Le crash d’Airways College met en péril la formation de 217 élèves

L’école de pilotage a été placée en liquidation judiciaire Les élèves qui ont déboursé 100 000 euros pour suivre une formation de pilote, ne sont pas garantis de pouvoir valider leur diplôme.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Formations gelées, avions cloués au sol... Les élèves d’Airways College subissent

les dommages collatéraux d’une mauvaise gestion de l’entreprise


L’annonce a fait l’effet d’une bombe. L’école de pilotage Airways College a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de Commerce d’Agen, après la découverte de plusieurs millions d’euros de dettes. Une situation délicate pour les 217 élèves et 70 salariés, répartis sur les quatre sites que sont Paris, Cholet, Nîmes et Agen. « C’est tout simplement dû à une très mauvaise gestion de l’entreprise. Les élèves se retrouvent dans l’incertitude de pouvoir valider leur diplôme, et les salariés au chômage », se désole Eric Datcharry, instructeur et représentant du personnel. « Il y a deux semaines, le dirigeant nous a informés de sa volonté de demander une procédure de redressement judiciaire par le tribunal de commerce, ce qui avait déjà surpris tout le corps pédagogique. Les vols battaient leur plein, nous n’avions soupçonné aucun problème... Et là nous apprenons la liquidation, c’est un coup de massue », déplore Antonin Oger, élève pilote de ligne. Et pour cause, les caisses sont vides. Un administrateur missionné par le tribunal de Commerce travaille en ce moment même avec les équipes administratives pour creuser le dossier. Depuis quelques jours, les cours sont donc tout simplement gelés. Pour les étudiants, la pilule est difficile à avaler. Et pour cause, une formation de pilote représente plus de 100 000 euros d’investissement. La quasi totalité des élèves a contracté un prêt pour devenir professionnel. « Pour la plupart, ils ont déjà réglé l’intégralité du cursus d’entrée. La grande question désormais est de savoir s’ils pourront le terminer, et surtout sans payer des sommes supplémentaires », s’interroge l’instructeur. D’autant que beaucoup viennent de loin, jusqu’aux DOM-TOM, où ils ont tout quitté pour toucher leur rêve du bout des doigts.


Un élan de solidarité entre élèves, instructeurs et fournisseurs

Depuis la semaine dernière, des collectifs d’élèves, salariés mais aussi parents d’élèves se sont formés pour trouver une solution. L’objectif, lancer des appels pour redresser le navire. « Pour reprendre l’école et terminer la formation des élèves, 10 millions d’euros sont nécessaires », explique Antonin Oger. « Au vu de la somme, un repreneur ne s’engagera pas seul. Le but du jeu est donc de rassembler un maximum d’acteurs publics et privés autour du projet. Nous avons d’ores et déjà interpellé la Région, les collectivités locales, et adressé un courrier au ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari », ajoute Eric Datcharry.


10 M€ sont nécessaires pour la reprise de l’école

Lueur d’espoir, un repreneur s’est déjà positionné, prêt à investir 2 millions d’euros pour sauver Airways College... Ce jeudi 6 mai, une entrevue sera organisée à Paris, avec un représentant du personnel, des élèves, et l’APNA, association des professionnels navigants de l’aviation. « Depuis le début ils nous ont apporté leur soutien, ils nous permettront de faciliter les liens avec l’Etat comme avec des acteurs privés qui pourraient nous soutenir », espère le pilote en devenir. Prochaine échéance, le 1er juin. C’est à cette date que le(s) repreneur(s) devront déposer un plan de reprise auprès du tribunal.



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