La spectaculaire résurrection médicale de Foulayronnes

Après avoir subi une désertification médicale totale en 2018, la commune du nord-Agenais a su rebondir rapidement grâce à plusieurs initiatives, dont la dernière en date : un grand pôle de santé pluridisciplinaire.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf


Zéro. En 2018, Foulayronnes ne comptait plus le moindre médecin généraliste sur son territoire. Illustration parfaite et dramatique des ravages de la désertification médicale, cette cité de la banlieue agenaise a pourtant su se relever. Et de quelle manière ! Après la création d’un centre de santé communal en décembre 2019, la municipalité s’apprête maintenant à entamer la construction d’un grand pôle pluridisciplinaire unique en son genre. Tout sauf une coquille vide puisque la demande des praticiens n’est pas loin de dépasser l’offre. Un spectaculaire rebond en deux actes qui doit beaucoup au travail des élus sur cette question essentielle.

Le projet imaginé par le cabinet AND Architectes pourrait sortir de terre au premier trimestre 2022 sur le site de l’ancien Intermarché.


1 - Le contexte //

« Devant l’étendue du problème qui se posait à nous, on a décidé de prendre les devants pour retrouver une offre médicale à la hauteur des attentes de la population, raconte le maire Bruno Dubos. On a bossé le dossier et le centre de santé a pu voir le jour avec une première vague de praticiens. Cela a permis d’amorcer la pompe. D’autres professionnels se sont ensuite manifestés, au point que le centre est vite devenu trop étroit. A l’heure actuelle, la Ville salarie deux médecins à temps complet, deux autres à temps partiel, deux secrétaires médicales et une sage-femme. D’où cet engagement de campagne lors des dernières élections municipales pour créer une structure plus grande. Aujourd’hui, on tient notre promesse ! »


2 - Une belle opportunité immobilière //

Sur le site de l’ancien Intermarché récemment délocalisé, les élus ont trouvés l’emplacement idoine. En plus de réhabiliter une friche commerciale en plein cœur de la ville, ce projet a trouvé là une belle opportunité. « Tout notre modèle repose sur un partenariat public-privé. D’abord avec Intermarché qui a bien joué le jeu. Le terrain était estimé à 630 000 € par les domaines, il nous a été cédé à 450 000 €. Mais l’ensemble ne servira pas qu’au déménagement et à l’agrandissement du centre de santé communal. Nous allons donc pouvoir diviser la réserve foncière en six lots à destination des libéraux », détaille le premier édile. Trois de ces lots ont d’ores et déjà trouvé acquéreurs avec un cabinet dentaire (deux dentistes), un cabinet infirmier et un pôle vision porté par l’enseigne Grand Optical. Le reste encore disponible suscite également les convoitises. « Regrouper les activités de santé sur un même lieu est une force », assure Bruno Dubos.


Ils vont intégrer le pôle de santé de Foulayronnes //

4 médecins généralistes dont deux à temps partiel (salariés)


1 sage-femme (salariée)


2 secrétaires médicales (salariées)


2 dentistes (libéraux)


4 infirmiers (libéraux)


1 pôle vision Grand Optical (privé)


Ils sont en pourparlers //

- Deux médecins généralistes

- Médecin

spécialiste

- Kinés

- Ostéopathes

- Orthophonistes

- Psychiatre

- Sage-femme


3 - La cohabitation entre libéraux et salariés //

La schéma adopté laisse le choix aux professionnels de santé entre l’exercice libéral ou l’emploi salarié pour ceux qui remplissent les critères fixés par l’ARS et la Ville. L’indépendance totale d’un côté, la suppression de contraintes de l’autre. « Du côté des médecins notamment, la profession s’est largement féminisée et beaucoup insistent désormais sur la qualité de vie : moins d’heures, moins de charges administratives afin de se concentrer sur la médecine… Ce que l’on peut offrir avec le salariat », analyse Bruno Dubos. En proposant ces deux options : Foulayronnes a su séduire sa cible. Deux autres généralistes, des kinés, des ostéopathes, des orthophonistes, une psychiatre, une sage-femme et un spécialiste sont en pourparlers pour rejoindre la structure.


4 - Un côté financier maîtrisé //

Pour Foulayronnes, il s’agit peut-être là du dossier le plus important du mandat. Mais si ce colossal chantier peut voir le jour, c’est notamment parce qu’il est bien ficelé d’un point de vue financier.

Par la vente (et peut-être la location) des lots aux libéraux, la Ville s’assure une première source de revenus. Ces actifs immobiliers ramènent de la trésorerie. Pour le centre de santé dont elle a la charge, la commune va pouvoir compter sur des subventions de toutes parts (Agglo, DETER, Plan de relance, etc.). D’autant plus qu’un accent particulier sera donné au développement durable avec des bâtiments aux normes RT2020, de la végétalisation et l’utilisation de panneaux photovoltaïques. Enfin, les charges liées au salariat des professionnels de santé et l’appui administratif fourni sont compensées par les recettes issues des consultations.


C’est une opération gagnante pour toutes les parties : les Foulayronnais et les habitants des villages limitrophes voient l’offre de soins s’étoffer tandis que les praticiens bénéficient d’un magnifique et très moderne outil de travail. Bruno Dubos, maire de Foulayronnes

5 - Le calendrier //

Une bonne partie du travail préliminaire a déjà été effectuée : compromis de vente, instruction par les services de l’Agglo, démolition de l’ancien supermarché… « On attend maintenant les derniers recours administratifs pour démarrer les travaux en suivant », annonce le maire. Les premiers coups de pioche sont attendus dans les mois à venir avec une livraison espérée pour le premier trimestre 2022. « Certaines activités privées auront peut-être déjà démarré d’ici là. »


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