Le rugby amateur, véritable agence de recrutement

Nicolas Macheboeuf, gérant de Jotul Agen et lui-même adepte du ballon ovale, a embauché deux jeunes dans son entreprise en se basant sur ce qu’il a vu sur la pelouse de son club, l’AS Passage.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le gérant Nicolas Macheboeuf (à gauche) a vu évoluer Hugo et Corentin sous les couleurs de l’AS Passage et les a finalement embauchés.


"Quand on voit la pugnacité de ces garçons sur un terrain de rugby, on sait à quoi s’attendre dans la vie de tous les jours. » Pour accompagner la croissance de sa société depuis qu’il l’a reprise il y a deux ans, Nicolas Macheboeuf, le gérant de Jotul Agen, s’est vu dans l’obligation de recruter. Mais plutôt que de passer par la voie traditionnelle avec une annonce sur les sites spécialisés, l’entrepreneur a choisi une autre méthode, plus personnelle. « Chez Jotul Agen, notre cœur de métier, c’est la vente de poêles à bois et à granulés, explique-t-il. Malheureusement, il n’existe pas d’école d’atrier ou de fumisterie. C’est en interne qu’on acquiert les compétences. Du coup, pour mes embauches, je mise plus sur la personne que j’ai en face de moi que sur les lignes du CV. Et en ça, le rugby s’avère un excellent révélateur!»

Mythifiées à l’excès par certains, décriées par d’autres, les fameuses valeurs de l’ovalie ont incontestablement des vertus. Dans le combat et la solidarité notamment. Une équipe de rugby ne va jamais bien loin sans un pack soudé. L’image de la mêlée, où une seule défaillance individuelle suffit à écrouler l’édifice, est très représentative. Et cela s’étend bien entendu aux lignes arrières aussi bien en phase offensive que défensive. « Tous les éducateurs le répètent sans cesse dès le plus jeune âge : on travaille d’abord pour le groupe», affirme Nicolas.


Sens de l’engagement

Avec Corentin et Hugo, le chef d’entreprise a trouvé deux « soldats » partageant à 100% cet état d’esprit. Tous les deux ont 21 ans. Le premier officie à la pose. Le second est quant à lui dédié à la vente, via un contrat d’apprentissage. « J’ai eu le plaisir de jouer avec eux avant de prendre ma retraite, sourit Nicolas. J’ai pu constater leur sens de l’engagement et leur comportement irréprochable. Ce sont des gamins fidèles, sur qui on peut vraiment compter. » Corentin et Hugo ont maintenant une belle carte à jouer pour s’insérer dans le monde professionnel. « On va leur laisser le temps de se former, de comprendre les rouages du système, d’assimiler notre philosophie. On ne va pas les jeter en pâture sans les accompagner », glisse leur employeur, non sans fierté.

Et ces deux jeunes recrues pourraient ne pas être les seules à venir garnir les rangs de Jotul Agen, dans le sillage d’une croissance en hausse constante. « On va sûrement continuer à embaucher dans le même état d’esprit. Jusque-là, ça ne nous a pas trop mal réussi ! Ce qui est sûr pour ma part, c’est que le club de rugby facilite grandement les échanges. »

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