La France et le Lot-et-Garonne n’échappent pas au reconfinement

Si la préfète Béatrice Lagarde a réuni la presse en début de semaine pour alerter sur la probabilité de voir le département passer en état d’urgence sanitaire avec mesure couvre-feu, c’est finalement un reconfinement national qu’a annoncé le président Emmanuel Macron hier soir... Avec quelques ajustements. Voici ce qui va changer jusqu’au 1er décembre à minima.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le Président Emmanuel Macron a pris la parole ce mercredi soir pour confirmer ce qui était redouté depuis un peu plus de 24h : la mise en place d’un reconfinement généralisé.


Tout a commencé avec un mail adressé aux rédactions locales ce lundi 26 octobre. Sur les coups de 12h30, la préfète Béatrice Lagarde conviait les journalistes à un point presse sur la situation épidémiologique dans le département. D’ordinaire, ce type de rendez-vous est programmé en fin de semaine, le jeudi ou le vendredi. Ce soudain empressement était donc forcément le signe d’une annonce importante, et certainement pas d’une bonne nouvelle. A 15h30, le couperet est tombé, avec la confidence d’un très « probable » couvre-feu en fin de semaine.


Le virus circule en France a une vitesse que même les prévisions les plus pessimistes n’avaient pas anticipée. A la différence de la première vague, l’ensemble des régions se trouve aujourd’hui au seuil d’alerte. Emmanuel Macron

La réunion, qui n’avait rien d’officieuse, n’avait pas non plus vocation à faire des annonces officielles. Avant toute chose, la préfète a précisé qu’il revenait au gouvernement et à lui seul d’officialiser une mesure de cet ordre. Béatrice Lagarde a ainsi précisé à de multiples reprises qu’elle ne faisait que suggérer une éventualité. Elle n’avait « pas la certitude que nous allons basculer », même si encore une fois et de son propre aveu, « les probabilités [étaient] malheureusement très grandes ». Devant ce faisceau de présomptions, la représentante de l’Etat a choisi de ne pas attendre : « Dans le cadre de l’attitude que j’ai toujours adopté jusqu’à présent, je souhaite prévenir en amont et que les choses ne tombent pas en 24 heures avec un arrêté qui puisse modifier considérablement les données économiques et sociales dans une brutalité totale. » Afin d’éviter aux forces vives du territoire d’attendre dans un flot de rumeurs et donc leur permettre de se préparer en conséquence, Béatrice Lagarde a souhaité prendre les devants et préciser un peu les contours des restrictions qui se dessinent localement.

Mais les rumeurs ont quand même surgi. Elles faisaient état d’une prise de parole du Président de la République. Et là encore, quand Emmanuel Macron s’exprime de manière imprévue, ce n’est pas généralement pas bon signe. Les médias ont rapidement parlé d’un reconfinement généralisé sur tout le territoire. Si le couvre-feu constituait déjà un sacré coup de massue pour des Lot-et-Garonnais, certes touchés par le coronavirus mais relativement épargnés par rapport à d’autres secteurs, le pas franchi ce mercredi soir est encore bien plus lourd de conséquences.

Le président a d’ailleurs souligné la nécessité d’un « coup de frein brutal ». L’ambition initiale de Béatrice Lagarde n’aura donc pas été complètement satisfaite…

La préfète Béatrice Lagarde avait réuni la presse lundi dernier pour évoquer un probable couvre-feu. Les mesures prises auront finalement été encore bien plus strictes.


Les restrictions liées au reconfinement //

Le confinement annoncé par le Président de la République entre en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi et se prolongera au moins jusqu’au 1er décembre avec des points de situation tous les 15 jours qui permettront certains allègements, pour les commerces notamment.


Retour des attestations de déplacement

Pour justifier un déplacement, il faudra à nouveau se munir d’une attestation disponible sur le site du ministère de l’intérieur ou sur l’application Tous Anti-Covid. Les motifs autorisés sont d’ordre professionnel, familial impérieux, raisons de santé urgentes, accompagnement des enfants, etc.


Interdiction des rassemblements dans la sphère privée

Les réunions privées et les rassemblements publics seront interdits pendant la durée du confinement.


Interdiction de sortir de la Région

Les déplacements d’une région à une autre seront interdits. Ainsi, les Lot-et-Garonnais ne pourront pas se rendre en Occitanie, sauf dérogations spécifiques.


Fermeture complète des commerces non essentiels et établissements recevant du public

Bars, restaurants, salles de sport et équipements sportifs ainsi que les commerces jugés non essentiels (vêtements, jouets, culture, culture, fleurs) mais aussi les salons de beauté ou de coiffure seront fermés.


L’enseignement supérieur en distanciel

Contrairement aux crèches, écoles, collèges et lycées encore ouverts avec un protocole sanitaire logiquement renforcé, les universités et établissements d’enseignement supérieur devront assurer les cours en ligne sans accueillir les étudiants sur site.


Ce que risquent les contrevenants

Le non-respect du couvre-feu pouvait entraîner une amende de 135 euros.

En cas de récidive, l’addition montait à 1500 euros. Enfin, à partir de trois violations,

le contrevenant risquait jusqu’à six mois d’emprisonnement et 3750 euros d’amende. Il devrait en être de même pour le non-respect du confinement.


La situation épidémiologique

"Les choses sont graves et la situation évolue d’une façon phénoménale depuis les derniers chiffres communiqués en fin de semaine dernière. » La préfète ne mâche pas ses mots pour évoquer l’ampleur du phénomène. Le directeur départemental de l’ARS, Joris Jonon, apporte un peu plus détails : « Sur le volet sanitaire au niveau régional, la cinétique observable est une évolution exponentielle des indicateurs épidémiologiques. Cette tendance dégradée, on la constate aussi à l’échelon départemental. »

Voici les chiffres-clés en Lot-et-Garonne sur la dernière période de référence relevée :

Taux d’incidence : 167,4 pour 100 000 habitants (tous âges confondus)
Taux de positivité : 13,8% (tous âges confondus)

33 personnes hospitalisées dont 5 en réanimation

16 lits de soins critiques encore disponibles

3993 tests réalisés dont 553 positifs


« Tous ces chiffres traduisent une certaine réalité de circulation épidémique », note Joris Jonon. Les données ciblées sur les personnes de 65 ans et plus s’avèrent elles aussi très inquiétantes. Les seuils critiques (150 pour le taux d’incidence et 10% pour le taux de positivité) ont été franchis en très peu de temps, et ce dans de nombreux départements. Ce qui explique aujourd’hui les mesures prises. Au niveau national, le président de la République a annoncé dans son allocution la détection de 36 437 nouveaux cas de Covid-19 dans les dernières 24h. Mais surtout, 58% des lits en réanimations sont désormais occupés.


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