La Maison forte lance sa « petite fabrique »

Le tiers-lieu très créatif de Monbalen lance une nouvelle saison de festivités autour du thème de la « low tech » de manière à proposer des solutions concrètes pour un monde meilleur.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

La Maison Forte expérimente des solutions d’avenir comme ici avec la conception d’un bâtiment bio climatique avec le calcul de l’ensoleillement, l’inclinaison des murs, masse...


"Faire mieux avec moins de ressources. » Tel est le principe du mode de pensée « low ». Cela veut dire moins acheter, moins gaspiller, réemployer, transformer... Comment mettre tout ça en pratique au quotidien ? C’est l’une des (nombreuses) questions qu’a creusées la Maison forte au cours de l’année écoulée. Ce tiers-lieu à nul autre pareil niché dans la campagne de Monbalen a accueilli des personnalités (chercheurs, artistes...) aux horizons très divers. Ensemble, elles ont « cherché, rencontré, fêté, expérimenté, raté, raté mieux encore » et veulent maintenant partager leurs solutions. Cela se matérialise avec le lancement de « la petite fabrique » qui n’a de petite que le nom tant les ambitions sont grandes et les thématiques variées. Construction, bricolage, jardinage, textile, alimentation... Sur tous ces sujets, il existe des alternatives. « On veut amener les gens à penser différemment et à accepter de vivre "petitement". Avant d’acheter sans réfléchir, il faut se demander si on ne peut pas produire », explique Bruno Caillet, le co-fondateur de la Maison forte soucieux de l’état du monde.

Si les nouveaux enjeux sociaux et environnementaux n’échappent à personne, le trajet vers une consommation « plus responsable » continue de générer des inquiétudes. « Il n’est pas question de se mettre à vivre comme des Amish », coupe Bruno. Au contraire, l’idée est d’aborder ces « transitions » avec le sourire, dans un état d’esprit festif. Toujours avec le même ton décalé qui a fait son succès depuis sa création en mars 2019, la Maison forte propose de nombreuses animations jusqu’à la fin de l’été.


Sacré programme

La cheffe-traiteur Claire Brachet dispensera des ateliers, des stages et des expériences pour redécouvrir le végétal du jardin et le mettre dans son assiette. Alain Ours et Sébastien Oneda, respectivement agriculteur et jardinier-paysagiste, initieront les curieux à l‘art du potager et de la permaculture. Dans un genre moins salissant, la créatrice Juliette Cazabat nous apprendra comment faire du neuf avec du vieux et réaliser ses propres vêtements « haute couture ». Cette saison 2021 verra aussi la construction d’une serre bioclimatique avec le charpentier Nicolas Roth et bien d’autres joyeusetés. « Face à la dystopie en cours, plus que jamais, nous revendiquons l’utopie concrète, avance Bruno Caillet. L’enjeu de la petite fabrique est de nous remettre en capacité d’agir, d’apprendre, de transmettre pour rappeler qu’il n’y a aucune fatalité au monde qui vient. »

Plus particulièrement sur le thème de l’alimentation, une initiative unique va par ailleurs voir le jour, avec un accompagnement de la Région. Un système mutualiste pour garantir la qualité aux consommateurs et de justes revenus aux producteurs. Il va s’articuler autour de plusieurs axes : un soutien pour les jeunes agriculteurs, la création d’un jardin partagé vecteur de lien social, une réflexion sur notre régime alimentaire en adoptant les principes low-food et la mise en place d’une coopérative d’achat de produits frais, secs et demi-secs. « Nous avons déjà une quinzaine de paysans partenaires et le nombre de mutualistes ne cesse de grimper», se réjouit Bruno.

Renseignements //

la-maison-forte.com


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