Le licenciement de la directrice du théâtre suscite l’indignation

Arrivée aux commandes du théâtre Georges-Leygues en 2018, Emmanuelle Delbosq a été licenciée par la municipalité villeneuvoise. Les réactions d’indignation et même une pétition fleurissent depuis.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

La mairie a récemment décidé d’engager une procédure de licenciement à l’encontre d’Emmanuelle Delbosq, présidente du théâtre Georges-Leygues.


Aussi brutale qu’inattendue, la nouvelle a fait l’effet d’une petite bombe à Villeneuve-sur-Lot. Rendu public la semaine passée, le remerciement d’Emmanuelle Delbosq n’a pas manqué de faire réagir. Après avoir assuré l’intérim pendant l’absence prolongée de Bruno Rapin dès 2018, la jeune femme avait ensuite été titularisée comme directrice du théâtre Georges-Leygues. Originaire du Villeneuvois, elle n’avait pas tardé à trouver ses marques. Mais l’aventure n’aura pas duré bien longtemps. Quelques semaines après son élection à la mairie fin juin 2020, l’équipe de Guillaume Lepers a décidé de mettre fin à cette collaboration en déclenchant le processus de licenciement. « Je ne peux pas commenter une procédure en cours et je ne veux pas le faire par respect pour Emmanuelle Delbosq. La seule chose que je peux dire, c’est que le problème n’est pas d’ordre artistique. C’est surtout une question interne et organisationnelle », glisse le premier édile. En ces temps déjà difficiles pour le milieu culturel, avec le flou le plus total quant à une éventuelle reprise des spectacles, la municipalité doit maintenant reprendre le flambeau de la programmation. « Nous avons le réservoir de compétences pour monter la saison », assure Guillaume Lepers.


De nombreux défenseurs

Si Emmanuelle Delbosq n’a pas souhaité s’exprimer dans nos colonnes, nombreux sont ceux à prendre sa défense publiquement. A commencer par quatre de ses prédécesseurs. Joël Brouch, Laurent Sterna, Serge Borras et Bruno Rapin ont cosigné un communiqué pour témoigner leur solidarité envers leur consœur, dont ils saluent le « travail à bien des égards exemplaires » ainsi que les « qualités professionnelles et humaines incontestables ». Ces anciens directeurs dénoncent un « licenciement brutal et sans fondement » et font part de leur « colère et incompréhension devant pareille injustice ».

Adjointe à la culture pendant le mandat précédent, Béatrice Delléa ne mâche pas non plus ses mots : « chasse aux sorcières », « erreurs irréparables qui vont détruire la confiance du public villeneuvois, des artistes mais aussi des institutions », « un désastre pour la directrice, pour les élus, pour le théâtre, pour la ville »... Même le groupe d’opposition Villeneuve en commun, emmené par Thomas Bouyssonnie, fait part de son incompréhension, surtout au regard des déclarations de la nouvelle majorité lors de sa prise de fonctions. Une pétition en ligne (sur le site change.org) « pour la défense du théâtre et de sa directrice » a déjà récolté pas moins de 900 signatures.



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