Le festival du rire annulé… pour mieux rebondir en 2022

L’évènement initialement programmé du 30 juin au 3 juillet n’aura pas lieu pour la seconde année consécutive mais les équipes sont déjà à pied d’œuvre pour préparer le 30ème anniversaire.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

La scène du théâtre Georges-Leygues n’accueillera pas le festival du rire cette année encore.


Lorsque Tony Feijoo et une poignée de bénévoles du festival du rire ont invité la presse ce mardi 18 mai, rien ne laissait présager une mauvaise nouvelle. Avec l’allègement des restrictions et la réouverture des lieux culturels, les signaux semblaient enfin positifs. Mais c’est bien la mort dans l’âme que les organisateurs se sont résolus à annuler le millésime 2021. Tout avait pourtant été entrepris pour que la fête ait bien lieu. « Tout d’abord, il faut savoir que la municipalité était entièrement partie prenante et elle a même mis les bouchées doubles pour nous aider, souligne Tony Feijoo. On a travaillé sur plusieurs hypothèses, en plein air dans le parc Saint-Cyr ou devant le parc des expos ainsi qu’à l’intérieur du théâtre. » Entre les surcoûts d’une prestation à l’extérieur plus les risques météo d’un côté et les problématiques de distanciation (donc jauge réduite) de l’autre, aucune option n’était véritablement satisfaisante. Mais le principal argument était sanitaire. Une réunion avec tous les bénévoles s’est terminée par un vote afin de savoir s’il fallait maintenir ou non l’évènement. D’une courte majorité, les sceptiques l’ont emporté. « Ce qui nous a conduit à prendre cette décision, c’est la circulation du virus qui demeure très incertaine. Elle a baissé avec le confinement et la fermeture des écoles mais cela va-t-il durer ? Par ailleurs, trop peu de gens auront reçu les deux doses de vaccins d’ici la fin du mois de juin pour garantir la sécurité de tous. On ne peut pas jouer la réputation du festival en créant un éventuel cluster. Au final, la balance penche plus du côté des risques que des bénéfices », estime Jean-Pierre Lagrèze, co-fondateur du festival et ancien médecin.

Contrairement à l’année passée où près de 12 000 euros avaient déjà été engagés au moment de l’annulation, les dépenses ont cette fois pu être évitées. Etant donné que la subvention municipale a déjà été votée (et sera donc versée), l’association ne fera pas de demande en 2022. « C’est parfaitement logique et normal », indique Tony Feijoo. En dépit de la situation, les finances restent au beau fixe.


Un trentième

anniversaire en fanfare

Et pour ne pas laisser cette triste actualité prendre le dessus, les organisateurs pensent déjà à la prochaine édition qui sera justement celle du trentième anniversaire. « Nous avons déjà ouvert des pistes, se réjouit André Delas, co-fondateur et directeur artistique. Les dates sont bouclées : ce sera du 28 juin au 2 juillet. La journée supplémentaire se tiendra soit au théâtre, soit à la Cale. Nous avons également notre président du jury et principale tête d’affiche. C’est quelqu’un qui est lié à l’histoire du festival. » Mais ce n’est pas la seule nouveauté. En plus du concours traditionnel qui a permis à de talentueux jeunes humoristes d’accéder à la notoriété (Gaspard Proust, Gérémy Crédeville, Jovany, Bérengère Krief…), un autre sera créé pour faire émerger des talents locaux. Un appel est lancé aux Lot-et-Garonnais de 16 à 25 ans qui souhaitent se faire un nom sur scène. Les meilleurs pourront revenir l’année d’après pour jouer une première partie. Et ce n’est pas tout, Villeneuve se transformera également en un lieu d’audition national le 22 février prochain. Les programmateurs de toute la France pourront ainsi venir dénicher les pépites de demain au cœur même de la bastide. Parfois, il faut savoir reculer pour mieux sauter. Bien qu’absent cette année, le festival du rire promet déjà un retour en fanfare, bien épaulé par la nouvelle municipalité.



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