Le BioGNV, carburant d’avenir, débarque à Villeneuve

Une station de biocarburant est en construction dans la sous-préfecture. Un chantier qui répond aux besoins exprimés par la STFV ainsi que l’Agglomération.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf


On parle souvent de l’électrique comme l’avenir du transport routier. Mais il ne faudrait pas oublier trop vite le GNV. Derrière cet acronyme se cache le gaz naturel pour véhicule. Cette version comprimée du gaz de ville utilisé pour le chauffage des habitations se révèle être un carburant aux multiples avantages.

Quasiment aucune particule fine, un bilan carbone neutre, pas d’odeur, des motorisations peu bruyantes… A côté du très polluant gasoil, le GNV fait figure de gendre idéal pour notre belle planète. Encore faut-il qu’il soit économiquement viable. Et dans ce domaine, là encore, ce carburant fait mieux que soutenir la comparaison, en particulier du côté des poids-lourds. A la pompe, le gaz s’avère près de 30% moins cher. De quoi compenser sur la durée le surcoût d’investissement que représentent ces motorisations. D’autant plus que le Région peut en subventionner une partie.


La STFV déclenche l’étincelle


Thierry Zanella, patron de la Société des transports frigorifiques villeneuvois (STFV), fait partie des convaincus, tout comme l’entreprise de surgelés Picard, l’un de ses principaux donneurs d’ordres. « Picard souhaite développer ce mode de transport plus écologique à grande échelle pour ses prestataires. Il nous a ainsi été confié de piloter ce projet dans la région », explique Thierry Zanella. En passant au GNV neuf véhicules de sa flotte de 43 engins, la STFV fait un grand pas en avant, ce qui pourrait inciter d’autres acteurs à suivre le même chemin. L’Agglomération a par exemple déjà converti l’une de ses bennes pour le ramassage des ordures et poursuivra dans cette voie à chaque renouvellement du parc camions et bus. « Beaucoup d’entreprises aimeraient passer au biocarburant. Mais faute d’installations, cela ne se fait pas. Et s’il n’y pas d’utilisateurs prêts, les installations ne se construisent pas. C’est un cercle vicieux », analyse Thierry Zanella. En exprimant des besoins de l’ordre de 350 tonnes par an, la STFV justifie à elle seule la création d’une station dans la sous-préfecture lot-et-garonnaise.


1 La station de bioGNV villeneuvoise sera la toute première du département même si d’autres projets sont en cours ­notamment à ­Damazan. En ­Aquitaine, on en dénombre six déjà en activité.

L’opérateur Seven Occitanie a ainsi décidé de porter ce chantier qui dépasse tout de même le million d’euros (en partenariat avec le Syndicat départemental d’électricité et d’énergie et avec une participation du Conseil régional). Cette station, actuellement en cours de construction a pris sa place le long de la D661 en direction de Tournon, dans la zone de la Boulbène et sera opérationnelle aux alentours du 17 août. Elle sera par ailleurs accessible aux véhicules particuliers.


Economie circulaire


Mieux encore, tout ceci s’inscrit dans une dynamique d’économie circulaire. « Villeneuve possède l’une des plus importantes usines de méthanisation du pays grâce à Fonroche. Cet équipement permet de transformer en biogaz des déchets organiques, dont ceux de Deuerer Pet Care juste à côté. Cette énergie renouvelable est directement injectée dans le réseau et profite ainsi pour partie à la station qui peut du coup prétendre à l’appellation bioGNV », détaille Yvon Ventadoux, vice-président de la CAGV en charge du développement économique.

Grâce à cette première impulsion dans le département, la voie vers un fret routier plus respectueux de l’environnement est en marche !

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