Le campus connecté se précise

Avec la visite de la rectrice d’Académie et des dirigeants de l’Université de Bordeaux aux côtés des élus de la CAGV, cette nouvelle offre de formation proposée à la rentrée prochaine se dévoile un peu plus.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

La rectrice d’Académie Anne Bisagni-Faure (au centre) accompagne ce projet de campus connecté avec l’Université de Bordeaux, l’Etat et la CAGV.


"Rendre notre territoire attractif, ça passe d’abord par notre jeunesse », estime Guillaume Lepers. Le problème de cette jeunesse villeneuvoise, c’est qu’après le bac, elle n’a souvent d’autre choix que s’envoler vers les grandes métropoles et leurs facultés. Mais les choses vont bientôt changer. Dès la rentrée de septembre, la sous-préfecture lot-et-garonnaise s’ouvrira à la vie étudiante avec son campus connecté. Afin d’en présenter les contours, les élus de la CAGV ont reçu jeudi 28 janvier la visite de la rectrice de l’Académie de Bordeaux, Anne Bisagni-Faure. Grâce à ce nouveau dispositif, plus besoin de poser son séant dans un amphi, un ordinateur et une connexion internet suffisent. Car désormais, Parcoursup propose près d’une centaine de formations universitaires à distance. Depuis Villeneuve-sur-Lot, il sera possible d’étudier dans des domaines aussi variés que l’histoire, le droit, la sociologie, les langues et civilisations étrangères, la musicologie ou encore la théologie catholique... Une sélection déjà vaste et qui ne cessera de s’étoffer au fil des ans. « L’idée derrière ce grand nombre de possibilités, c’est de laisser le choix aux jeunes de faire ce qui leur plaît vraiment et non de leur imposer les formations qu’on aurait choisi pour eux », souligne Olivier Pujolar, vice-président de l’Université de Bordeaux, partenaire de ce projet.


L’école Jeanne d’Arc dans

les tuyaux

La rectrice rappelle que « dans certains territoires, malgré de bons taux de réussite au bac, certains jeunes ne poursuivent pas leurs études pour des raisons qui tiennent de l’auto-censure, de problèmes financiers ou sociaux, de la mobilité ». Avec un campus à Villeneuve-sur-Lot, où le coût de la vie est moindre et avec potentiellement les assises familiales, ces freins sautent. « C’est une question d’égalité des chances », assure Anne Bisagni-Faure. Les personnes en reconversion professionnelle font également partie des publics ciblés.

Pour la rentrée prochaine, 10 à 15 étudiants sont attendus à Villeneuve-sur-Lot. Ce chiffre pourra monter à une quarantaine d’inscrits dans les années à venir. D’où la recherche d’un lieu disposant d’une surface suffisante en plus de la sacrosainte fibre optique. L’ancienne école privée Jeanne d’Arc est l’une des pistes à l’étude. Elle présenterait l’avantage d’offrir beaucoup de place dont une partie exploitable immédiatement. L’emplacement n’est cependant pas encore arrêté. L’Agglo se réserve la possibilité d’attaquer la rentrée sur un site avant d’en changer.


Un vrai campus

Outre les murs, l’un des plus gros chantiers consistera à proposer bien plus que des cours en visioconférence. « Ce serait le degré zéro de l’enseignement note Olivier Pujolar. On veut au contraire déployer beaucoup de services : de l’orientation à la recherche documentaire en passant par la création d’une véritable communauté. Même s’il y aura autant de cursus que d’étudiants, le partage demeure essentiel. C’est pourquoi on parle de campus. L’animateur aura un rôle absolument crucial pour créer cette émulation. » Le recrutement de ce dernier sera particulièrement scruté.

Avec ce nouvel outil d’enseignement, la CAGV s’adresse également au monde économique. « On envoie un signal aux entreprises car de la formation à l’emploi, il n’y a qu’un pas. On est en quelque sorte dans la philosophie du circuit court. Notre territoire souffre d’un fort taux de chômage notamment à cause d’un manque de qualifications. Cette solution vient s’ajouter aux autres », avance Jacques Borderie, vice-président en charge du développement économique.

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