visuelle a été l’occasion pour les dirigeants du SUA de frapper un grand coup marketing. Pour ce faire, ils ne se sont pas contentés de révéler le blason. Ils ont mis les petits plats dans les grands avec une -vidéo-évènement réalisée par Vincent et Sébastien -Inigo. Les deux frères agenais, en plus d’avoir été rugbymen professionnels, sont des -vidéastes/photographes de grand talent. Ils possèdent leur propre agence, Inigo Brothers.

Dans ce film de 140 secondes, ils ont mis tout leur savoir-faire pour rendre le plus bel hommage au SUA. Celui-ci démarre et se termine avec Francis Cabrel. Il met en avant le philosophe Michel Serres, les anciennes légendes comme Philippe Sella ou Daniel Dubroca mais aussi des joueurs récents, et bien évidemment les supporters dans une mise en scène qui prend aux tripes. Un incontournable pour tous les amateurs d’ovalie !

Vincent et Sébastien Inigo ont réussi un véritable exploit en tournant cette vidéo en l’espace de quinze jours seulement, avec en prime des effets spéciaux très réussis. « C’était un honneur pour nous, et on a pris énormément de plaisir à le faire », clament-ils à l’unisson.


Les votants //

8 863 votes du grand public via les réseaux sociaux
571 votes des parties prenantes du club
119 votes de l’institution SUA
30 personnalités dans le jury final
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