La « résilience » des entreprises lot-et-garonnaises

La CCI de Lot-et-Garonne et la Banque de France ont fait un état des lieux de la conjoncture économique sur le territoire. Malgré les incertitudes, la confiance en l’avenir reste positive.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Alain Brugalières, président de la CCI (à gauche), et son directeur Thierry Lassagne, restent positifs quant à l’avenir des entreprises du département


En cette période si spéciale, même les rendez-vous récurrents revêtent une dimension particulière. A intervalle régulier, la Chambre de commerce et d’industrie se joint à la Banque de France pour analyser la conjoncture économique. La dernière enquête en date, dont le compte rendu a été présenté vendredi 26 février, fait office de charnière entre un exercice 2020 semé d’embûches et un cru 2021 qui démarre en plein brouillard.

Près de deux cents chefs d’entreprises ont été consultés en ce début d’année par un cabinet spécialisé. Ce panel représentatif du tissu lot-et-garonnais par la localisation, la taille et le secteur d’activité des sondés fait apparaître plusieurs tendances. Tous ne sont pas logés à la même enseigne. Le contraste est par exemple saisissant entre les acteurs de la construction et les entreprises dites de service. Les premiers cités affichent une santé de fer. Leur seule source de préoccupation concerne les difficultés à trouver de la main d’œuvre, phénomène tout sauf récent. En revanche, dans les services (englobant l’hôtellerie-restauration), le ressenti est tout sauf positif avec un chiffre d’affaires en chute libre, des investissements au plus bas et des projections plutôt pessimistes vis-à-vis du prochain semestre... « Sur le commerce, la situation est moins défavorable que ce qu’on pouvait imaginer. Les indicateurs sont plutôt au vert », note Thierry Lassagne, directeur général de la CCI 47. Dans l’industrie, c’est surtout la flambée du coût des matières premières qui inquiète.


« Un peu

d’espérance »

D’une manière générale, le territoire ne tremble pas sous la menace. 80% des sondés tablent sur une certaine stabilité des effectifs. « Voir que les emplois ne sont pas menacés est une très bonne nouvelle », se réjouit Thierry Lassagne. 76% affirment avoir confiance en l’avenir, un taux très proche des années précédentes et même identique à 2019. « On y voit un peu d’espérance avec une sortie de crise espérée pour bientôt. » Il ne faut cependant pas occulter la part non négligeable de patrons dans l’incapacité de se prononcer sur de nombreuses questions, preuve que l’incertitude est toujours pesante...

« On constate que la pandémie a impacté tous les secteurs sans exception de manière plus ou moins violente. 2020 fut une année trouble et ses conséquences sont toujours présentes. Mais je veux ici saluer la capacité de résilience de nos ressortissants. Certains ont même fait preuve d’une remarquable solidarité comme l’illustre le succès de Sharing, notre bourse d’entraide. Les entrepreneurs ont aussi su se remettre en question avec la mise en place de nouveaux modes de vente comme le click & collect. Il y a encore beaucoup de défis à relever, comme franchir le pas du numérique et accélérer les démarches de RSE (ndlr, responsabilité sociétale des entreprises). De nouvelles opportunités vont aussi faire leur apparition avec le déploiement de la fibre optique ou encore le projet Grand Carénage à la centrale nucléaire de Golfech », résume le président de la CCI Alain Brugalières.



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