La rive gauche agenaise : le nouvel El Dorado ?

Si l'immobilier lot-et-garonnais se porte globalement bien, un secteur en particulier connaît un essor spectaculaire : la rive gauche de l'agglomération d'Agen. Décryptage.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf


"Il y a quelques années, le nec plus ultra, c'était d'habiter à Agen-Sud, Boé ou Bon-Encontre. Maintenant, la tendance, c'est d'aller s'installer vers Roquefort, Brax ou Estillac. » Comme beaucoup de ses confrères, Alex Michelin dresse ce constat d'une rive gauche très en vue. Pour avoir commencé sa carrière de ce côté de la Garonne et y être toujours installé, le gérant de Conceptimmo est bien placé pour décrire l'évolution de la demande.

Il faut dire que le secteur Ouest est en pleine ébullition avec le développement de nouvelles infrastructures. Tout a commencé avec l'aménagement de la technopole Agen-Garonne (TAG) forte de ses 200 hectares de foncier disponibles pour les entreprises et d'un réservoir de 4000 emplois... Même si les implantations n'ont pas été aussi rapides qu'auraient voulu les élus, la zone se peuple petit à petit. Sur ce même site, le chantier du nouvel échangeur autoroutier bat son plein. L'ouverture aux automobilistes et aux poids-lourds est attendue pour la fin d'année 2022. Un an plus tard, le pont et le barreau de Camélat devraient suivre, grâce au récent soutien financier de l'Etat. L'Etat, encore lui, a également annoncé vouloir relancer le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest, avec une nouvelle gare à la clé, toujours dans ce même périmètre de Brax-Roquefort. « Entre la TAG, l'échangeur, Camélat et la LGV, c'est la flambée assurée pour le marché de la rive gauche. Il n'y a pas si longtemps, c'était encore des idées sur papier. Désormais, tout cela est très concret et ça engendre beaucoup de demandes », analyse Patrick Gentillet, directeur de l'agence Orpi.

« Pour les acheteurs, il y a un côté rassurant dans le fait de voir que les choses bougent », complète Célia Etienne, de La Clé immobilier.


« C'est le moment d'acheter »

Au-delà du nouveau potentiel économique et du désenclavement routier, d'autres facteurs jouent en faveur de l'Ouest agenais. « Contrairement à d'autres secteurs historiquement prisés avec donc beaucoup d'habitat ancien, l'aménagement de la rive gauche est plus récent. On trouve ainsi beaucoup de maisons de plain-pied avec jardin, le graal pour les familles d'actifs », souligne Alex Michelin. Il reste également quelques terrains à bâtir même si ceux-ci font l'objet d'une véritable « guerre ».

Pour Patrick Gentillet, « une chose est sûre, c'est maintenant qu'il faut acheter » ! Les tarifs ont déjà commencé à grimper mais sont encore loin d'avoir atteint leur plafond comme le note Lætitia Dalché, de l'agence Souillé. Cette dernière observe par ailleurs une hausse des demandes professionnelles. « On est régulièrement sollicités pour des bâtiments, des entrepôts et même la reconversion de vieilles bâtisses bien placées en locaux pro. En se lançant dès maintenant pour une revente dans cinq ans, je vois mal comment on pourrait perdre de l'argent », estime-t-elle.

Effet boule de neige

L'engouement grandit de jour en jour et pourrait, plus rapidement qu'on ne le pense, toucher d'autres communes. Au Sud, Laplume et Aubiac sont promises à un bel avenir. Ça se débloque aussi pour Colayrac-Saint-Cirq et Saint-Hilaire de Lusignan. Grâce au pont de Camélat, ces villages seront connectés à Agen, à la technopole et l'autoroute ainsi qu'à Villeneuve via la RN21.

Il n'aura pas fallu longtemps à cette plaine de Garonne pour passer de terre agricole fertile à un statut de nouvel El Dorado immobilier !

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