La future RN21 va empiéter sur Z’Animoland

Le parc animalier de Monbalen a été informé que le futur tracé de la RN21 passerait sur ses terres. Les gérants et leurs animaux seront expropriés d’une parcelle de 8000 mètres carrés, sans solution.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

La gérante de Z’Animoland Isabelle Maurette a tout fait avec son mari Jérôme pour améliorer le bien-être des animaux du parc. La réduction de celui-ci peut devenir un énorme problème.


Dans sa tournée quotidienne pour nourrir ses animaux, Isabelle Maurette s’arrête devant l’enclos des mouflons et se demande où elle va bien pouvoir les abriter. Le 4 juin dernier, elle et son mari Jérôme ont reçu un courrier de ceux que l’on n’aime pas vraiment recevoir. A la lecture, les gérants de Z’Animoland apprennent qu’ils vont être prochainement expropriés d’une parcelle de 8000 mètres carrés. « Cela représente 15% de notre parc, c’est énorme », déplorent-ils. La raison ? Le passage du futur tracé de la RN21. Vieux serpent de mer, le dédoublement de la seule route nationale du Lot-et-Garonne sur certains tronçons entre Villeneuve et Agen est attendu de tous. « Y compris de nous », admettent les époux Maurette. Avec le plan de relance et la signature d’un nouveau contrat de plan Etat-Région, ce dossier, qui traîne depuis des années, connaît soudain une brusque accélération. Avec de lourdes conséquences pour ces entrepreneurs.


Beaucoup de

travaux engagés

Devant les nombreux atermoiements institutionnels, eux n’ont pas attendu pour aménager le site. « On a fait beaucoup de travaux pour agrandir et améliorer chaque parc, le bien-être de nos animaux étant notre priorité la plus absolue. Comme rien ne bougeait du côté de la RN21, on n’allait pas rester les bras croisés », explique Jérôme.

Les visites d’experts, notamment de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), se sont multipliées. « Mais à chaque fois, ils nous donnaient peu d’éléments, ils minimisaient l’impact que ça aurait sur nous. En fouillant un peu, on est même tombés sur un tracé qui ne passait pas par chez nous... »

A la réception du dernier courrier, c’était donc la douche froide. « On reçoit un document d’expropriation mais sans plan explicatif nous donnant les détails. On ne peut donc absolument rien prévoir. Il faut comprendre que ce n’est pas une simple forêt inexploitée. C’est notre fonds de commerce, dans lequel sont aujourd’hui impliqués nos enfants », souligne Jérôme. Si encore Z’Animoland disposait d’une réserve foncière, l’affaire pourrait être entendue. Mais ce n’est pas le cas et les gérants n’ont aucune idée de comment ils vont pouvoir déplacer les bêtes concernées. Un sentiment d’urgence commence à poindre.


Trouver une

solution pour éviter le bras de fer

L’enquête publique qui va s’étendre du 21 juin jusqu’au 6 juillet sera l’occasion de rencontrer le commissaire-enquêteur et lui faire prendre connaissance de la situation.

« A un moment donné, il va falloir que quelqu’un trouve une solution pour nous aider. On n’est peut-être pas assez "gros" pour peser dans les décisions mais certains ont accompagné nos développement. On pense à l’Agglo du Grand Villeneuvois qui risque d’être embêtée de voir ce qu’on nous impose aujourd’hui », avance le couple.

Au-delà de la nécessité d’améliorer cette infrastructure essentielle, Isabelle et Jérôme regrettent le manque de concertation avant d’être mis devant le fait accompli, comme d’autres propriétaires d’ailleurs le long de cet axe. S’ils ne souhaitent pas à ce jour rentrer dans un bras de fer avec l’administration, ils n’excluent cependant pas cette possibilité, encore une fois au nom de leurs animaux.

Pour rappel, Z’Animoland est le quatrième site touristique le plus visité du département, derrière Walygator (ex-Walibi) et les châteaux de Bonaguil et Duras.


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