La gauche plurielle s’unit dans l’opposition à la CAGV

Sous l’impulsion du maire pujolais Yvon Ventadoux, un Rassemblement écologique, social et citoyen a vu le jour. L’opposition à la majorité au sein de la CAGV se structure.

De notre journlaiste : Dimitri Laleuf

Autour du maire pujolais Yvon Ventadoux, une partie des élus de gauche à la CAGV se sont rassemblés pour porter une opposition « constructive » à la majorité de Guillaume Lepers.


"On ne fait pas campagne pour l’Agglo, seulement pour sa commune. » Hormis les candidats des villes-centres, peu d’aspirants s’aventurent sur les thématiques communautaires lors des campagnes municipales. Pourtant, les intercommunalités ont aujourd’hui des compétences très étendues (économie, déchets, voirie, transports…) et sont vouées à en prendre toujours plus. Pourquoi ? D’abord parce que le suspense est rarement au rendez-vous et puis parce qu’il s’agit d’un suffrage indirect. Dans l’immense majorité des cas (mais pas en Fumélois par exemple), le maire de la plus grande ville devient président d’Agglo et emmène avec lui une bonne partie de sa liste. Les autres édiles, rarement encartés, ne vont pas s’opposer d’emblée. La seule mise en concurrence se produit ainsi lors du conseil d’installation avec cinq petites minutes à l’oral pour présenter son programme. Un peu court. A la CAGV, l’été dernier, seul Yvon Ventadoux s’est porté candidat contre Guillaume Lepers. A bulletins secrets, il est parvenu à remporter 21 voix sur 62. De quoi faire exister une opposition, à condition que tout le monde s’entende.

C’est tout le sens du Rassemblement écologique social et citoyen. Un petit groupe de gauche plurielle composé d’une grosse dizaine de membres officiels (voir ci-après) et de quelques autres plus officieux. « On se rassemble autour de valeurs et on s’inscrit dans une démarche très constructive. On saura faire preuve d’exigence et assumer des désaccords avec la majorité s’il y en a », explique Yvon Ventadoux, précisant toutefois qu’il ne se pose pas en leader.


Premières critiques du bilan Lepers

Pour le moment, le Rassemblement estime « difficile » de porter un jugement sur l’action de Guillaume Lepers en un petit semestre de mandat. Ce qui n’empêche pas de distiller quelques petites piques. Concernant les projets en train de sortir de terre : « Il récolte ce que ses prédécesseurs avaient déjà semé : le crématorium, la redevance incitative, le campus connecté, le bioGNV… », avance le maire de Pujols, membre très actif de l’ancienne équipe Cassany. Mais ce n’est pas le seul reproche. Le fameux pacte de gouvernance promis par le nouveau président est également critiqué. « On le voudrait plus démocratique. Si la retransmission vidéo des conseils va dans le bon sens, il faudrait que nos concitoyens puissent savoir qui a voté quoi. On a aussi proposé la création d’un conseil économique social et environnemental communautaire pour mobiliser les forces vives et associatives afin de définir ensemble les projets de territoires. Refusé… On s’oppose en outre au transfert à l’exécutif, c’est-à-dire au bureau de certains points jugés techniques. Le problème ici est l’arbitrage entre ce est qui purement technique et ce qui nécessite un vote. On observe par ailleurs une fermeture de M. Lepers sur les vice-présidences avec peu de gens hors de sa sensibilité et peu de femmes. C’est une régression et un rendez-vous manqué. » L’inquiétude sur une possible fin de la gratuité des transports, la vigilance sur la démographie médicale et le désaccord sur la RN21, notamment le fait de ne pas prioriser le contournement d’Artigues par rapport à Camélat, ont aussi été évoqués.


Adversaires à la Ville,

partenaires à l’Agglo

L’un des éléments marquants de la constitution de ce rassemblement est sans aucun doute la présence en son sein de personnalités encore adversaires il y a peu. On peut penser ici à la cohabitation entre Thomas Bouyssonnie et Frédéric Ladrech (colistier de Patrick Cassany aux municipales) après les joutes verbales de la dernière campagne. Le premier ne s’est d’ailleurs pas privé d’apporter des précisions : « Le but du rassemblement n’est pas de défendre le bilan de l’équipe sortante mais de se pencher sur l’avenir. On ne forme pas un parti ou une entente durable. Mais comme on est peu nombreux à l’Agglo, on évite de se morceler en petits groupes. » Frédéric Ladrech renchérit : « Nous avons des sensibilités proches dans certains domaines, elles sont plus nuancées dans d’autres. Mais l’important, c’est de défendre les valeurs de toute la gauche. » Comme le rappelle Yvon Ventadoux judicieusement : le rassemblement est un combat…


Les membres du Rassemblement écologique, social et citoyen

Onze élus font à ce jour officiellement partie du rassemblement. Il s’agit de : Bernard Ajon (Saint-Antoine), Thomas Bouyssonnie (Villeneuve), Agnès Chabrot-Dupuy (Villeneuve), Cédric Da Silva (Pujols), Lionel Feuillas (Villeneuve), Jean-Pierre Huerga (Saint-Antoine), Frédéric Ladrech (Villeneuve), Christiane Lafaye-Lambert (Pujols), Didier Lalanne (Casseneuil), Jean-Paul Péreuil (Sainte-Livrade), Yvon Ventadoux (Pujols).

96 vues0 commentaire