La tomate de Marmande vise l’indication géographique protégée pour se relancer

Après la création de la marque ‘Tomate de Marmande’ l’année dernière, toute la filière s’affaire pour l’obtention d’une IGP (indication géographique protégée), une démarche qui demande beaucoup de temps.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Danièle Marcon, présidente de la section Tomate à l’AIFLG (Association des fruits et légumes du Lot-et-Garonne), constate que la filière est fragilisée par la concurrence étrangère.


Culture historique du Lot-et-Garonne, la tomate de Marmande est aujourd’hui une filière « structurée et engagée dans la valorisation du savoir-faire de ses producteurs et de l’ensemble des acteurs qui la constitue », assure Danièle Marcon, présidente de la section Tomate à l’AIFLG (Association des fruits et légumes du Lot-et-Garonne) et elle-même productrice du côté de Virazeil. L’an dernier, un cap important a été franchi avec la création de la marque ‘tomate de Marmande’, permettant de fédérer et redynamiser la filière tout en garantissant l’origine des produits. « Nous avons profité du Salon de l’agriculture 2020 pour en faire la promotion.» Désormais, c’est l’IGP (indication géographique protégée) qui est dans leur ligne de mire, une distinction qui permet de défendre l’origine d’un produit dans toute l’Union européenne, et apporter ainsi une plus-value à la fois économique et institutionnelle... « Nous travaillons sur le dossier depuis 2015, mais il était en stand-by, ça n’avançait plus... Nous avons donc entamé une phase de sensibilisation auprès des élus, et le sous-préfet de Marmande a pris les choses en main pour renouer des liens avec l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité) qui délivre le fameux macaron bleu et jaune », raconte la présidente. Ce dernier apporterait une véritable valeur ajoutée. Les consommateurs pourraient identifier plus facilement ces produits et se rassurer non seulement sur l’origine, mais aussi sur la qualité. Ces derniers apparaissent comme de plus en plus demandeurs, d’autant plus depuis la crise sanitaire qui a boulversé les habitudes alimentaires avec une tendance du manger local et de saison renforcée depuis un peu plus d’un an. Mais pour décrocher un tel agrément, les démarches sont longues... très longues, avec un cahier des charges précis à compléter. « Il faut 10 ans pour obtenir l’IGP. C’est pour cela que nous avons pris la décision de lancer la marque entre temps, avec la même exigence, mais un processus plus rapide. »

Si toute la filière est désormais mobilisée avec l’espoir de pouvoir, un jour, utiliser sa propre indication, c’est que la concurrence étrangère fait rage... « On fabrique seulement 10% des produits transformés à base de tomates consommés en France. Avec 90% issus de l’import, la filière risque de disparaître », déplore Danièle Marcon.


Une valeur ajoutée pour pallier la féroce ­concurrence étrangère

Et le producteur Fabien Tarascon confirme amèrement ce constat. « La tomate d’industrie souffre depuis plusieurs années maintenant, notamment de la concurrence de l’Espagne, du Maroc, de l’Italie et de la Chine. L’usine de transformation de tomates de Bergerac est l’une des dernières en France. Du côté de la consommation, on observe une augmentation des achats des dérivés (coulis, concentrés, tomates pelées…) mais une baisse de l’origine France sur ces produits. » L’objectif est donc de continuer et renforcer les partenariats avec des entreprises locales, comme avec Lucien Georgelin, Vallée Verte ou encore Jus du Soleil, qui fabriquent avec ces légumes locaux des coulis, jus et autres. D’autant que ce « fruit-légume » est le préféré des français. 95% des foyers français affirment consommer des tomates dans leur alimentation*. « Nous voulons montrer aux producteurs que nous agissons pour le secteur. Des opérations vont être réalisées déjà tout cet été auprès des consommateurs, dans les grandes surfaces, pour faire connaître davantage notre gamme. »

Au total, la tomate de Marmande regroupe 16 producteurs en frais, pour 1 500 tonnes annuelles, et 83 pour la transformation soit 35 000 tonnes, grâce à un procédé plus mécanisé. C’est donc un travail de l’ombre qui va continuer de s’opérer, jusqu’à l’obtention de ce précieux sésame...

*selon Aopn tomates et concombre de France


La création de la marque Tomate de Marmande et l’obtention de l’IGP permettront de renforcer les partenariats avec les industriels de l’agroalimentaire, comme Lucien Georgelin.

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