Le SUA de Schrödinger

Une nouvelle fois lourdement battu, le Sporting entrevoit cependant des progrès. Entre leur orgueil de compétiteur blessé et l’envie de voir le début du renouveau, les Agenais hésitent.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Connaissez-vous l’expérience du « chat » d’Erwin Schrödinger ? Dans cet exercice purement théorique, le félin enfermé dans une boîte avec un flacon de gaz létal peut être en même temps vivant et mort si l’on suit les préceptes de la physique quantique. Après son déplacement à Montpellier, le SUA LG se trouve face au même genre de paradoxe. L’ampleur du score – 42 à 13 pour le MHR – et le fait qu’il s’agisse de la cinquième défaite consécutive pour les Agenais laissent penser que la crise sportive atteint son paroxysme. Pourtant, les sourires sont revenus du côté d’Armandie. Les motifs de satisfaction dans le contenu existent bel et bien.


Le verre

à moitié plein

« On a réussi à mettre des intentions et un peu de rythme. On a mis des choses en place, gagné des ballons en conquête et parcouru quelques mètres avec la gonfle dans les mains. Globalement, beaucoup de paliers ont été revus à la hausse dans de nombreux secteurs après la réception du Stade Français. C’est plutôt positif. Au vu du match, le résultat semble quand même très lourd. Ce n’est pas un match référence, on a péché ici et là, mais on avait le bon état d’esprit », résume Rémi Vaquin. Tout en restant lucide sur le niveau de ses troupes, l’entraîneur des avants serait plutôt du genre à voir le verre à moitié plein.

Le chef d’orchestre de la rencontre, Raphaël Lagarde, retient lui aussi un peu de positif. « Grâce à nos avants qui se sont bien envoyés, on a bénéficié de belles rampes de lancement. On a aussi tenu en mêlée. La première mi-temps et surtout l’entame ont été assez intéressantes. L’un des gros objectifs de ce match était de retrouver du plaisir sur le terrain et on a senti ce relâchement qui nous a permis de nous libérer », note l’ouvreur qui s’est révélé tranchant tout au long de la partie. Sa chistera de 30 mètres, bien qu’anodine, témoigne de cet état d’esprit.

Le contre en touche, point fort habituel du Sporting a une nouvelle fois été à l’honneur avec un Camille Gérondeau parfaitement lancé par ses coéquipiers sur de nombreuses séquences. La fin de la soupe à la grimace après la gifle infligée par les Parisiens le week-end précédent…


Le verre

à moitié vide

Mais ce premier examen des évènements ne saurait cacher les défaillances encore observées samedi dernier. Le nouvel essai encaissé sur une pénalité rapidement jouée montre que les Agenais n’ont pas retenu toutes les leçons. Ce n’est pourtant pas faute d’en avoir parlé au cours des dernières semaines. « A un moment donné, on ne peut plus regarder nos chaussures pendant que l’adversaire nous crucifie. On commet trop d’erreurs de concentration qui se paient cash à ce niveau », déplore le numéro 10 par ailleurs pas tendre avec lui-même. Ce dernier dresse un constat tout aussi implacable sur l’animation offensive : « C’est bien beau de faire trois passes mais on n’a pas réussi à breaker Montpellier une seule fois. On gâche certaines options, on manque de précision et ça se finit mal dans les rucks. A la fin, il en découle un sentiment d’impuissance, l’impression de taper sur un mur à chaque fois. »

Raphaël Lagarde le sait, tirer sur l’ambulance peut vite s’avérer contre-productif, surtout dans le sport professionnel où la confiance joue un rôle clé. « On ne va pas se plomber la tête mais on est encore loin du compte. La saison va être longue et le maintien difficile à obtenir. Certes, il y a du mieux mais on ne peut que s’améliorer quand on sort du néant. » La longue liste de blessés, alourdie par les nouveaux pépins de Walter Desmaison, Loris Tolot, Marc Barthomeuf et Hugo Verdu, n’arrange rien. « Ça ne doit pas nous servir d’excuse. On est fragilisés mais ça arrive à d’autres. Il faut trouver des ressources et des valeurs dans ce contexte. Ceux qui ont le maillot doivent tout donner pour le garder », lance Rémi Vaquin. Malgré la prestation honorable de ceux qui sont rentrés sans le moindre temps de jeu, difficile de pas voir dans cette hécatombe un boulet de plus à la cheville du SUA…

Et vous, de quel côté penche votre analyse ?


L’adversaire bayonnais décrypté

par l'ouvreur Raphaêl Lagarde

Actuel 9ème du Top 14, l’Aviron Bayonnais est considéré comme une équipe à la portée du SU Agen. Avec une seule et incomplète saison dans l’élite et un effectif qui n’empile pas les stars, la formation basque n’a pas le profil du rouleau-compresseur au contraire de certaines autres écuries. Méfiance toutefois, les hommes de Yannick Bru comptabilisent déjà deux victoires dans cet exercice, dont une sur la pelouse du Stade Français, récent bourreau du Sporting.

« Bayonne a montré des choses très intéressantes l’an passé. C’est une équipe qui joue et tente beaucoup avec une certaine réussite jusque-là. C’est propre, libéré, sans complexe. Ces gars-là sont très bons quand il s’agit d’évoluer dans le désordre en profitant des ballons tombés pour lancer des contre-attaques et mettre le feu dans une défense. Contre eux, on ne pourra pas se permettre de dormir une seule seconde », souligne Raphaël Lagarde. La conquête sera une nouvelle fois prépondérante pour priver les Ciel et Blanc de munitions.

Solide en attaque, l’Aviron l’est un peu moins quand il n’a pas la possession. C’est d’ailleurs à ce jour la défense la plus perméable du championnat. Oui, pire que le SUA. La véritable correction reçue samedi dernier à Lyon (62-10) n’arrangeant rien. Les hommes de Christophe Laussucq auront assurément un coup à jouer, à condition de ne pas répéter les mêmes erreurs que lors de la dernière réception des Basques à Armandie (perdue 27-29).

« Bon adversaire pour nous ou pas, on n’a pas de joker possible. Il faut signer une perf’ à tout prix. Tout le monde a conscience de cet état d’urgence, d’autant plus qu’on n’a pas encore reçu Toulouse, le Racing ou La Rochelle qui roulent sur tout le monde. Il est important de prendre des points maintenant », estime le numéro 10 agenais.



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